E’ chiaro a tutti che non siamo davanti a una gestione dell’emergenza. Siamo davanti all’ennesimo episodio di una politica che arriva sempre un giro di troppo in ritardo e poi si presenta alla cronaca con il linguaggio rassicurante di chi vorrebbe far passare l’ordinaria amministrazione per visione strategica.
Le gallerie di Sorreley sono il simbolo perfetto di questo andamento: una delle tre corsie è chiusa da oltre un lustro. Cinque anni in cui il problema è stato tollerato, rimandato, normalizzato. Cinque anni in cui si è fatto finta che la riduzione della capacità infrastrutturale fosse una parentesi, e non un dato strutturale destinato a esplodere. Ora, improvvisamente, si scopre che la chiusura totale per oltre un anno è inevitabile.
E il risultato è sotto gli occhi di tutti: Aosta trasformata in un collo di bottiglia permanente, traffico locale e internazionale riversato dentro la città, accessi all’ospedale sotto pressione costante, viabilità ordinaria ridotta a percorso a ostacoli.
Oggi la Regione ha convocato il “tavolo tecnico”. Già il nome dice molto: non una cabina di regia politica, non una scelta di indirizzo, ma un tavolo tecnico, cioè il luogo dove si certifica ciò che altrove è già stato deciso o subito.
Il comunicato che ne è uscito è un piccolo esercizio di linguaggio amministrativo creativo. Si parla di “prima riunione insediativa”, di “confronto operativo”, di “misure per minimizzare l’impatto”. Tutto ordinato, tutto equilibrato. Ma fuori da quelle formule resta una realtà molto più semplice: il sistema viario è sotto stress e le decisioni arrivano quando il sistema è già in sofferenza conclamata.
I numeri citati—circa 600 mezzi l’ora nei momenti di punta sulla A5–SS27—vengono definiti “significativi ma gestibili”. Ma gestibili da chi? Da chi non vive quotidianamente il passaggio obbligato dentro Aosta? Da chi non incrocia ambulanze bloccate nel traffico? Da chi osserva la rete viaria come un grafico e non come una città reale?
Poi c’è il cuore politico della questione, che nel comunicato resta elegantemente sullo sfondo: i lavori da 40 milioni sulle gallerie, con attività su entrambe le strutture e turnazione 24 ore su 24. Tutto presentato come inevitabile, quasi naturale. Ma la domanda che nessuno sembra voler affrontare è un’altra: perché si arriva a questo punto senza aver costruito prima alternative credibili e una programmazione seria?
Nel frattempo si accumulano “ipotesi”: segnaletica dedicata, regolazione oraria del traffico pesante, area di stoccaggio all’ex Sima, monitoraggi nelle prime settimane. È la grammatica dell’attesa. Si decide di non decidere fino a quando l’impatto non diventa misurabile nel caos quotidiano.
E poi c’è un passaggio che pesa più degli altri, anche se detto quasi di sfuggita: la possibilità di rinviare i lavori in via Roma per “scongiurare un possibile appesantimento della fluidità stradale”. Scongiurare cosa? Il traffico che già oggi è fuori controllo o l’effetto domino di una pianificazione che rincorre sé stessa?
Ed è qui che emerge il nodo vero, quello che il comunicato non nomina ma che tutti percepiscono: la Regione si piega progressivamente alle esigenze dei privati e dei grandi gestori infrastrutturali, mentre il pubblico rincorre gli effetti delle loro scelte. I tempi dei cantieri, le modalità dei lavori, le priorità operative sembrano sempre più dettate da equilibri esterni, mentre il territorio si adatta. Non guida, si adatta.
Il rischio è evidente: una governance che non pianifica più, ma accompagna. Che non impone una visione di sistema, ma gestisce le compatibilità con attori più forti, più strutturati, più rapidi nel decidere.
Il problema delle gallerie di Sorreley non è solo tecnico. È politico. È la fotografia di una capacità di programmazione che arriva sempre dopo, quando il margine di scelta si è già ristretto a gestione del danno.
E allora sì, “quelli del giorno dopo” è esattamente questo: la politica che arriva quando la partita è già iniziata, quando il traffico è già in coda, quando l’ospedale è già sotto pressione, quando le decisioni dei privati sono già diventate fatti compiuti.
Il resto è comunicazione.
