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FEDE E RELIGIONI | 14 marzo 2026, 12:07

ÉVANGILE DE DIMANCHE: LAZARE QUI MEURT ET RETROUVE LA VIE DE NOTRE TEMPS

V Dimanche de carême, A – Année A, 2026 - Tous les dimanches et les jours de fête d’obligation Sainte Messe à 9h30 dans l’église Saint-Martin-de-Corléans à Aoste. La Messe sera célébrée en français, animée par des chants en français et en latin interprétés par le chœur dirigé par Iris Boniface Stévenin, avec l’accompagnement musical à l’orgue assuré par le Prof. Paolo Torrente, enseignant Sfom

ÉVANGILE DE DIMANCHE: LAZARE QUI MEURT ET RETROUVE LA VIE DE NOTRE TEMPS

Tout au long de ce carême, nous constatons que les paroles et les signes de Jésus sont formulés sous forme antithétique :
tentations/victoire (dimanche I),
doute/transfiguration (dimanche II),
eau du puits/eau vive (dimanche III),
cécité/lumière (dimanche IV),
mort/résurrection (dimanche V).

Qui est Lazare, qui tombe malade, qui meurt, qui dégage une odeur nauséabonde et qui retrouve la vie par Jésus ?

Notre méditation portera sur les émotions et l'action de Jésus, qui montrent qu'il est miséricorde et tendresse du Père au milieu de nous.

1. CELUI QUE TU AIMES EST MALADE

Le dernier des sept signes que Jésus accomplit dans le quatrième Évangile est la résurrection de Lazare.

Les réactions des sœurs du défunt sont les nôtres quand nous nous trouvons dans une situation d'impasse, d'impuissance devant l'agonie et la mort de ceux qui nous sont chers. Marthe et Marie envoient un messager pour dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade ». Autrement dit, les moyens thérapeutiques ont échoué, nos prières n'ont produit aucun effet.

Quelle est l'attitude de Jésus face à cette information douloureuse ? Dans un premier temps, Jésus ne se presse pas pour voir son ami dont la santé se détériore jour après jour. Un jugement précipité, prématuré, peut accuser Jésus d'indifférence. À ce moment, le Fils de Dieu prononce une parole énigmatique qui crée un malentendu dans le groupe des disciples. Il dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils soit glorifié ». En outre, il ajoute : « Lazare s'est endormi », pour dire qu'il est mort.

La divinité de Jésus est voilée et les disciples n'ont pas encore la foi pour comprendre que Jésus est la gloire du Père pour le salut de l'homme. La mort, dans la perspective divine, n'a rien de destruction définitive de la vie, mais est un sommeil. La nuit et le sommeil sont des transitions vers le jour nouveau. Redonner la vie à Lazare, c'est le réveiller du sommeil de la mort.

2. LAZARE DE NOTRE TEMPS

Les sœurs de Lazare avaient perdu toute espérance, car leur frère commençait à se décomposer après quatre jours. Marthe et Marie disent à Jésus : « Seigneur, si tu étais là, notre frère ne serait pas mort ». Leur foi est encore embryonnaire. Elle est encore liée au sentiment de sympathie et d'amitié envers l'homme appelé Jésus. Elles savent, comme l'aveugle-né, que Jésus est un prophète puissant.

Désormais, il leur faut un saut de qualité pour croire que Jésus est le Seigneur de la vie et de la mort. Jésus se dirige vers la tombe, et les sœurs de Lazare l'en empêchent, car il sent déjà. Jésus, devant la tombe, se met à pleurer et les Juifs s'étonnent : « Regardez comme il l'aimait ».

Le Fils de l'homme n'est pas seulement ami des hommes dans le bonheur ; il leur manifeste aussi sa compassion dans le malheur, car, selon les paroles de Cicéron, « verus amicus in re incerta cernitur ». Un vrai ami est celui qui porte en lui ta douleur. Les ennemis de Jésus dénigrent son geste d'affection en disant : « Lui qui a guéri l'aveugle-né, pourquoi n'a-t-il pas empêché la mort de Lazare ? »

Lazare peut symboliser, d'une part, notre possibilité de mort spirituelle. En chacun de nous, il y a un Lazare malade, qui agonise et qui meurt. Mais tout est possible pour celui qui croit.

