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ATTUALITÀ POLITICA | 10 gennaio 2026, 14:51

Il y a 80 ans naissait le Conseil de la Vallée, aux origines de l’Autonomie valdôtaine

À l’occasion du 80e anniversaire de la première séance du Conseil de la Vallée nommé par le CLN, les institutions valdôtaines ont rappelé les origines historiques de l’Autonomie et le rôle central du Conseil comme cœur de la démocratie régionale. La cérémonie, marquée par la présence des représentants du Jura et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, a souligné la dimension francophone et transfrontalière de la Vallée d’Aoste

ph. Paolo Rey

ph. Paolo Rey

Les interventions ont mis en lumière la continuité entre l’héritage de 1946 et les défis actuels : confiance entre institutions, responsabilité politique, participation des citoyens, défense du particularisme valdôtain et actualisation de l’Autonomie dans un monde en changement. Dans un esprit de reconnaissance envers les 25 premiers Conseillers, les orateurs ont insisté sur l’importance de préserver les valeurs fondatrices – liberté, pluralisme, solidarité – et de moderniser les réponses aux besoins de la communauté tout en restant fidèles à l’identité valdôtaine.

«Sans cette journée, sans cet acte inaugural, notre présent institutionnel n’existerait tout simplement pas.» C'est par ces mots que le Président du Conseil de la Vallée, Stefano Aggravi, a ouvert la cérémonie pour le 80e anniversaire de la première séance du Conseil nommé par le Comité de libération nationale (CLN), qui s'est tenue ce matin, samedi 10 janvier 2026, dans la Salle d'audience de la Cour des comptes, sur la place de l'Académie Saint Anselme, à Aoste.

Autrefois salle de la Chambre du commerce, c'est dans ce lieu chargé d'histoire que, le 10 janvier 1946, le Conseil de la Vallée nommé par décret du Président du Conseil des ministres sur indication du CLN se réunissait pour la première fois. Institué par le décret du Lieutenant du Royaume du 7 septembre 1945, ce Conseil - qui a exercé ses fonctions jusqu’en 1949, année des premières élections de l’Assemblée législative valdôtaine - était composé par 25 Conseillers: : Flaviano Arbaney, Beniamino Armand, Lino Binel, Giuseppe Ferdinando Bionaz, Severino Caveri, Giovanni Chabloz, Federico Chabod, Aureliano Chanu, Enrico Cuaz, Francesco David, Ugo De La Pierre, Giuseppe Alessandro Ferrein, Luigi Fresia, Claudio Manganoni, Giulio Nicco, Renato Nouchy, Ernesto Page, Enrico Pareyson, Alessandro Passerin D'Entrèves, Alfonso Giuseppe Thiébat, Carlo Torrione, Candido Vacher, Luigi Vesan, Maria Ida Viglino, Alessandro Villettaz.

Les thèmes à l'ordre du jour de cette première réunion portaient sur le rétablissement des noms de localités modifiés par le régime fasciste, la reconstitution des Communes existant en Vallée d’Aoste avant 1922, la transparence de l’action publique, la reconstruction économique et sociale, la gestion des ressources, l’enseignement du français, la justice, la solidarité envers les plus fragiles. 

«Le fil rouge qui traversait le débats du Conseil de la Vallée nommé par le CLN était la confiance entre les institutions naissantes de la Vallée, envers l’État italien et dans les règles démocratiques - a évoqué le Président Aggravi -. Cette confiance appelle aujourd'hui la responsabilité de chacun d’entre nous, Conseillers régionaux, et du Conseil de la Vallée comme institution législative, parfois perçue - à tort - comme secondaire par rapport à l’Exécutif. Le Conseil n’est pas un lieu accessoire: il est le cœur de la démocratie régionale. Dans le respect des rôles, des identités politiques et du jeu démocratique, c’est ici que se construit l’intérêt général.»

Invités d’honneur de la cérémonie, organisée par le Conseil de la Vallée, ont été le Vice-président du Parlement de la République et Canton du Jura, Patrick Chapuis, et le Président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Benoît Dispa. Leur présence a rappelé la dimension transfrontalière et francophone de l’Autonomie valdôtaine. 

«Les relations entre la Vallée d’Aoste et le Canton du Jura confinent à l’histoire d’amour - a dit le Vice-président Chapuis -. Nées dans le combat identitaire et nourries par une fidélité commune aux valeurs de liberté, de solidarité et de dignité humaine, elles ont su, au fil des décennies, se traduire en coopérations concrètes et en engagements partagés. Entre peuples montagnards, nous nous reconnaissons sans avoir besoin de nous chercher, unis par la conviction que la grandeur naît de la fraternité et que l’avenir se construit ensemble.» 

Le Président Dispa lui a fait écho: «Nos assemblées sont liées par une même conception de la démocratie: une démocratie de proximité, attentive aux réalités culturelles, linguistiques et sociales de ses citoyens. Un autre lien essentiel nous unit: notre engagement commun au sein de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, au sein de laquelle nous affirmons ensemble que la Francophonie n’est pas seulement un espace linguistique, mais un espace de valeurs. Dans un monde traversé par les tensions, les replis et les incertitudes, cette coopération francophone est plus que jamais nécessaire.» 

