Da noi, nella Petite Patrie, il Giorno della Memoria è scivolato via quasi senza lasciare traccia. Una ricorrenza che dovrebbe interrogare le coscienze, scuotere le istituzioni, parlare ai giovani, si è consumata invece in un silenzio imbarazzante, rotto solo da poche voci isolate. Troppo poche.
A raccontare una storia di deportazione e libertà ci ha pensato il presidente del Consiglio regionale, Stefano Aggravi, con un video diffuso sui canali istituzionali. Un gesto doveroso, ma solitario. In Aula, alla Camera, il deputato valdostano Franco Manes ha richiamato il senso profondo della Memoria, ricordando che non è rito, ma responsabilità politica e civile. Per il resto, poco o nulla. Comunicazione flebile, iniziative quasi invisibili, una giornata che in Valle d’Aosta ha avuto il sapore amaro della dimenticanza. La sintesi plastica di questa rimozione sta tutta in un dettaglio che dettaglio non è: la pietra d’inciampo posata negli anni scorsi davanti all’ingresso della Questura di Aosta. Dovrebbe costringere chi passa a fermarsi, a chinare lo sguardo, a ricordare. Oggi è quasi invisibile: ossidata, sporca, coperta di fango. Nessuno che la pulisca, nessuno che la rivendichi come simbolo vivo. E se non ci prendiamo cura nemmeno dei simboli, come possiamo prenderci cura della Memoria?
Le poche iniziative nelle scuole sono passate sotto silenzio, senza racconto pubblico, senza restituzione collettiva. È finita l’epoca dei Treni della Memoria, finita senza un vero dibattito su cosa mettere al loro posto. Come se l’educazione alla storia potesse essere archiviata insieme ai progetti “di una volta”, come se la Shoah fosse ormai un capitolo chiuso, buono solo per una celebrazione formale.
Per fortuna, a livello nazionale, ci ha pensato ancora una volta il Presidente della Repubblica Sergio Mattarella a richiamare tutti alla gravità del momento storico. Ma quanti lo hanno ascoltato davvero? Quanti hanno spento il rumore di fondo per fermarsi sulle sue parole?
E poi c’è stata Liliana Segre, che anche oggi ha parlato non con rabbia ma con quella lucidità che fa più paura dell’indignazione. Ha ricordato che la Memoria non è nostalgia del passato, ma un antidoto contro l’indifferenza del presente. Che l’odio non torna mai con le stesse divise, ma con linguaggi nuovi, più subdoli, più accettabili. Che l’assuefazione è il primo passo verso la cancellazione. La Memoria, ha ribadito, è un dovere fragile: se non la si coltiva, muore.
E allora la domanda è brutale, ma necessaria: ci stiamo dimenticando?
E, soprattutto, siamo ancora in grado di contrastare la superficialità dilagante con cui una delle più grandi tragedie della storia viene trattata, ridotta a ricorrenza stanca, a post di circostanza, a evento da calendario? Che ne sarà quando non ci sarà più l’ultimo testimone dell’olocausto, del genocidio, della deportazione, dei campi di concentrazione, dei forni crematori nazifascisti? Sarà la fine della libertà e della democrazia.
In una regione che ama definirsi terra di confine, di resistenza, di passaggi e di accoglienza, questo silenzio pesa doppio. Perché la Memoria non si conserva per inerzia. Va scelta. Ogni anno. Ogni giorno. Anche quando disturba. Soprattutto quando disturba.
Altrimenti il Giorno della Memoria rischia davvero di trasformarsi, lentamente e senza clamore, nel Giorno della dimenticanza. E allora non sarà colpa del tempo che passa, ma di una coscienza collettiva che ha deciso di voltarsi dall’altra parte.
Ad Aosta è presente una pietra d’inciampo, posata nel gennaio 2022 davanti alla Questura in corso Battaglione, in memoria del commissario di Polizia Camillo Renzi, deportato a Dachau per la sua attività antifascista. È la prima pietra d’inciampo della Valle d’Aosta. Fa parte del progetto europeo dell’artista Gunter Demnig, dedicato al ricordo delle vittime della persecuzione nazista.

