Quella di ieri all’Assemblea plenaria del Consiglio Superiore della Magistratura non è stata la classica allocuzione istituzionale da archiviare con un applauso formale e via. L’intervento di Sergio Mattarella è suonato piuttosto come una serie di bacchettate ben assestate, distribuite con equilibrio ma senza sconti. A tutti. E forse proprio per questo particolarmente efficaci.
Il Presidente ha parlato di rispetto delle istituzioni, di equilibrio tra i poteri dello Stato, di linguaggio. E quando Mattarella insiste sul linguaggio non è mai una questione di galateo: è politica nel senso più alto del termine. Perché il linguaggio costruisce il clima, prepara i conflitti, legittima le delegittimazioni. E oggi, diciamolo, il clima è pesante.
Il riferimento al ministro della Giustizia Carlo Nordio è apparso tutt’altro che casuale. Senza mai nominarlo direttamente, Mattarella ha ricordato che la critica è legittima, sacrosanta in democrazia, ma che l’attacco sistematico, la delegittimazione continua, il sospetto gettato a reti unificate sulle istituzioni di garanzia rischiano di diventare un boomerang per lo Stato stesso. Tradotto: si può riformare tutto, ma non si può picconare tutto.
E qui la bacchettata si allarga, perché non riguarda solo Nordio ma un certo modo di fare politica che il centrodestra – soprattutto quello più rumoroso – sembra aver sdoganato: toni muscolari, parole che strizzano l’occhio alla pancia del Paese, nemici sempre pronti all’uso. Magistrati, giornalisti, intellettuali: a turno qualcuno da mettere all’angolo c’è sempre.
Mattarella, con la sua consueta sobrietà, ha ricordato una cosa semplice eppure rivoluzionaria: le istituzioni non si combattono, si rispettano. Anche quando non piacciono. Anche quando intralciano. Anche quando non danno ragione. È il prezzo – e il privilegio – della democrazia costituzionale.
Ma attenzione: le bacchettate non erano a senso unico. Il Presidente ha parlato anche alla magistratura, richiamandola al rigore, all’autorevolezza che nasce dai comportamenti, non dalle rivendicazioni corporative. Autonomia non è autoreferenzialità. Indipendenza non è chiusura. Anche qui, parole pesate, ma messaggio chiarissimo.
In un momento in cui il dibattito pubblico sembra una rissa permanente, l’intervento di oggi è stato un invito – forse l’ultimo davvero autorevole – a tornare a un terreno comune. Non di accordo, ma di rispetto. Non di silenzio, ma di misura.
Mattarella non ha alzato la voce. Non ne ha bisogno. Le sue bacchettate fanno rumore proprio perché arrivano quando il rumore di fondo è diventato assordante. E forse danno fastidio proprio per questo: perché ricordano che governare non significa vincere una battaglia culturale quotidiana, ma custodire le regole del gioco.
Se qualcuno, ieri, si è sentito punto sul vivo, probabilmente è perché la bacchetta ha colpito nel segno.
Le bacchettate di Mattarella
L’intervention d’hier devant l’Assemblée plénière du Consiglio Superiore della Magistratura n’avait rien du discours institutionnel classique à classer après un applaudissement de pure forme. L’allocution de Sergio Mattarella a plutôt résonné comme une série de coups de règle bien ajustés, distribués avec équilibre mais sans indulgence. À tous. Et c’est peut-être précisément pour cela qu’ils ont été particulièrement efficaces.
Le Président a parlé du respect des institutions, de l’équilibre entre les pouvoirs de l’État, du langage. Et lorsque Mattarella insiste sur le langage, il ne s’agit jamais d’une question de bienséance : c’est de la politique au sens le plus noble du terme. Car le langage façonne le climat, prépare les conflits, légitime les délégitimations. Et aujourd’hui, disons-le clairement, le climat est lourd.
La référence au ministre de la Justice Carlo Nordio était tout sauf fortuite. Sans jamais le nommer directement, Mattarella a rappelé que la critique est légitime, même sacrée en démocratie, mais que l’attaque systématique, la délégitimation permanente, le soupçon jeté en continu sur les institutions de garantie risquent de se retourner contre l’État lui-même. En clair : on peut tout réformer, mais on ne peut pas tout démolir à coups de pioche.
Et ici, le coup de règle s’élargit, car il ne concerne pas seulement Nordio, mais une certaine manière de faire de la politique que le centre-droit – surtout dans sa version la plus bruyante – semble avoir banalisée : des tons musclés, des mots qui flattent le ventre du pays, des ennemis toujours prêts à l’emploi. Magistrats, journalistes, intellectuels : tour à tour, il y a toujours quelqu’un à mettre au coin.
Mattarella, avec sa sobriété habituelle, a rappelé une chose simple et pourtant révolutionnaire : les institutions ne se combattent pas, elles se respectent. Même lorsqu’elles déplaisent. Même lorsqu’elles gênent. Même lorsqu’elles ne donnent pas raison. C’est le prix – et le privilège – de la démocratie constitutionnelle.
Mais attention : les coups de règle n’étaient pas à sens unique. Le Président s’est aussi adressé à la magistrature, l’appelant à la rigueur, à l’autorité qui naît des comportements et non des revendications corporatistes. L’autonomie n’est pas l’autoréférentialité. L’indépendance n’est pas le repli. Là aussi, des mots pesés, mais un message limpide.
À un moment où le débat public ressemble à une rixe permanente, l’intervention d’hier a été une invitation – peut-être la dernière réellement autorisée – à revenir sur un terrain commun. Pas celui de l’accord, mais celui du respect. Pas celui du silence, mais celui de la mesure.
Mattarella n’a pas élevé la voix. Il n’en a pas besoin. Ses coups de règle font du bruit précisément parce qu’ils arrivent quand le vacarme de fond est devenu assourdissant. Et s’ils dérangent, c’est sans doute pour cette raison : ils rappellent que gouverner ne signifie pas gagner chaque jour une bataille culturelle, mais préserver les règles du jeu.
Si quelqu’un, hier, s’est senti touché à vif, c’est probablement parce que la règle a frappé juste.




