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FEDE E RELIGIONI | 24 gennaio 2026, 11:54

ÉVANGILE DE DIMANCHE: LE TEMPS DE DIEU ET SES SAISONS POUR SAUVER L'HOMME

IIIᵉ Dimanche du Temps Ordinaire – Année A, 2026 - Tous les dimanches et les jours de fête d’obligation Sainte Messe à 9h30 dans l’église Saint-Martin-de-Corléans à Aoste. La Messe sera célébrée en français, animée par des chants en français et en latin interprétés par le chœur dirigé par Iris Boniface Stévenin, avec l’accompagnement musical à l’orgue assuré par le Prof. Paolo Torrente, enseignant Sfom

ÉVANGILE DE DIMANCHE: LE TEMPS DE DIEU ET SES SAISONS POUR SAUVER L'HOMME

La prophétie d'Isaïe et le début de la mission de Jésus s'inscrivent dans un contexte politique tendu et incertain. L'empire d'Assyrie veut dévaster le Royaume de Juda. Aujourd’hui, nous pouvons comprendre la situation de terreur que vivent les peuples du Groenland, de Taïwan, de l'Ukraine, le désarroi des rescapés de Gaza (...).

Ce qui crée l'irritation du prophète, c'est que le roi Achaz, dans sa panique, abandonne Dieu de l'Alliance pour s'allier avec les païens.

Dans l'Évangile, Jean le Baptiste venait d'être arrêté pour être emprisonné puis décapité. Le premier discours-programme de Jésus est une invitation à la conversion, pour devenir citoyen du Règne de Dieu qui est proche. Accueillir ce Règne, qui fait irruption dans l'obscurité de l'histoire, est un signe que Dieu agit pour et avec nous, même lorsque sa face semble se cacher. En Jésus-Christ, la lumière chasse l'obscurité.

1. LA SURPRISE DE DIEU DANS UN CONTEXTE POLITIQUE INCERTAIN

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur les habitants du pays de l'ombre, une lumière a resplendi. »
Quelle est la nature de ces ténèbres ? Qui est ce peuple qui marche sans savoir où il va ? Quelle est cette lumière qui transforme le deuil en danse ?

La prophétie d'Isaïe ravive l'espoir dans le cœur de celui qui entre dans l'enfer existentiel en « laissant derrière lui toute espérance », selon les paroles de Dante Alighieri (cfr. La Divine Comédie, Enfer III, IV).

Aujourd'hui, les peuples qui marchent dans les ténèbres sont nombreux sur la face de la terre. Pour certains dirigeants qui veulent « inscrire leur nom sur la terre » (Ps 48,12), la volonté de faire le bien est transformée en une « volonté de puissance » pour nuire, selon Friedrich Nietzsche.

Dans cette prophétie d'Isaïe, il y a une situation de misère généralisée dans les pays de Zabulon et de Nephtali. Ce qui est étonnant, c'est que cette déchéance semble être permise par Dieu. Comment la divine Puissance, la Sagesse suprême, la Miséricorde sans mesure peuvent-elles permettre le mal, l'humiliation des personnes créées à son image et à sa ressemblance ?

Platon, dans sa sagesse, défendait Dieu en disant : « Dans les affaires humaines, Dieu est innocent ». Saint Augustin, dans sa lettre à Évode, aborde la question dans la ligne de Platon : « Dieu n'est pas l'auteur du mal ; il n'est pas non plus impuissant pour l'éradiquer, mais il le permet pour un plus grand bien ».

Dieu a ses temps et ses saisons pour agir. Son silence nous invite à la conversion, en renonçant à l'aversion et à la perversion.

Le mal moral, structurel et collectif vient du libre arbitre de l'homme. Souvent, la nation prend l'image de ceux qui la gouvernent. S'ils sont avides de pouvoir et de richesse pour accroître le luxe de leurs maisons, rien n'empêche que les ténèbres couvrent la terre.

2. UNE LUMIÈRE A RESPLENDI

Le second moment du texte d'Isaïe est la sortie du tunnel des peuples jadis méprisés : « le pays au-delà du Jourdain, la Galilée des nations ». En Dieu, le mal n'a pas le dernier mot.

