Lundi, à la préfecture de Région, où se tenait le 30ième e sommet franco-italien, le président du Conseil des ministres italien Mario Monti a insisté sur le devoir d’explication et de conviction que devait être celui des États dans le dossier de la liaison ferroviaire à grande vitesse entre Lyon et Turin.
Les réactions aux décisions prises lors de ce sommet (DL du mardi 4 décembre) sont nombreuses, mais personne ne semble évoluer : les “pour” sont très satisfaits, les “anti” maintiennent leur opposition. Encore les “pro” ne sont-ils pas tous enthousiastes.
Le président du Syndicat du pays de Maurienne, Christian Rochette, se déclare ainsi perplexe : « Seule la poursuite de la galerie [entre Saint-Martin-la-Porte et La Praz, NDLR] semble être définitivement validée. Pour le reste, c’est l’incertitude totale. L’esquisse de calendrier enterre la réalisation concomitante du tunnel de base et des tunnels d’accès français. Autant dire qu’ils ne se feront pas ». Il exige aussi « qu’un plafonnement du transit poids lourds soit réellement mis en place » au Fréjus.
La CGT Rhône-Alpes « rappelle qu’elle est à l’origine de la réflexion qui est menée depuis maintenant des décennies, et se félicite que d’autres organisations syndicales rhônalpines et piémontaises portent ensemble, depuis maintenant des années, la même exigence ». - Hervé Gaymard et Jean-Pierre Vial, président et vice-président du conseil général, soulignent « qu’au-delà des enjeux européens, économiques et environnementaux, tous bien pris en compte, la question de la sécurisation des franchissements alpins reste un enjeu fondamental, justifiant à lui seul l’engagement rapide de la future liaison ». - Bernadette Laclais, député-maire de Chambéry, estime que « ce grand projet inscrit notre pays et toute notre région dans une dynamique positive qui va dans le sens d’un progrès durable, avec le report des trafics marchandises sur les trains, la limitation des rejets de CO2 et une ouverture européenne renforcée ». - Pour Louis Besson, président de la commission intergouvernementale, « il revient aux acteurs publics et professionnels savoyards et rhônalpins, sans démagogie ni stérile polémique, mais dans le dialogue, de s’attacher à une optimisation des conditions de réalisation des accès à cet ouvrage et de faire de ce 3 décembre une date porteuse d’espoir pour les générations futures ».
Bruno Gollnisch, président du groupe FN au conseil régional, estime qu’« il n’existe pas de marché pour une telle liaison » et que, « loin de créer des emplois, le projet en détruira des milliers, en raison du déficit énorme que la collectivité devra supporter». - Pour la Cipra, Commission internationale pour la protection des Alpes, « la priorité doit être la poursuite de la modernisation de l’offre ferroviaire pour le fret et pour les voyageurs, en réorientant les crédits sur les infrastructures existantes, plus que dans la réalisation du tunnel de base transfrontalier ». - La Coordination des opposants revient sur le déroulement du sommet et pense que les contrôles d’identité des manifestants « constituent des violations de la Convention européenne des droits de l’homme, qui garantit la libre circulation des personnes ». - La Confédération paysanne évoque un « gaspillage du foncier et des biens publics » et « fait le choix d’opter pour des solutions plus économiques et plus écologiques, notamment via l’amélioration du fonctionnement et de la qualité des infrastructures existantes, ou encore par une construction plus verticale pour limiter l’étalement urbain, commercial et industriel ».












