Esiste un antico proverbio contadino che racconta meglio di qualsiasi trattato di politica un vizio molto italiano: quando i buoi sono ormai scappati, si chiude la stalla. O, nella versione che meglio descrive certi dibattiti urbanistici, quando i buoi sono ormai grassi, ben nutriti e hanno pascolato per anni nei prati migliori, improvvisamente ci si accorge che forse sarebbe stato opportuno mettere qualche recinto.
È difficile non pensarci osservando il dibattito che si è aperto attorno al Piano Casa. Per oltre quindici anni le deroghe urbanistiche hanno rappresentato una realtà conosciuta da tutti. Non erano norme segrete, né provvedimenti adottati nell'ombra. Erano leggi pubbliche, applicate quotidianamente, che hanno consentito ampliamenti, demolizioni, ricostruzioni e consistenti incrementi volumetrici. Operazioni perfettamente legittime, realizzate nel rispetto delle norme vigenti. Oggi, però, scopriamo improvvisamente che quel modello avrebbe prodotto effetti indesiderati: seconde case in crescita, residenti in diminuzione, pressione sempre maggiore sui servizi pubblici, consumo di suolo e trasformazione del paesaggio urbano.
Se tutto questo è vero, e i numeri sembrano raccontare proprio questa storia, allora una domanda diventa inevitabile. Perché ce ne accorgiamo soltanto adesso? Perché il problema emerge solo dopo oltre quindici anni di applicazione della legge? Perché il principio della sostenibilità arriva quando gran parte delle trasformazioni è già stata realizzata? Non è una critica alla scelta di cambiare strada. Le leggi possono e devono essere corrette quando producono effetti diversi da quelli immaginati. Sarebbe persino irresponsabile fare il contrario. Il punto è un altro: chi governa un territorio non può limitarsi a prendere atto delle conseguenze quando ormai sono sotto gli occhi di tutti. Governare significa prevedere, correggere per tempo, assumersi la responsabilità delle decisioni mentre stanno producendo effetti e non quando il paesaggio è già cambiato.
La politica dovrebbe avere la memoria lunga, perché i cittadini ce l'hanno. Ricordano perfettamente che fino a ieri il lessico dominante parlava soprattutto di sviluppo, investimenti, valorizzazione del patrimonio edilizio e opportunità economiche. Oggi il vocabolario è cambiato. Si parla di equilibrio, tutela, sostenibilità, identità dei luoghi e qualità della vita. Sono parole importanti e largamente condivisibili, ma arrivano con un certo ritardo. Ed è proprio questo ritardo che rischia di alimentare diffidenza, perché ogni volta che le regole cambiano dopo che una lunga stagione di sviluppo si è ormai conclusa nasce inevitabilmente il sospetto che qualcuno abbia potuto beneficiare di un sistema destinato poi a essere chiuso agli altri.
Non serve indicare persone o richiamare vicende specifiche. È una questione di percezione pubblica, ed è proprio la percezione che la politica dovrebbe evitare. Le istituzioni non devono soltanto essere imparziali; devono anche apparire tali agli occhi dei cittadini. Ogni scelta urbanistica produce inevitabilmente vincitori e perdenti e proprio per questo chi la assume ha un dovere supplementare: dimostrare che le nuove regole rispondono esclusivamente all'interesse generale e non arrivano quando le opportunità migliori appartengono ormai al passato.
C'è poi un altro aspetto che meriterebbe una riflessione altrettanto seria. Da anni si ripete che il problema principale sarebbe la mancanza di abitazioni per i residenti. È un obiettivo sacrosanto, sul quale nessuno può dissentire. Ma allora la domanda è semplice: perché tanti cittadini continuano a raccontare percorsi interminabili, ostacoli amministrativi, promesse rimaste tali e anni trascorsi senza riuscire a costruire quella che avrebbe dovuto essere la loro prima casa? Se il diritto alla residenza è davvero la priorità, dovrebbe esserlo sempre, non soltanto quando diventa il principale argomento di una nuova stagione urbanistica.
La credibilità delle istituzioni non si misura nei comunicati stampa né nelle dichiarazioni di circostanza. Si misura nella coerenza. Perché cambiare idea è spesso segno di intelligenza e di capacità di leggere la realtà. Cambiare idea soltanto quando tutto è già cambiato rischia invece di apparire come un'ammissione tardiva. E i cittadini, soprattutto quelli che da anni attendono risposte concrete più che slogan, hanno imparato a distinguere molto bene la differenza.
Le stalle andrebbero chiuse prima. Non quando i buoi sono già diventati grassi.
