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CRONACA | 04 marzo 2026, 11:17

Compétitivité alpine et développement économique, la Chambre valdôtaine consolide l’axe stratégique d’“Alps Benchmarking”

À Trente, les chambres de commerce alpines signent une convention quinquennale pour mutualiser données, projets européens et leviers de compétitivité, face au défi démographique et à la transformation des systèmes productifs de montagne

Roberto Sapia

Roberto Sapia

La compétitivité des Alpes ne se joue plus uniquement sur l’altitude ou l’attractivité touristique, mais sur la capacité des territoires à produire des données comparables, à influencer les politiques européennes et à structurer des écosystèmes d’entreprises résilients. C’est dans cette logique que la Chambre valdôtaine a signé à Trente la nouvelle convention quinquennale du réseau “Alps Benchmarking”, lors d’une rencontre organisée au Palazzo Roccabruna.

Dans un contexte marqué par le vieillissement démographique, la redistribution de la population et la transformation des filières productives, les chambres de commerce alpines ont choisi de renforcer une coopération déjà engagée. L’accord associe notamment la Camera di Commercio Riviere di Liguria, Unioncamere Piemonte, les Chambres de commerce de Cuneo, Turin et Monte Rosa Laghi Alto Piemonte, Unioncamere Lombardia, ainsi que celles de Sondrio, Bolzano, Trente, Treviso-Belluno, Pordenone-Udine et Venezia Giulia.

Pour la Vallée d’Aoste, la signature a été apposée par le président Roberto Sapia, qui revendique une approche pragmatique et structurée. “La participation au réseau ‘Alps Benchmarking’ représente pour la Vallée d’Aoste un choix stratégique qui va au-delà du simple échange technique”, explique-t-il. “Il s’agit de se doter d’outils communs pour lire de manière comparable les phénomènes économiques et orienter avec davantage de conscience les politiques de développement.”

La convention fixe un cadre opérationnel pour les cinq prochaines années. Elle prévoit la mise en réseau de bases de données économico-statistiques à travers des tableaux de bord interactifs, la construction d’indicateurs homogènes entre territoires alpins, la coordination dans l’accès aux programmes européens et la collaboration avec universités et centres de recherche. L’objectif est clair : transformer l’analyse en levier de compétitivité.

À Trente, le débat technique s’est concentré sur la corrélation entre dynamiques démographiques et structure productive. Les intervenants ont souligné que le dépeuplement et la redistribution de la population influencent directement la vitalité économique des zones de montagne, la soutenabilité des services et l’équilibre entre centres urbains et périphéries.

Roberto Sapia insiste sur ce point : “La question démographique est étroitement liée à la durabilité de notre tissu entrepreneurial. Les analyses les plus récentes mettent en évidence des dynamiques complexes : nous observons une polarisation de la population vers la première couronne collinaire, tandis que les zones de moyenne montagne risquent un affaiblissement progressif du tissu commercial.” En revanche, “la haute montagne démontre une résilience entrepreneuriale significative, portée notamment par la vocation touristique”.

Dans une perspective économique, cette lecture fine des territoires constitue un avantage compétitif. Les Alpes ne peuvent plus être abordées comme un ensemble homogène : la différenciation des bassins d’emploi, la spécialisation sectorielle et la capacité d’innovation locale deviennent des facteurs déterminants. L’enjeu n’est pas seulement de freiner le déclin démographique, mais d’optimiser les chaînes de valeur existantes et d’en créer de nouvelles.

“Faire réseau au niveau alpin”, conclut Sapia, “signifie renforcer le poids institutionnel des territoires de montagne face aux politiques nationales et européennes et construire de nouvelles opportunités concrètes pour nos entreprises et nos communautés.” Une déclaration qui traduit une ambition précise : passer d’une logique défensive à une stratégie proactive d’influence et de croissance.

Dans une Europe où la concurrence entre régions s’intensifie et où les financements communautaires se concentrent sur des projets structurés et mesurables, l’initiative “Alps Benchmarking” apparaît comme un instrument de gouvernance économique avancée. Pour la Vallée d’Aoste et ses partenaires alpins, l’enjeu est désormais de transformer cette architecture de coopération en résultats tangibles : attractivité, innovation et maintien d’un tissu entrepreneurial capable de tenir la pente.

je.fe.

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