Ad Aosta sta prendendo piede una strana idea di libertà: quella secondo cui ognuno può fare ciò che vuole, purché qualcun altro ne paghi le conseguenze.
Un monopattino sfreccia sui marciapiedi mettendo a rischio i pedoni. Un'automobile viene lasciata sulle strisce pedonali, impedendo il passaggio a chi dovrebbe attraversare. Un posto riservato alle persone con disabilità diventa, all'occorrenza, un parcheggio comodo per chi ha fretta. I rifiuti vengono abbandonati dove capita. E quando arrivano vandalismi, danneggiamenti e risse, la sensazione di molti cittadini è che la risposta delle istituzioni sia troppo spesso tardiva, debole o semplicemente invisibile.
Gli ultimi episodi, con vetrine spaccate e risse nei pressi del Palazzo regionale, sono l'ennesimo campanello d'allarme. E il problema non è soltanto il danno materiale provocato a un commerciante. È il messaggio che passa: che in certe zone e in certe ore si possa oltrepassare il limite senza che nessuno intervenga.
È qui che una città rischia di diventare una zona franca.
Non una zona franca fiscale, naturalmente. Una zona franca dalle regole.
Perché una regola che non viene fatta rispettare finisce per non essere più una regola. E il cittadino rispettoso della legge, quello che paga il parcheggio, attraversa sulle strisce, non abbandona i rifiuti, rispetta gli spazi per disabili e non occupa il marciapiede con l'auto, finisce per sentirsi un ingenuo.
È questo il vero problema politico.
Il sindaco, quando viene sollecitato, è spesso molto solerte nelle precisazioni. Ma sulle questioni che davvero interessano i cittadini servirebbero meno precisazioni e più risposte.
Quante sanzioni ha comminato la Polizia locale per le auto parcheggiate sulle strisce o negli spazi riservati ai disabili? Quanti controlli sono stati effettuati sui monopattini che percorrono i marciapiedi? Quante sanzioni sono state elevate per l'abbandono dei rifiuti? Quanti interventi sono stati effettuati nelle zone interessate da risse, danneggiamenti e comportamenti molesti?
E soprattutto: perché, nonostante divieti e ordinanze, certe condotte continuano a essere così frequenti?
Sono domande semplici. Non richiedono slogan, ma numeri.
Perché se i controlli vengono fatti, bisogna dirlo. Se le sanzioni vengono comminate, bisogna renderne conto. Se invece i controlli sono insufficienti, bisogna avere il coraggio di ammetterlo e spiegare come si intende cambiare passo.
Non è una questione di essere più o meno severi. È una questione di essere amministratori.
Una città non si governa soltanto organizzando eventi, inaugurando opere o spiegando ai cittadini perché una determinata decisione è stata presa. Si governa anche garantendo che le regole siano rispettate e che i diritti di chi si comporta correttamente non vengano sacrificati davanti all'arroganza di chi se ne infischia.
Perché anche il diritto di un pedone a camminare sul marciapiede è un diritto.
Anche il diritto di una persona con disabilità a trovare libero il proprio spazio di parcheggio è un diritto.
Anche il diritto di un commerciante a non ritrovarsi la vetrina spaccata è un diritto.
E anche il diritto di tutti i cittadini a vivere in una città ordinata e sicura è un diritto.
Non possiamo accettare che la libertà di qualcuno coincida con la prepotenza nei confronti degli altri.
Aosta non ha bisogno di diventare una città militarizzata. Ha bisogno, molto più semplicemente, di un'amministrazione che faccia rispettare le regole.
Perché qui non è più in gioco soltanto il decoro urbano. È in gioco l'autorità dell'istituzione.
Un Comune che stabilisce divieti e poi non controlla che vengano rispettati finisce per indebolire se stesso. Un'amministrazione che non spiega quante violazioni vengono contestate e quali risultati producono i controlli alimenta il sospetto che il problema non sia considerato una priorità. E quando il cittadino vede il prepotente farla franca e il rispettoso delle regole sentirsi abbandonato, comincia a perdere fiducia non soltanto nella Polizia locale, ma nella politica.
Questa è la responsabilità che oggi il sindaco non può più eludere.
Perché governare significa anche scegliere da che parte stare.
E davanti a un marciapiede occupato, a una persona con disabilità privata del proprio posto, a un commerciante con la vetrina distrutta, a un cittadino costretto a convivere con rifiuti e degrado, l'istituzione deve stare dalla parte di chi rispetta le regole, non dalla parte di chi le considera facoltative.
Altrimenti la zona franca non sarà soltanto quella occupata dai barbari.
Sarà quella che la politica, per inerzia o per incapacità, avrà deciso di lasciare loro.
E a quel punto non sarà più soltanto un problema di ordine pubblico.
Sarà un problema di governo della città.
Zona franca per i barbari
À Aoste, une étrange conception de la liberté est en train de s’installer : celle selon laquelle chacun peut faire ce qu’il veut, pourvu que quelqu’un d’autre en paie les conséquences.
