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CULTURA | 01 giugno 2026, 08:00

Mots et prix

Mots e premi

La Valle d'Aosta ama i libri. Lo dimostrano le biblioteche diffuse sul territorio, le iniziative culturali, i festival e persino il recente Premio Letterario Valle d'Aosta, nato nel 2024 con l'obiettivo di promuovere opere di narrativa di qualità e valorizzare la nostra regione come luogo di ispirazione artistica e culturale.

Un'iniziativa certamente meritoria. Ma una domanda sorge spontanea: perché abbiamo sostituito un salone del libro con un premio letterario?

Sono due cose profondamente diverse. Eppure sembra che qualcuno, nei luoghi dove si prendono le decisioni, abbia finito per confonderle.

Un premio letterario seleziona, valuta e riconosce un'opera. Premia un autore. Produce prestigio, visibilità e attenzione mediatica. È importante, ma il suo pubblico resta inevitabilmente limitato.

Un salone del libro, invece, è un'altra cosa. È una festa della lettura. È un luogo di incontro tra autori, editori, librai e lettori. È un'occasione per scoprire novità editoriali, acquistare libri, ascoltare dibattiti, partecipare a laboratori, incontrare chi scrive e chi pubblica. È cultura che esce dalle sale istituzionali e si riversa nelle piazze.

Per anni Aosta ha avuto esperienze che andavano in questa direzione. Molti ricordano Babel, il Festival della Parola, ideato e diretto principalmente dal critico letterario e scrittore Arnaldo Colasanti. Una manifestazione che aveva saputo portare in città autori, intellettuali e personalità della cultura nazionale, trasformando per alcuni giorni il capoluogo valdostano in un laboratorio di idee e di confronto, che ha aveva ampio spazio nei media italialiani e non solo

Poi sono arrivati Les Mots e altre iniziative che hanno continuato a mantenere vivo il rapporto tra la città e il mondo dei libri. Eventi che hanno portato i librai in piazza, avvicinato il pubblico alla lettura e ospitato personalità note come Enrica Bonaccorti. Manifestazioni capaci di creare movimento, curiosità e partecipazione.

Perché allora rinunciare all'ambizione di avere nuovamente un vero salone del libro valdostano?

La questione non è mettere in discussione il Premio Letterario Valle d'Aosta. Al contrario. Il premio può e deve continuare a crescere. Ma un premio non sostituisce una manifestazione libraria. Così come una biblioteca non sostituisce una libreria e una recensione non sostituisce la lettura.

La Valle d'Aosta ha bisogno di entrambe le cose.

Ha bisogno di un premio che valorizzi la qualità della produzione letteraria e di un salone che porti la letteratura tra la gente.

Ha bisogno di occasioni in cui gli editori valdostani possano esporre le proprie pubblicazioni accanto alle grandi case editrici nazionali. Ha bisogno di spazi dove gli autori locali possano incontrare i lettori. Ha bisogno di eventi che attirino visitatori, generino presenze turistiche e facciano della cultura anche un motore economico. Non è sufficiente partecipare come Regione al Salone del Libro di Torino.

Basta osservare ciò che accade nelle altre regioni. I grandi saloni e le fiere del libro non sono soltanto eventi culturali. Sono strumenti di promozione territoriale, occasioni di incontro, momenti di crescita civile e sociale.

Aosta possiede tutte le caratteristiche per ospitare una manifestazione di questo tipo. Ha strutture adeguate, un patrimonio culturale unico, una posizione strategica e una tradizione bilingue che potrebbe diventare un elemento distintivo rispetto a molte altre realtà italiane.

Forse è arrivato il momento di tornare a pensare in grande.

Non si tratta di scegliere tra "Les Mots" e il Premio Letterario Valle d'Aosta. Non si tratta di cancellare ciò che esiste. Si tratta piuttosto di recuperare una visione più ampia della politica culturale.

Perché i premi assegnano riconoscimenti. I saloni creano comunità.

E una comunità che legge, discute, si confronta e si incontra attorno ai libri rappresenta uno dei migliori investimenti che una regione autonoma possa fare sul proprio futuro.