À Aoste se trouve une pierre d’achoppement, posée en janvier 2022 devant la Questure, cours Battaglione, en mémoire du commissaire de police Camillo Renzi, déporté à Dachau pour son activité antifasciste. Il s’agit de la première pierre d’achoppement de la Vallée d’Aoste. Elle fait partie du projet européen de l’artiste Gunter Demnig, consacré à la mémoire des victimes des persécutions nazies.
Il Giorno della dimenticanza
Chez nous, dans la Petite Patrie, le Jour de la Mémoire est passé presque inaperçu. Une commémoration qui devrait interroger les consciences, secouer les institutions, parler aux jeunes, s’est au contraire consumée dans un silence embarrassant, rompu seulement par quelques voix isolées. Beaucoup trop peu.
Pour raconter une histoire de déportation et de liberté, il y a eu le président du Conseil régional, Stefano Aggravi, à travers une vidéo diffusée sur les canaux institutionnels. Un geste nécessaire, mais solitaire. À Rome, dans l’hémicycle de la Chambre des députés, le député valdôtain Franco Manes a rappelé le sens profond de la Mémoire, soulignant qu’elle n’est pas un rite, mais une responsabilité politique et civique. Pour le reste, peu ou rien. Une communication timide, des initiatives presque invisibles, une journée qui, en Vallée d’Aoste, a pris le goût amer de l’oubli.
La synthèse la plus parlante de cette mise à l’écart tient dans un détail qui n’en est pas un : la pierre d’achoppement posée il y a quelques années devant l’entrée de la Questure d’Aoste. Elle devrait obliger les passants à s’arrêter, à baisser les yeux, à se souvenir. Aujourd’hui, elle est presque invisible : oxydée, sale, couverte de boue. Personne pour la nettoyer, personne pour la revendiquer comme symbole vivant. Et si nous ne prenons même pas soin des symboles, comment pourrions-nous prendre soin de la Mémoire ?
Les rares initiatives dans les écoles sont passées sous silence, sans récit public, sans restitution collective. L’époque des Trains de la Mémoire est révolue, sans qu’un véritable débat n’ait été ouvert sur ce qui devrait les remplacer. Comme si l’éducation à l’histoire pouvait être archivée avec les projets « d’autrefois », comme si la Shoah était désormais un chapitre clos, bon seulement pour une commémoration formelle.
Heureusement, au niveau national, le Président de la République Sergio Mattarella est une fois de plus intervenu pour rappeler à tous la gravité du moment historique. Mais combien l’ont réellement écouté ? Combien ont su faire taire le bruit de fond pour s’arrêter sur ses paroles ?
Et puis il y a eu Liliana Segre, qui, aujourd’hui encore, n’a pas parlé avec colère, mais avec cette lucidité qui fait plus peur que l’indignation. Elle a rappelé que la Mémoire n’est pas une nostalgie du passé, mais un antidote contre l’indifférence du présent. Que la haine ne revient jamais avec les mêmes uniformes, mais avec des langages nouveaux, plus subtils, plus acceptables. Que l’accoutumance est le premier pas vers l’effacement. La Mémoire, a-t-elle insisté, est un devoir fragile : si on ne la cultive pas, elle meurt.
Alors la question est brutale, mais nécessaire : sommes-nous en train d’oublier ?
Et surtout, sommes-nous encore capables de combattre la superficialité envahissante avec laquelle l’une des plus grandes tragédies de l’histoire est aujourd’hui traitée, réduite à une commémoration usée, à un message de circonstance, à un événement de calendrier ? Que se passera-t-il lorsqu’il n’y aura plus le dernier témoin de la Shoah, du génocide, de la déportation, des camps de concentration, des fours crématoires nazifascistes ? Ce sera alors la fin de la liberté et de la démocratie.
Dans une région qui aime se définir comme une terre de frontières, de résistance, de passages et d’accueil, ce silence pèse doublement. Car la Mémoire ne se conserve pas par inertie. Elle se choisit. Chaque année. Chaque jour. Même lorsqu’elle dérange. Surtout lorsqu’elle dérange.
Sinon, le Jour de la Mémoire risque réellement de se transformer, lentement et sans fracas, en Jour de l’oubli. Et ce ne sera pas la faute du temps qui passe, mais celle d’une conscience collective qui aura choisi de détourner le regard.