Une trottinette électrique file sur les trottoirs en mettant les piétons en danger. Une voiture est garée sur un passage piéton, empêchant ceux qui doivent traverser de le faire. Une place réservée aux personnes handicapées devient, à l’occasion, une place de stationnement pratique pour celui qui est pressé. Les déchets sont abandonnés un peu partout. Et lorsque surviennent des actes de vandalisme, des dégradations ou des rixes, le sentiment de nombreux citoyens est que la réponse des institutions est trop souvent tardive, faible ou tout simplement invisible.
Les derniers épisodes, avec des vitrines brisées et des rixes à proximité du Palais régional, constituent une nouvelle sonnette d’alarme. Et le problème ne concerne pas uniquement les dégâts matériels causés à un commerçant. Il concerne surtout le message qui est envoyé : dans certains quartiers et à certaines heures, il serait possible de franchir les limites sans que personne n’intervienne.
C’est ainsi qu’une ville risque de devenir une zone franche.
Pas une zone franche fiscale, évidemment. Une zone franche de toute règle.
Car une règle qui n’est pas appliquée finit par ne plus être une règle. Et le citoyen respectueux de la loi, celui qui paie son stationnement, traverse sur les passages piétons, ne jette pas ses déchets n’importe où, respecte les places réservées aux personnes handicapées et ne gare pas sa voiture sur les trottoirs, finit par avoir le sentiment d’être le naïf de service.
C’est là que se situe le véritable problème politique.
Le maire, lorsqu’il est interpellé, se montre souvent très prompt à apporter des précisions. Mais sur les questions qui préoccupent réellement les citoyens, il faudrait moins de précisions et davantage de réponses.
Combien d’amendes la police municipale a-t-elle dressées pour les voitures stationnées sur les passages piétons ou sur les places réservées aux personnes handicapées ? Combien de contrôles ont été effectués concernant les trottinettes circulant sur les trottoirs ? Combien de sanctions ont été infligées pour l’abandon de déchets ? Combien d’interventions ont été effectuées dans les zones touchées par les rixes, les dégradations et les comportements perturbateurs ?
Et surtout : pourquoi, malgré les interdictions et les arrêtés, certains comportements continuent-ils à être aussi fréquents ?
Ce sont des questions simples. Elles ne nécessitent pas de slogans, mais des chiffres.
Si les contrôles sont effectués, il faut le dire. Si des sanctions sont infligées, il faut en rendre compte. Si, au contraire, les contrôles sont insuffisants, il faut avoir le courage de l’admettre et expliquer comment on entend changer de cap.
Il ne s’agit pas d’être plus ou moins sévère. Il s’agit d’assumer ses responsabilités d’administrateur.
Une ville ne se gouverne pas seulement en organisant des événements, en inaugurant des ouvrages ou en expliquant aux citoyens pourquoi telle ou telle décision a été prise. Elle se gouverne aussi en garantissant que les règles soient respectées et que les droits de ceux qui se comportent correctement ne soient pas systématiquement sacrifiés face à l’arrogance de ceux qui s’en moquent.
Car le droit d’un piéton à circuler librement sur un trottoir est aussi un droit.
Le droit d’une personne handicapée à trouver libre la place de stationnement qui lui est réservée est aussi un droit.
Le droit d’un commerçant à ne pas retrouver sa vitrine brisée est aussi un droit.
Et le droit de tous les citoyens à vivre dans une ville ordonnée et sûre est également un droit.
Nous ne pouvons pas accepter que la liberté de certains se transforme en abus de pouvoir à l’égard des autres.
Aoste n’a pas besoin de devenir une ville militarisée. Elle a besoin, tout simplement, d’une administration qui fasse respecter les règles.
Car ce qui est désormais en jeu ne relève plus seulement de la propreté ou du respect de l’espace public. C’est l’autorité de l’institution qui est en jeu.
Une commune qui édicte des interdictions mais ne contrôle pas leur respect finit par s’affaiblir elle-même. Une administration qui n’explique pas combien d’infractions sont constatées et quels résultats produisent les contrôles alimente le soupçon que le problème n’est pas considéré comme une priorité. Et lorsque le citoyen voit le plus arrogant s’en sortir tandis que celui qui respecte les règles se sent abandonné, il commence à perdre confiance non seulement dans la police municipale, mais aussi dans la politique.
Voilà la responsabilité que le maire ne peut plus éluder aujourd’hui.
Car gouverner, c’est aussi choisir de quel côté l’on se tient.
Et face à un trottoir occupé, à une personne handicapée privée de sa place, à un commerçant dont la vitrine a été brisée, à un citoyen contraint de vivre au milieu des déchets et de la dégradation, l’institution doit être du côté de ceux qui respectent les règles, et non de ceux qui considèrent qu’elles sont facultatives.
Sinon, la zone franche ne sera pas seulement celle occupée par les barbares.
Elle sera celle que la politique, par inertie ou par incapacité, aura décidé de leur laisser.
Et à ce moment-là, il ne s’agira plus seulement d’un problème d’ordre public.
Ce sera un problème de gouvernance de la ville.