Quelli del giorno dopo
Il est clair pour tout le monde que nous ne sommes pas face à une gestion de l’urgence. Nous sommes face au énième épisode d’une politique qui arrive toujours un tour trop tard et qui se présente ensuite dans les médias avec le langage rassurant de ceux qui voudraient faire passer une simple administration courante pour une vision stratégique.
Les tunnels de Sorreley sont le symbole parfait de cette dynamique : une des trois voies est fermée depuis plus d’un lustre. Cinq ans pendant lesquels le problème a été toléré, repoussé, banalisé. Cinq ans pendant lesquels on a fait comme si la réduction de la capacité d’infrastructure n’était qu’une parenthèse, et non une donnée structurelle destinée à exploser. Et aujourd’hui, soudainement, on découvre que la fermeture totale pour plus d’un an est inévitable.
Le résultat est sous les yeux de tous : Aoste transformée en goulet d’étranglement permanent, trafic local et international déversé dans la ville, accès à l’hôpital sous pression constante, voirie ordinaire réduite à un parcours du combattant.
Aujourd’hui, la Région a convoqué le « table technique ». Rien que le nom en dit long : pas une véritable cellule de pilotage politique, pas un choix d’orientation, mais un table technique, c’est-à-dire l’endroit où l’on entérine ce qui a déjà été décidé ailleurs ou subi.
Le communiqué qui en est sorti est un petit exercice de langage administratif créatif. On parle de « première réunion d’installation », de « confrontation opérationnelle », de « mesures visant à minimiser l’impact ». Tout est ordonné, équilibré. Mais derrière ces formules, la réalité est beaucoup plus simple : le système routier est sous tension et les décisions arrivent lorsque la situation est déjà en souffrance avérée.
Les chiffres évoqués — environ 600 véhicules par heure aux heures de pointe sur l’axe A5–SS27 — sont qualifiés de « significatifs mais gérables ». Mais gérables par qui ? Par ceux qui ne vivent pas quotidiennement le passage obligé à travers Aoste ? Par ceux qui ne croisent pas des ambulances bloquées dans la circulation ? Par ceux qui regardent le réseau routier comme un graphique et non comme une ville réelle ?
Puis vient le cœur politique de la question, que le communiqué laisse élégamment en arrière-plan : des travaux de 40 millions sur les tunnels, avec interventions simultanées sur les deux structures et rotation 24 heures sur 24. Le tout présenté comme inévitable, presque naturel. Mais la question que personne ne semble vouloir affronter est une autre : pourquoi en arrive-t-on là sans avoir construit auparavant des alternatives crédibles et une véritable programmation ?
Pendant ce temps, les « hypothèses » s’accumulent : signalisation dédiée, régulation horaire des poids lourds, zone de stockage à l’ex-Sima, phases de surveillance dans les premières semaines. C’est la grammaire de l’attente. On décide de ne pas décider tant que l’impact n’est pas devenu mesurable dans le chaos quotidien.
Et puis il y a un passage qui pèse plus que les autres, même s’il est formulé presque en passant : la possibilité de reporter les travaux de la via Roma afin de « conjurer un possible alourdissement de la fluidité routière ». Conjurer quoi ? Le trafic déjà hors de contrôle ou l’effet domino d’une planification qui se poursuit en se rattrapant elle-même ?
C’est ici que se révèle le nœud central, que le communiqué ne nomme pas mais que tout le monde perçoit : la Région se plie progressivement aux exigences des acteurs privés et des grands gestionnaires d’infrastructures, tandis que le public court après les effets de leurs décisions. Les calendriers des chantiers, les modalités des travaux, les priorités opérationnelles semblent de plus en plus dictés par des équilibres externes, pendant que le territoire s’adapte. Il ne guide plus, il s’adapte.
Le risque est évident : une gouvernance qui ne planifie plus, mais accompagne. Qui n’impose plus une vision systémique, mais gère des compatibilités avec des acteurs plus forts, plus structurés, plus rapides à décider.
Le problème des tunnels de Sorreley n’est pas seulement technique. Il est politique. C’est la photographie d’une capacité de programmation qui arrive toujours après coup, lorsque la marge de choix s’est déjà réduite à la seule gestion du dommage.
Et oui, « ceux du lendemain », c’est exactement cela : la politique qui arrive quand la partie est déjà commencée, quand les embouteillages sont déjà formés, quand l’hôpital est déjà sous pression, quand les décisions privées sont déjà devenues des faits accomplis.
Le reste, c’est de la communication.




