En face de la misère humaine, quand nos ressourses sont épuisées, Dieu veille toujours sur nous, même si souvent nous ne nous en rendons pas compte. Quelque fois nous confondons le silence de Dieu et l'indifférence. Le Dieu d'Aristote est impassible envers le pauvre qui invoque en tant que "Pensée de la pensée". Par contre, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ pleure notre mal comme une mère. Notre Dieu est sensible au coeur. Seulement nous sommes pressés et nous ne savons pas attendre le temps de Dieu, ce qui crée en nous le sentiment de rébellion. Le découragement du prophète Élie nous représente.
Le prophète errant, fatigué et déprimé, ne veut rien d'autre que la mort devant l'expérience de la fermeture de tout horizon. Notre Dieu n'est pas le Dieu de la mort, mais de la vie. Le prophète, fortitifié par une galette cuite, il marcha jusqu'à la montagne du Seigneur.
La tentation qui nous guête est de nous stabiliser à mi-chemin ou rester sur la phase de révolte alors que la route est encore longue pour gravir la montagne du Seigneur.
1. LA TENTATION À LA STABILITÉ.
Il est long le chemin qui reste pour croire, pour aimer, pour pardonner. Sans le secours du pain descendu du ciel, nous restons à mi-chemin, car personne n'arrive à la destination finale, à la montagne du Seigneur, à la vie éternelle, "si le Père ne l'attire".
Le prophète Élie dans un premier temps fait l'expérience de succès en défiant et en exterminant les prophètes de Baal. Dans un second moment, il affronte l'expérience douloureuse de l'abîme du malheur (Aerumnarum abysus). Il est condamné à l'exile par la reine Jésabel qui veut mettre fin à sa vie. Après une journée entière d'errance dans le désert sans destination, il tombe dans une profonde dépression jusqu'à demander la mort. Dieu présent partout sans être localisé nulle part selon saint Augustin dans sa Lettre à Dardano, intervient d'une manière surprenante.
L'expérience du désert est le lieu de la rencontre du Dieu vivant quand toutes nos prétendues puissances se révèlent inefficaces. Dieu envoit son ange pour nourrir son serviteur qui humainement parlant n'attend rien que la mort. Une galette et une cruche d'eau lui sont offertes par un inconnu pour soutenir sa marche vers la montagne du Seigneur, Horeb. Le pain eucharistique est la seule garantie pour gravir la montagne du Seigneur. Les juifs n'avaient pas compris que Jésus est la raison de notre existence terrestre vers la vie éternelle.
2. JÉSUS NE S'ARRÊTE PAS À MIS-CHEMIN.
"Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel", dit le Seigneur.
Ce discours de Jésus sur le pain de vie continue à diviser les juifs et à augmenter l'hostilité contre lui.
Jésus est victime des préjugés liés à son appartenance familiale que Francis Bacon appelle "idola tribus". Les juifs récriminaient contre Jésus parce qu'il avait déclaré:"Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel". Ils disaient:" Celui-là n'est pas Jésus, fils de Joseph? Nous connaissons bien son père et sa mère. Alors comment peut-il dire maintenant:"Je suis descendu du ciel "?
Combien de fois nous nous comportons comme ces juifs? L'humilité intellectuelle exige que dans le doute on pose la question pour demander des éclaircissements sur un sujet qu'on ne comprend pas. Les disciples du Christ lui demandaient: Explique-nous la parabole de l'ivraie et de la zizzanie.
Quelle est l'attitude de Jésus devant l'incrédulité, l'obstination dans l'erreur et le scepticisme des juifs? Il révèle progressivement sa divinité d'une manière à susciter davantage l'hostilité. Il dit: "Je suis le pain qui est descendu du ciel", "le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour la vie du monde". Les paroles de Jésus aveuglent les suffisants et libèrent les humbles. Dans cet Évangile, la foi est un mouvement exprimé par le verbe "venir". Qui vient à Jésus, qui renonce à lui-même, possède déjà la vie éternelle. L'avenir de celui qui mange le pain de vie est promettant. Il vivra éternellement. La foi dans cette perspective dépasse la moralité, tout en l'orientant. Ce chemin est long et fatiguant. Toutefois, nous ne pouvons pas rester fixés sur le relatif. L'amour de Dieu devient le motif et le moteur de notre marche.
3. VIVEZ DANS L'AMOUR, COMME LE CHRIST.
La seconde lecture nous invite à opérer l'option fondamentale positive qui consiste à vivre par Dieu et pour Dieu. Saint Paul nous exhorte à vivre dans l'amour du Christ. En effet, le comportement du chrétien est enraciné dans l'Esprit Saint, en vue du jour de notre délivrance. Ainsi, le présent doit être vécu dans l'amour du prochain afin de ne pas contrister l'Esprit Saint, cet hôte intérieur de notre coeur qui nous pousse à dire: Abba Père! En renonçant à toute forme de méchanceté et en vivant dans la charité sans hypocrisie, notre vie présente devient un chant de louange comme le psalmiste nous l'ensegne: "Goutez et voyez comme est bon le Seigneur. Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres. Heureux qui trouve en lui son refuge".
4. PRIÈRE DE CONFIANCE
Jésus, pain vivant descendu du ciel, je te rends grâce et je te bénis.
Dans la solitude, reste avec moi.
Dans la fatigue, sois mon repos.
Dans le doute sois ma lumière.
Dans l'angoisse, viens me consoler.
Dans ma chute, relève-moi.
Quand je perds l'orientation, montre-moi ton chemin.
Qui regarde vers toi resplendira, Amen!
Bon dimanche frères et soeurs
Paix et joie dans nos coeurs et dans le monde.
Ton frère Abbé Ferdinand Nindorera