Tutto va bene. Sempre. Fino a quando non succede niente. Poi, quando l’imprevisto arriva – secco, violento, imprevedibile come un fulmine – ci si guarda intorno e ci si accorge che molte certezze erano solo abitudini, molte sicurezze semplici atti di fede.
La tragedia di Crans-Montana, con il suo carico di giovani vite spezzate, di domande senza risposta e di dolore che attraversa le Alpi senza fermarsi alla dogana, non è solo una notizia estera. È uno specchio. E come tutti gli specchi, se lo guardi davvero, non sempre restituisce un’immagine rassicurante.
Da cronista di valle, la domanda viene spontanea, quasi fastidiosa, ma inevitabile: e da noi? I locali pubblici, quelli affollati, quelli dove si balla, si beve, si festeggia, sono davvero sicuri? Le norme ci sono, certo. Ma sono rispettate? E soprattutto: chi controlla, come controlla, con quale frequenza e con quale rigore?
Perché la sicurezza non è un cartello appeso al muro né una planimetria sbiadita dietro al bancone. È un sistema che vive solo se qualcuno lo fa vivere. È manutenzione, formazione, verifiche, responsabilità. E invece, parlando sottovoce con chi frequenta certi ambienti, soprattutto notturni, al ptofano – chiamiamolo pure così – emergono racconti che fanno drizzare le orecchie: uscite di sicurezza chiuse o ingombre, impianti antincendio che “tanto non servono”, capienze elastiche come la notte di Capodanno.
La verità è che finché non succede nulla, tutto sembra funzionare. Poi basta una scintilla, una fiamma, un gesto stupido o una fatalità perché il castello cada. E allora si scopre che nessuno aveva il quadro completo. Che non esiste un censimento aggiornato dei locali, dei sistemi di sicurezza installati, delle reali condizioni operative. Che i controlli, quando ci sono, sono spesso episodici, annunciati, burocratici.
La Valle d’Aosta ama raccontarsi come comunità piccola, attenta, responsabile. E spesso lo è. Ma proprio per questo dovrebbe avere il coraggio di porsi domande scomode prima, non dopo. Di chiedersi se la sicurezza è davvero una priorità o solo una voce di spesa da ridurre. Se la prevenzione è cultura condivisa o fastidio da aggirare.
Crans-Montana ci insegna – tragicamente – che non basta dire “qui non succederà”. Perché è sempre così, fino al giorno in cui succede. E quando succede, le scuse non servono più, le verifiche arrivano tardi, i controlli diventano improvvisamente severi, ma inutili.
“…E chez nous?” non è una provocazione sterile. È una domanda che merita risposte serie, documentate, pubbliche. Soprattutto dalla politica e dai politici. Prima che sia troppo tardi.
Prima che anche qui, tra le nostre montagne, qualcuno debba piangere e chiedersi perché nessuno aveva controllato davvero.
…E chez nous?
Tout va bien. Toujours. Jusqu’au moment où il ne se passe rien. Puis, lorsque l’imprévu arrive – brutal, violent, imprévisible comme un éclair – on regarde autour de soi et l’on se rend compte que bien des certitudes n’étaient que des habitudes, bien des sécurités de simples actes de foi.
La tragédie de Crans-Montana, avec son cortège de jeunes vies brisées, de questions sans réponse et de douleur qui traverse les Alpes sans s’arrêter à la frontière, n’est pas seulement une information venue de l’étranger. C’est un miroir. Et comme tous les miroirs, lorsqu’on le regarde vraiment, il ne renvoie pas toujours une image rassurante.
En tant que chroniqueur de vallée, la question surgit spontanément, presque dérangeante, mais inévitable : et chez nous ? Les lieux publics, les endroits bondés, ceux où l’on danse, où l’on boit, où l’on fait la fête, sont-ils réellement sûrs ? Les règles existent, certes. Mais sont-elles respectées ? Et surtout : qui contrôle, comment, à quelle fréquence et avec quelle rigueur ?
Car la sécurité n’est ni un panneau accroché au mur ni un plan d’évacuation jauni derrière un comptoir. C’est un système qui ne fonctionne que si quelqu’un le fait vivre. C’est de l’entretien, de la formation, des contrôles, des responsabilités. Et pourtant, en parlant à voix basse avec ceux qui fréquentent certains milieux, surtout nocturnes, aux yeux du profane – appelons-les ainsi –, émergent des récits qui donnent froid dans le dos : issues de secours fermées ou encombrées, dispositifs anti-incendie jugés « inutiles », capacités d’accueil extensibles comme un réveillon du Nouvel An.
La vérité, c’est que tant qu’il ne se passe rien, tout semble fonctionner. Puis il suffit d’une étincelle, d’une flamme, d’un geste stupide ou d’une fatalité pour que le château s’effondre. Et l’on découvre alors que personne n’avait une vision d’ensemble. Qu’il n’existe pas de recensement actualisé des locaux, des systèmes de sécurité installés, des conditions réelles d’exploitation. Que les contrôles, lorsqu’ils ont lieu, sont souvent ponctuels, annoncés, bureaucratiques.
La Vallée d’Aoste aime se raconter comme une petite communauté attentive et responsable. Et souvent, elle l’est. Mais précisément pour cette raison, elle devrait avoir le courage de se poser les questions qui dérangent avant, et non après. De se demander si la sécurité est réellement une priorité ou simplement une ligne de dépense à réduire. Si la prévention est une culture partagée ou un obstacle à contourner.
Crans-Montana nous enseigne – tragiquement – qu’il ne suffit pas de dire « ici, cela n’arrivera pas ». Car c’est toujours ainsi… jusqu’au jour où cela arrive. Et quand cela arrive, les excuses ne servent plus à rien, les vérifications arrivent trop tard, les contrôles deviennent soudainement sévères, mais inutiles.
« …Et chez nous ? » n’est pas une provocation stérile. C’est une question qui mérite des réponses sérieuses, documentées, publiques. Surtout de la part de la politique et des responsables politiques. Avant qu’il ne soit trop tard. Avant qu’ici aussi, au cœur de nos montagnes, quelqu’un doive pleurer et se demander pourquoi personne n’avait vraiment contrôlé.