Lors de la rencontre, les Chefs de groupe de l’Assemblée valdôtaine ont pris la parole.

En rappelant le travail des 25 premiers Conseillers ainsi que de tous les Présidents et Conseillers au cours de ces 80 années de Conseil de la Vallée, le Chef du groupe Autonomisti di Centro, Marco Carrel, a affirmée: «Nous ne devons pas nous limiter à réfléchir sur l'histoire de la Vallée d'Aoste, mais devons avoir la capacité - et j'espère que nous l'aurons dans cette législature - de nous tourner vers l'Autonomie de demain, en pensant avant tout aux habitants de la Vallée d'Aoste.»

La Cheffe du groupe Alleanza Verdi e Sinistra, Chiara Minelli, en rappelant la forte opposition du vote du 10 janvier 1946, a parlé de confrontation nette entre deux visions de l'avenir de la Vallée d'Aoste: «La vision de Chabod d'une Vallée d'Aoste autonome au sein d'un Etat italien démocratique l'emporta sur celle de Caveri - oscillant entre séparatisme e idée fédéraliste -: aujourd'hui nous pouvons tous reconnaître que ce fut une vision féconde.»

Pour la Vice-cheffe du groupe PD-Federalisti Progressisti VdA, Clotilde Forcellati, ces premiers Conseillers «ont su dépasser leurs divergences idéologiques pour poser la premier pierre de notre maison commune: sans ce socle de pluralisme et de courage, notre autonomie ne serait qu'une structure vide, alors qu'elle est un contrat social fondé sur la liberté.»

Le Chef du groupe de la Lega Vallée d'Aoste, Andrea Manfrin, a souligné: «Nonostante fosse evidente la natura "di transizione" del Consiglio, esso esercitò funzioni legislative concrete, dalla gestione dell’economia post-bellica alla promozione dell’autonomia, ponendo le basi, in soli tre anni, per lo Statuto speciale del 1948.» 

Per il Capogruppo di Forza Italia, Pierluigi Marquis, «la politica valdostana ha il dovere morale e istituzionale di affrontare le sfide europee e globali, pensando ad una Valle d’Aosta perla delle Alpi, attrattiva e competitiva, capace di trattenere i giovani e garantire a imprese e comunità condizioni per prosperare.»

Il Capogruppo di Fratelli d'Italia, Alberto Zucchi, parlando di memoria storica che deve «tradursi in serietà istituzionale, confronto leale e assunzione di responsabilità», ha osservato che «l'Autonomia speciale va letta non come una separazione, ma come un potenziamento delle istituzioni territoriali pienamente inserite nell'Unità della Repubblica.»

Pour le Chef du groupe Centre Autonomiste, Marco Viérin, la mémoire de cet anniversaire impose une réflexion: «È fondamentale recuperare la fiducia dei cittadini, oggi sempre più lontani dalla politica. Solo con un coinvolgimento ampio e condiviso si potrà contrastare questo fenomeno e rilanciare la centralità, la credibilità e l'autorevolezza dell'Assemblea regionale.»

Le Chef du groupe Union Valdôtaine, Aurelio Marguerettaz, a dit: «Non dimentichiamo la nostra storia e le nostre radici, né il valore dei decreti luogotenenziali e dello Statuto speciale: non l’affermazione di privilegi, ma un necessario riconoscimento a tutela del particolarismo valdostano.»

La cérémonie s’est conclue par l’intervention du Président de la Région, Renzo Testolin, qui a souligné que, dans un monde profondément changé, «nous devons aborder notre identité et notre Autonomie avec prudence et conscience, en faisant preuve de la même responsabilité et en suivant les mêmes principes que les 25 Conseillers qui faisaient partie du premier Conseil de la Vallée nommé par le CLN il y a 80 ans. Dans un moment difficile comme celui-là, plusieurs solutions pouvaient être envisagées, mais une a été choisie: celle qui tenait compte des spécificités et de l’Autonomie. Aujourd’hui, il ne s’agit pas de réinventer quelque chose, mais de l’actualiser, en gardant bien claire notre identité et en modernisant les réponses aux besoins de notre communauté, tout en restant fidèles au sillon que l’histoire nous a tracé.»

À la fin de la cérémonie, le Président Dispa et le Vice-président Chapuis ont rencontré au Palais régional les membres du Bureau de la Présidence du Conseil de la Vallée ainsi que les Conseillers membres du Comité de coopération interparlementaire entre Vallée d'Aoste, Wallonie-Bruxelles et Jura et de la section valdôtaine de l'Assemblée parlementaire de la francophonie. 

La journée se poursuit par des visites, réalisées en collaboration avec FAI Giovani Aosta, des espaces de l’Assemblée législative situés au premier étage du Palais régional, place Deffeyes, exceptionnellement ouverts au public.

red

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