/ NOUVELLES EN FRANCAIS

NOUVELLES EN FRANCAIS | 25 novembre 2021, 14:20

Charles Baudelaire, pour égayer l’ennui de nos prisons

Colloque international à l’occasion du bicentenaire de la naissance du poète

Charles Baudelaire, pour égayer l’ennui de nos prisons

À l’occasion du bicentenaire de la naissance du poète Charles Baudelaire, le Département de Sciences humaines et sociales de l’Université de la Vallée d’Aoste propose le colloque international Charles Baudelaire, « Pour égayer l’ennui de nos prisons », du 2 au 3 décembre 2021.

Le colloque se tiendra dans la salle M. Ida Viglino du Palais régional (place Deffeyes, Aoste). L’accès est sur réservation (au plus tard le lundi 29 novembre) sur le site web www.univda.it. L’accès à la salle est soumis à la présentation du « passé sanitaire ». Le Colloque sera aussi diffusé en direct sur la chaîne YouTube de l’Université de la Vallée d’Aoste https://www.youtube.com/user/uniaosta.

L’initiative est organisée avec le soutien de la Région Autonome Vallée d’Aoste – Assessorat à l’Education, à l’Université, aux Politiques de la jeunesse, aux Affaires européennes et aux Sociétés à participation régionale, la Chaire Senghor de la Francophonie, le Centre Bandy Etudes baudelairiennes – Vanderbilt University, l’Université Cattolica del Sacro Cuore de Milan et la Société universitaire pour les études de Langue et Littérature française. Seul et pourtant passionné de la foule, Charles Baudelaire a traité de la haine du logis, de l’« horreur du domicile » : la vie « cellulaire » est décrite comme une véritable « maladie » à étudier et à approfondir. Toute sa vie et sa poétique se résument à la fois en un désir constant et insatiable de voyager, qui est bien plus qu’un simple goût du bohémianisme, et une volonté de s’enfermer dans une chambre pour laisser libre cours aux arabesques de la créativité et s’adonner au travail.

Ce dernier apparaît comme le seul moyen de fortifier véritablement l’esprit humain et de lutter contre le temps et l’ennui, ce sentiment de fatigue morale et de lassitude lié à une impression de vide et d’inutilité (« Rien n’égale en longueur les boiteuses journées/ Quand sous les lourds flocons des neigeuses années/ L’ennui fruit de la morne incuriosité/ Prend les proportions de l’immortalité »).

À ce paradoxe s’en ajoutent bien d’autres chez ce poète des contradictions, comme l’opposition entre son besoin de solitude, sa vie en marge du social et les sentiments de sympathie et de compassion qui l’animent. Nous pouvons aussi faire référence à la tension entre les lieux physiques fermés, suggérant la clôture et l’étouffement, à partir desquels on peut s’envoler vers les espaces vastes et ouverts de l’imagination, selon l’esthétique de l’ « infini dans le fini » ; ou encore, à la maladie physique et morale du poète, décrite comme une expérience intime et privée (Mon cœur mis à nu), en rapport avec la maladie sociale qui se révèle dans la corruption des esprits et du langage, dont la poésie serait le symptôme (« Muse malade », « fleurs maladives »).

Toutes les questions ci-dessous proposées, ainsi que le titre du Colloque, se prêtent aussi bien à une relecture de l’œuvre littéraire du poète qu’à ses textes théoriques et critiques, abordés selon des perspectives stylistiques ou esthétiques. On attire particulièrement l’attention sur ces thématiques qui fondent la poétique et l’anthropologie baudelairiennes et qui ont aussi une valeur spécifique dans le contexte actuel (post Covid-19).

« D’habitude les auteurs se rapprochent et s’éloignent de nous » écrit Giovanni Macchia dans son Introduction aux Œuvres complètes de Charles Baudelaire dans l’édition « Meridiani », « comme des bateaux en papier que nous observons, immobiles, depuis le rivage ». Dans le cas du poète des Fleurs du Mal, la vision semble être bouleversée : « Le monde change […] mais nous nous rendons compte qu’il ressemble toujours plus à l’univers terrible et fascinant que le poète meubla, questionna, rêva, accepta ou refusa. Baudelaire avait raison. Notre époque est devenue de plus en plus baudelairienne ».

veyl

Ti potrebbero interessare anche:

Prima Pagina|Archivio|Redazione|Invia un Comunicato Stampa|Pubblicità|Scrivi al Direttore