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FEDE E RELIGIONI | 17 ottobre 2026, 14:10

ÉVANGILE DE DIMANCHE: LES DEUX REGISTRES DE LA VIE: DIEU ET CÉSAR.

XXIXe DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE, ANNÉE A - Tous les dimanches et les jours de fête d’obligation, la Sainte Messe sera célébrée à 9 h 30 en l’église Saint-Martin-de-Corléans à Aoste. La Messe sera célébrée en français, animée par des chants en français et en latin interprétés par le chœur dirigé par Iris Boniface Stévenin, avec l’accompagnement musical à l’orgue assuré par le professeur Paolo Torrente, enseignant à la Sfom.

ÉVANGILE DE DIMANCHE: LES DEUX REGISTRES DE LA VIE: DIEU ET CÉSAR.

"Est-il permis oui ou non de payer l'impôt à César?". Telle est la question posée à Jésus par les menteurs adulateurs. Dans notre vie où se trouvent nos penchants entre:
- César avec Dieu?
- César et Dieu?
- César ou Dieu?
- Ni César ni Dieu? 
Si César fait la volonté de Dieu, il est avec Dieu et sa mission devient une vocation pour la sainteté. Si César fait sa propre volonté, il agit sans Dieu et d'ordinaire mène une existence contre Dieu en conduisant l'empire dans le pire abîme. Si l'homme opte pour César, il ne peut plus servir deux maîtres. Ces interrogations ne permettent pas la neutralité. César peut être ou ne pas être, mais Dieu demeure pour toujours. Revenant à la question des hérodiens et des serviteurs des pharisiens, Jésus établit deux registres de notre vie qui exigent le choix décisif soit de servir le Seigneur dans la justice et sainteté tout au long de nos jours ou choisir César qui ne peut ni se sauver ni nous sauver. La mission de César est utile pour le monde qui passe. Cependant, "notre secours vient du Seigneur qui a fait le ciel et la terre"(Ps121,2). 
1. LA SOLIDARITÉ DANS LE MAL
Tandis que les hérodiens ne se posent pas de soucis pour l'occupation romaine, les pharisiens pour leur compte, étant des nationalistes acharnés, ne tolèrent pas cette présence de colons. Curieusement, les deux classes antagonistes se mettent d'accord pour mettre à l'épreuve Jésus. La solidarité n'est pas une vertu dans la mesure où elle présente deux aspects contraires. S'il existe une solidarité négative comme celle des délinquants qui se mettent d'accord pour voler ou pour tuer, il n'existe pas une vertu négative. La vertu en tant qu'une grâce de Dieu, nous élève vers la splendeur de la vérité qui est le Christ lui-même, "voie, vérité et vie"(Jn14,6).
La question posée à Jésus cache la mauvaise intention, la "perversa voluntas" selon l'expression de saint Augustin. Ces envoyés sans être amis entre eux sont solidaires dans le vice et sont loins de la vertu.
Déjà l'introduction de la question cache une hypocrisie. Cette technitendqu'on peut appeller "captatio benevolentiae", vise à attirer l'attention de l'interlocuteur. Jésus qui connaît nos intentions ne se laisse pas tromper par ce langage qui ne vise qu'à lui tendre un piège. Le paradoxe dans cette question réside dans le fait que Jésus est présenté comme l'homme de vérité et qui enseigne avec autorité. Sur ce point, ils ont raison. La contradiction est qu'ils affirment ce qu'ils ne croient pas, ce qui conduit au péché du soin de l'apparence qui porte le nom de l'hypocrisie. La réponse à cette question est fatale. Si Jésus répond qu'il ne faut pas payer l'impôt, il serait considéré comme un opposant à l'empereur César. S'il répond qu'il faut payer l'impôt, il décevrait ses disciples qui voient un lui un Messie qui vient "renverser les puissants de leur trone pour élever les humbles". Il serait donc vu comme un traitre envers le peuple asservi qui lutte pour la justice. Mais le peuple à une expérience d'un faux messianisme comme celui des zélotes représentés par un certain Judas qui provenait de la Gallilée, qui a empêché le peuple de payer l'impôt aux étrangers. Son soulèvement populaire s'est conclu par un bain de sang. Jésus avait répondu aux rescapés du massacre organisé par Pilate contre ces galliléens:"Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux"(Lc13,3). 