D'autre part, Lazare qui meurt et qui ressuscite peut indiquer la situation de fragilité de l'Église du Seigneur qui, à un moment donné de son histoire, peut tomber malade jusqu'à mourir et, d'une manière surprenante, retrouver la vie par la force de l'Esprit du Seigneur.

Une communauté chrétienne peut devenir un cadavre décomposé spirituellement, où les survivants, errant ici et là, vivent dans une détresse sans nombre, comme dans le cas de Marthe et Marie. Ces deux sœurs représenteraient le petit reste qui se contente de pratiquer une religion de routine dans des basiliques et cathédrales devenues « des monuments commémoratifs d'un passé révolu », selon les paroles du cardinal Henry Newman.

Mais tout est possible à Dieu. Jésus dit à Marthe : « Qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ». Jésus accomplit la prophétie d'Ézéchiel, où le Seigneur Dieu décide d'ouvrir les tombeaux où est enseveli son peuple pour lui redonner vie et repos sur la terre de la liberté.

Cette parole nous remplit d'espérance en ce temps de l'histoire où certaines églises deviennent de plus en plus des musées à cause de la mort spirituelle des fidèles de certains pays dits « émancipés ».

3. PÈRE, JE TE RENDS GRÂCE

Ce dernier signe annonce et anticipe la mort et la résurrection du Christ. Devant le tombeau de Lazare, son visage change. À cet instant, il se prépare à affronter sa passion, sa descente aux enfers, comme Lazare.

Son action d'appeler Lazare à sortir de son tombeau annonce la victoire sur sa mort imminente. Jésus, ami de l'homme, est Dieu présent dans l'entière existence humaine, y compris la tragédie de la condition mortelle.

Selon l'expression de Romano Guardini, Jésus est le « Concret Vivant », qui transforme notre « deuil en allégresse » (Jr 31,13). Il dénoue notre sac de deuil et nous ceint d'allégresse (Ps 29,12).

Ce signe de la résurrection de Lazare est significatif pour notre vie : au cœur de notre tristesse, avec Jésus, la joie apparaît ; au centre de la déception, avec lui, l'espérance renaît ; dans la descente aux enfers, si nous mourons avec lui, avec lui nous vivrons.

Le Dieu de Jésus Christ est « l'Impossible-possibilité », selon l'expression de Jean-Luc Marion.

Dans ce signe grandiose, Jésus prie. Il ne s'attribue pas cette puissance. En toute chose, Jésus remercie le Père qui l'a envoyé. Après avoir fait enlever la pierre, Jésus lève les yeux et prie : « Père, je te rends grâce de m'avoir écouté ».

Cette prière exprime l'humilité du Christ. Il n'agit pas pour se faire de la publicité, mais pour que la foule accède à la foi pour son salut.

La résurrection de Lazare est un signe que la gloire de l'homme, c'est l'homme vivant. Le Verbe fait chair pleure notre mal comme une mère. Il est avec nous dans la vie et dans la mort, dans la joie et dans la souffrance.

Ce dernier signe est un véritable prodige : la vie qui était, qui cessa d'être, voilà qu'elle revient à travers la voix puissante et performative de Jésus, qui réalise les paroles du Psaume 28 : « Voix du Seigneur fracasse les cèdres, taille des éclairs de feu, secoue le désert, dépouille les futaies ».

4. PRIÈRE DE CONFIANCE

« Seigneur, celui que tu aimes est malade ». Ma vie entière est malade. Viens à mon secours. Sans toi, je ne peux rien, malgré les apparences de mes forces.

« Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort ! » Mon Lazare que tu aimes en moi, ce qui est précieux en moi comme Lazare, n'est plus. Libère-moi de cette pierre écrasante qui couvre la tombe de mes péchés. Fais-moi vivre pour invoquer ton nom.

Enseigne-moi à regarder le ciel pour que ma parole soit : « Père, je te rends grâce, car tu m'exauces toujours ». Amen.

Bon dimanche, frères et sœurs.
Paix et joie dans nos cœurs et dans le monde.Ton frère,
Abbé Ferdinand Nindorera.

ascova

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