A Courmayeur quando i buoi sono grassi si chiudono le stalle
Il existe un vieux proverbe paysan qui décrit mieux que n'importe quel traité de science politique un travers bien italien : lorsque les bœufs se sont déjà échappés, on ferme l'étable. Ou, dans une version qui illustre encore mieux certains débats sur l'urbanisme, lorsque les bœufs sont devenus bien gras, qu'ils ont été nourris pendant des années et qu'ils ont paisiblement brouté dans les meilleurs pâturages, on s'aperçoit soudain qu'il aurait peut-être fallu installer quelques clôtures.
Difficile de ne pas y penser en observant le débat qui s'est ouvert autour du « Plan Maison ». Pendant plus de quinze ans, les dérogations aux règles d'urbanisme ont constitué une réalité connue de tous. Il ne s'agissait ni de dispositions secrètes ni de décisions prises dans l'ombre. C'étaient des lois publiques, appliquées quotidiennement, qui ont permis des agrandissements, des démolitions, des reconstructions et d'importantes augmentations de volume des bâtiments. Des opérations parfaitement légales, réalisées dans le respect des normes en vigueur. Et pourtant, aujourd'hui, nous découvrons soudainement que ce modèle aurait produit des effets indésirables : multiplication des résidences secondaires, diminution du nombre de résidents permanents, pression croissante sur les services publics, consommation de sols et transformation progressive du paysage urbain.
Si tout cela est vrai, et si les chiffres semblent effectivement raconter cette histoire, une question s'impose. Pourquoi ne s'en aperçoit-on qu'aujourd'hui ? Pourquoi le problème n'apparaît-il qu'après plus de quinze années d'application de cette législation ? Pourquoi le principe de durabilité surgit-il lorsque l'essentiel des transformations a déjà eu lieu ? Il ne s'agit pas de critiquer la volonté de changer de cap. Les lois peuvent et doivent être corrigées lorsqu'elles produisent des effets différents de ceux qui étaient attendus. Faire le contraire serait même irresponsable. Mais la véritable question est ailleurs : gouverner un territoire ne consiste pas simplement à constater les conséquences lorsqu'elles sont devenues évidentes. Gouverner, c'est prévoir, corriger à temps et assumer ses responsabilités pendant que les choix produisent leurs effets, non lorsque le paysage est déjà profondément transformé.
La politique devrait avoir une mémoire longue, car les citoyens, eux, ne l'ont pas perdue. Ils se souviennent parfaitement qu'hier encore, le vocabulaire dominant parlait avant tout de développement, d'investissements, de valorisation du patrimoine immobilier et d'opportunités économiques. Aujourd'hui, le discours a changé. On parle d'équilibre, de protection, de durabilité, d'identité des lieux et de qualité de vie. Ce sont des valeurs importantes et largement partagées, mais elles arrivent avec un certain retard. Et c'est précisément ce retard qui risque d'alimenter la méfiance. Car chaque fois que les règles changent une fois qu'un long cycle de développement est déjà achevé, naît inévitablement le soupçon que certains ont pu profiter d'un système qui est ensuite refermé derrière eux.
Il n'est pas nécessaire de désigner des personnes ni d'évoquer des situations particulières. Il s'agit d'une question de perception publique, et c'est précisément cette perception que la politique devrait éviter de nourrir. Les institutions ne doivent pas seulement être impartiales ; elles doivent également apparaître comme telles aux yeux des citoyens. Toute décision en matière d'urbanisme crée inévitablement des gagnants et des perdants. C'est pourquoi ceux qui les prennent ont une responsabilité supplémentaire : démontrer que les nouvelles règles répondent exclusivement à l'intérêt général et qu'elles ne sont pas instaurées lorsque les meilleures opportunités appartiennent déjà au passé.
Un autre aspect mérite également une réflexion approfondie. Depuis des années, on répète que le principal problème réside dans le manque de logements destinés aux résidents permanents. L'objectif est incontestablement légitime. Mais alors une question toute simple se pose : pourquoi tant de citoyens continuent-ils de raconter des parcours interminables, des obstacles administratifs, des promesses restées sans suite et des années d'attente sans pouvoir construire ce qui aurait dû être leur première maison ? Si le droit à la résidence permanente constitue réellement une priorité, il devrait l'être en permanence et non seulement lorsqu'il devient l'argument central d'une nouvelle politique urbanistique.
La crédibilité des institutions ne se mesure ni au nombre de communiqués de presse ni aux déclarations de circonstance. Elle se mesure à leur cohérence. Changer d'avis est souvent le signe d'une intelligence capable de comprendre l'évolution de la réalité. Mais changer d'avis uniquement lorsque tout a déjà changé risque d'apparaître comme un aveu tardif. Et les citoyens, en particulier ceux qui attendent depuis des années des réponses concrètes plutôt que des slogans, savent parfaitement faire la différence.
Les étables auraient dû être fermées plus tôt. Pas lorsque les bœufs sont déjà bien gras




