ATTUALITÀ POLITICA - 15 ottobre 2026, 13:46

Maturité : la Vallée d’Aoste veut garantir les épreuves de français sans modifier les règles nationales

Réunie le mercredi 14 octobre 2026, la Ve Commission permanente du Conseil de la Vallée a donné un avis favorable au projet de loi régional visant à adapter l’organisation des épreuves de français à la réforme nationale de l’examen de maturité. Le texte prévoit, dès l’année scolaire 2026-2027, la présence d’un enseignant supplémentaire de français au sein des commissions d’examen, afin de préserver les spécificités linguistiques et statutaires de la Vallée d’Aoste. Les groupes Fratelli d’Italia et Lega Vallée d’Aoste se sont abstenus

Luisa Trione

Luisa Trione

Comment garantir le maintien des épreuves de français à l’examen de maturité sans entrer en contradiction avec les nouvelles règles nationales ? C’est à cette question que le projet de loi examiné par la Ve Commission permanente « Services sociaux » du Conseil de la Vallée entend apporter une réponse. Au-delà d’un ajustement technique de la réglementation scolaire, le texte touche à un enjeu essentiel pour la Vallée d’Aoste : la protection du bilinguisme et la reconnaissance de la spécificité de son système éducatif.

Réunie dans la matinée du 14 octobre 2026, la Commission a exprimé un avis favorable au projet de loi, présenté par le Gouvernement régional le 14 septembre 2026. Le vote a été marqué par l’abstention des groupes Fratelli d’Italia et Lega Vallée d’Aoste.

Composé de six articles, le texte modifie la loi régionale n° 11/2018, qui régit le déroulement des épreuves de français à l’examen d’État en Vallée d’Aoste. L’objectif est de permettre l’application de la réforme nationale de l’examen de maturité tout en maintenant les conditions nécessaires à l’évaluation des compétences en langue française dans le contexte scolaire valdôtain.

La principale mesure prévoit, à partir de l’année scolaire 2026-2027, l’intégration d’un enseignant supplémentaire de français dans les commissions chargées de l’examen de maturité en Vallée d’Aoste. Cette solution doit permettre d’assurer le déroulement des épreuves écrites et orales de français sans modifier les quatre disciplines définies chaque année au niveau national ni bouleverser la composition des commissions fixée par la législation de l’État.

La présidente de la Commission, Luisa Trione (CA), rapporteure du projet de loi, souligne que cette initiative répond à la nécessité de concilier les nouvelles dispositions nationales avec les particularités institutionnelles et linguistiques de la région. « Le projet découle de la nécessité d’adapter la réglementation régionale à la réforme nationale de l’examen de maturité, tout en préservant les spécificités de l’ordre scolaire valdôtain et les prérogatives statutaires de la Région en matière de bilinguisme », explique-t-elle.

Selon Luisa Trione, la solution retenue est le résultat d’un dialogue institutionnel avec le ministère italien de l’Éducation et du Mérite. Elle doit permettre de maintenir les épreuves de français sans intervenir sur les disciplines choisies au niveau national ni remettre en cause l’organisation générale des commissions d’examen.

L’enjeu dépasse ainsi la seule organisation pratique de la maturité. En Vallée d’Aoste, le français fait partie intégrante de l’identité historique, culturelle et institutionnelle du territoire. Sa place dans le parcours scolaire constitue l’un des fondements du bilinguisme régional, reconnu par le cadre statutaire de l’autonomie valdôtaine.

Le projet de loi cherche donc à préserver cet équilibre dans un contexte de réforme nationale, en identifiant une solution organisationnelle compatible avec les règles de l’État. Il s’agit de garantir aux élèves valdôtains la possibilité de passer leurs épreuves de français dans un cadre cohérent avec les particularités du système éducatif régional, sans modifier les disciplines nationales ni la structure des commissions.

L’avis favorable de la Ve Commission marque une étape dans le parcours institutionnel du texte. Celui-ci devra poursuivre son examen selon la procédure législative régionale avant son éventuelle adoption définitive. La question centrale reste celle de l’articulation entre les réformes nationales et les compétences particulières de la Vallée d’Aoste : un équilibre déterminant pour assurer la continuité du bilinguisme dans l’école valdôtaine.

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