Dans une providence qui échappe à nos calculs, Dieu a couvert de gloire, prodigué la joie, fait grandir l'allégresse et brisé le joug qui pesait sur leurs épaules. Cela nous comble d'espérance car, selon saint Paul, « il faut espérer contre toute espérance » (Rm 4,18). « Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé ».

Le Dieu de Jésus-Christ est sensible à nos peines et à nos pleurs. Nous sommes sauvés par cette espérance car, selon Joseph Ratzinger, l'Infini s'est fait proche de nous : le Tout-lointain est devenu le Tout-proche. Les choses de ce monde peuvent nous offrir quelques miettes de bonheur ; seul l'Infini remplit le cœur.

Cette lumière qui surgit dans la grande nuit du monde est Jésus, le Fils du Père. Il est présent au milieu de nous. C'est lui qui vient nous libérer de l'empire du péché, du joug qui pèse sur nos épaules.

Avec Jésus, nous pouvons faire nôtres ces paroles du psalmiste :
« Aux uns les chars, aux autres les chevaux ; à nous le nom de notre Dieu. Nous, debout, nous tenons » (Ps 19,9).

Pour marcher dans sa lumière, il nous donne une seule clef nécessaire : l'invitation à la conversion.

3. CONVERTISSEZ-VOUS, LE RÈGNE DE DIEU EST PROCHE

Comme dans la prophétie d'Isaïe, la prédication de Jésus s'inscrit dans un contexte politique marqué par l'hypocrisie et la violence.

Jean-Baptiste, son précurseur, venait d'être arrêté pour avoir dénoncé l'hypocrisie du roi Hérode. En Jésus, cette parole d'Isaïe s'accomplit :
« Sur ceux qui habitaient dans le pays de l'ombre de la mort, une lumière s'est levée ».

Deux actions fondatrices marquent le début de son ministère public : la prédication et le choix de ses premiers disciples, appelés à devenir apôtres.

La première parole est une invitation à la conversion, pour nous faire sortir des ténèbres opaques. La conversion suppose le souvenir d'un passé obscur, la conscience de son état actuel de péché et l'espérance d'un avenir qui ne dépend pas seulement de nous.

La conversion ne doit pas être retardée. C'est maintenant qu'il faut passer des ténèbres à l'admirable lumière. Le Règne de Dieu est déjà présent dans les méandres de notre histoire. La conversion n'est donc pas une fuga mundi, selon Plotin.

Accueillir le Règne de Dieu, tout proche, implique la transformation de tout l'être, ici et maintenant (hic et nunc). Les premiers à y adhérer sans condition furent Pierre, André, Jacques et Jean. Ils ont laissé leurs filets, leurs barques et même leur père pour devenir pêcheurs d'hommes.

Ce Règne d'amour, de justice, de vérité, de joie et de paix s'oppose à la cité terrestre d'injustice, de mensonge et de terreur dont nous sommes aujourd'hui témoins.

Saint Augustin écrit :
« Après beaucoup de mésaventures causées par le péché, nous avons été rachetés dans le sang du Christ offert pour notre salut. Ainsi, nous devons nous unir à notre Libérateur avec un amour si grand et nous laisser emporter en Lui par une lumière si vive que les objets plus bas ne nous privent pas de la vision du ciel » (Libre arbitre, XXV, 77).

4. PRIÈRE POUR LA PAIX ET L'UNITÉ

Donne-nous, Seigneur, la grâce de vivre l'unité dans nos diversités. Que chacun de nous soit une pierre vivante participant à l'édification de ton Corps mystique qu'est l'Église.

Que les personnes écrasées par le joug de la violence — exilés, déplacés de guerre, affamés — trouvent une communauté accueillante et attentive à leurs besoins, tant matériels que spirituels. Comme le dit ton apôtre Paul, il y a plus de joie à donner qu'à recevoir.

Que nos gouvernants accueillent le Royaume des cieux afin de gouverner les peuples avec droiture et justice, en bannissant tout ce qui opprime l'homme. Amen.

Bon dimanche, frères et sœurs.
Paix et joie dans nos cœurs et dans le monde.

Ton frère,
Abbé Ferdinand Nindorera

ascova

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