Mots e premi

La Vallée d’Aoste aime les livres. Les bibliothèques disséminées sur le territoire, les initiatives culturelles, les festivals et même le récent Prix littéraire de la Vallée d’Aoste, né en 2024 avec l’objectif de promouvoir des œuvres de fiction de qualité et de valoriser notre région comme lieu d’inspiration artistique et culturelle, en sont la preuve.

Une initiative certainement méritoire. Mais une question s’impose : pourquoi avoir remplacé un salon du livre par un prix littéraire ?

Ce sont deux choses profondément différentes. Et pourtant, il semble que certains, dans les lieux où se prennent les décisions, aient fini par les confondre.

Un prix littéraire sélectionne, évalue et distingue une œuvre. Il récompense un auteur. Il produit du prestige, de la visibilité et de l’attention médiatique. C’est important, mais son public reste inévitablement limité.

Un salon du livre, en revanche, est tout autre chose. C’est une fête de la lecture. C’est un lieu de rencontre entre auteurs, éditeurs, libraires et lecteurs. C’est une occasion de découvrir les nouveautés éditoriales, d’acheter des livres, d’assister à des débats, de participer à des ateliers, de rencontrer ceux qui écrivent et ceux qui publient. C’est une culture qui sort des salles institutionnelles pour se répandre dans les places publiques.

Pendant des années, Aoste a connu des expériences allant dans cette direction. Beaucoup se souviennent de Babel, le Festival de la Parole, imaginé et dirigé principalement par le critique littéraire et écrivain Arnaldo Colasanti. Une manifestation qui avait su faire venir en ville des auteurs, des intellectuels et des personnalités de la culture nationale, transformant pendant quelques jours la capitale valdôtaine en un laboratoire d’idées et de débats, qui avait largement trouvé écho dans les médias italiens et au-delà.

Puis sont arrivés Les Mots et d’autres initiatives qui ont continué à maintenir vivant le lien entre la ville et le monde du livre. Des événements qui ont fait descendre les libraires sur les places, rapproché le public de la lecture et accueilli des personnalités connues comme Enrica Bonaccorti. Des manifestations capables de créer du mouvement, de la curiosité et de la participation.

Pourquoi alors renoncer à l’ambition de retrouver un véritable salon du livre valdôtain ?

La question n’est pas de remettre en cause le Prix littéraire de la Vallée d’Aoste. Au contraire. Le prix peut et doit continuer à se développer. Mais un prix ne remplace pas une manifestation dédiée au livre. De la même manière qu’une bibliothèque ne remplace pas une librairie, et qu’une critique ne remplace pas la lecture.

La Vallée d’Aoste a besoin des deux.

Elle a besoin d’un prix qui valorise la qualité de la production littéraire et d’un salon qui amène la littérature au plus près des citoyens.

Elle a besoin d’espaces où les éditeurs valdôtains puissent exposer leurs publications aux côtés des grandes maisons d’édition nationales. Elle a besoin de lieux où les auteurs locaux puissent rencontrer leurs lecteurs. Elle a besoin d’événements capables d’attirer des visiteurs, de générer des retombées touristiques et de faire de la culture aussi un moteur économique. Il ne suffit pas de participer, en tant que Région, au Salon du livre de Turin.

Il suffit d’observer ce qui se passe dans d’autres régions. Les grands salons et foires du livre ne sont pas seulement des événements culturels. Ce sont des outils de promotion territoriale, des lieux de rencontre, des moments de développement civique et social.

Aoste possède toutes les caractéristiques pour accueillir une telle manifestation. Des structures adaptées, un patrimoine culturel unique, une position stratégique et une tradition bilingue qui pourrait devenir un élément distinctif par rapport à de nombreuses autres réalités italiennes.

Peut-être est-il temps de recommencer à penser en grand.

Il ne s’agit pas de choisir entre « Les Mots » et le Prix littéraire de la Vallée d’Aoste. Il ne s’agit pas d’effacer ce qui existe. Il s’agit plutôt de retrouver une vision plus large de la politique culturelle.

Car les prix distinguent et récompensent. Les salons créent des communautés.

Et une communauté qui lit, discute, échange et se rencontre autour des livres représente l’un des meilleurs investissements qu’une région autonome puisse faire pour son avenir.

piero.minuzzo@gmail.com

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