La réponse de Jésus qui n'est pas un compromis échappatoire à la question traquenard est cependant révolutionnaire. Tout le monde, croyant ou incroyant, connaît par coeur ce verset:"Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu". Qu'est ce qu'il veut nous dire?
2. DISTINCTION DE LA CITÉ DE CÉSAR ET CELLE DE DIEU.
La réponse de Jésus nous renvoie au discernement. En prenant la monnaie d'argent, il montre à ceux qui lui tendent un piège l'effigie de l'empereur. En effet, César Auguste était considéré comme une divinité. La monnaie en or porte son image. Par contre l'homme porte l'image de Dieu. César trouve sa gloire dans la monnaie, tandis que "la gloire de Dieu c'est l'homme vivant" (saint Irenée). Ainsi, la dignité de l'homme qui est pensé, aimé et sauvé par Dieu depuis l'éternité est incommensurable par rapport à la pauvre image de César sur la monnaie. Jésus dira au tentateur qui lui demandait de se mettre à genoux devant lui:"Un seul Dieu tu adoreras". En disant: "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu", Jésus établit une séparation et une distinction entre les deux registres ou deux domaines: le domaine temporel de la cité terrestre (civitas terrena) sous la loi de la "libido dominandi" et le domaine spirituel (civitas Dei). Selon saint Augustin, les deux cités cohabitent ensemble mais diffèrent dans leur finalité. 
La cité terrestre est fondée sur l'avidité, l'amour pervers, l'égoisme effréné tandis que la cité céleste est fondée sur Dieu lui-même qui est aussi son bonheur. Cette cité en mettant son espoir dans le Seigneur, "pleure le malheur de cette vie et désire le bonheur de la vie éternelle"(La cité de Dieu, XX,22).
La mission de Jésus sur terre n'est pas de trancher les parables de ce monde. Il dit à Pilate: "Mon royaume n'est pas de ce monde"(Jn18,36).
Quant à nos rapports avec l'autorité, Jésus nous enseigne qu'il faut respecter nos autorités sans les adorer. L'honneur, gloire et sagesse appartiennent à notre Dieu qui a fait le ciel et la terre.
3. LE CHRÉTIEN EST ÉTRANGER DANS CE MONDE.
Le chrétien pèlerin dans le monde n'est pas esclave de la monnaie de César actuel. Il l'utilise librement pour le soin de sa vie corporelle et pour les oeuvres de charité en évitant de l'idôlatrer. Le citoyen de la cité céleste selon saint Augustin dit à son Seigneur: "C'est toi ma gloire! C'est toi qui me relève la tête"(Cité de Dieu, XIV, 28) tandis que l'homme qui a mis son espoir en César, cherche la gloire dans les hommes qui sont toujours dans la condition de précarité et de mutation. Le chrétien est appelé à obéir aux lois justes de César, tout en relativisant son autorité qui ne dure qu'un instant. Toutefois, il ne peut pas relativiser l'autorité de la sainte Écriture qui nous recommande de "chercher d'abord le royaume et sa justice, car le reste nous sera donné par surcroit".
Le vrai culte qui plaît à Dieu est appelé par Joseph Ratzinger "Caritas", tandis que le culte des idoles, de César et de sa monnaie est "Cupido". Caritas présente une double direction. La première est l'élévation de l'âme vers le "Summum Bonum" qui est Dieu et la seconde permet d'accomplir les oeuvres de miséricorde dans l'humilité(humilitas). Quant à Cupido, ses adorateurs ont un coeur perverti (cor perversus), car ils divinisent les choses inférieures et se replient sur eux-mêmes dans leur égoisme. 
Le Seigneur nous dit:"Vous êtes dans le monde sans être du monde"(Jn17.15). Par conséquent, "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu".
4. PRIÈRE DE CONFIANCE. 
Seigneur Dieu, Père du ciel et de la terre, nous te prions et nous te rendons grâce pour les merveilles de ta création. Que ton Esprit Saint Vienne à notre secours afin que nous soyons libres devant les biens de ce monde pour qu'ils soient utilisés comme moyen et non comme fin, pour aider le pauvre qui invoque et l'orphelin sans défense. 
Aides-nous à mettre en pratique le précept de ton Fils bien aimé Jésus Christ qui nous dit: "Chercher d'abord le Royaume et sa justice, le reste vous sera donné par surcroît"(Mt6,33), amen.
Bon dimanche frères et soeurs. 
Paix et joie dans nos coeurs et dans le monde. 
Ton frère Abbé Ferdinand Nindorera.

ascova

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