FEDE E RELIGIONI - 03 ottobre 2026, 11:39

ÉVANGILE DE DIMANCHE: LES VIGNERONS HOMICIDES RONGÉS PAR LE VENIN DE LA JALOUSIE

XXVIIe DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE, ANNÉE A - À partir du 4 d’octobre, tous les dimanches et les jours de fête d’obligation, la Sainte Messe sera célébrée à 9 h 30 en l’église Saint-Martin-de-Corléans à Aoste. La Messe sera célébrée en français, animée par des chants en français et en latin interprétés par le chœur dirigé par Iris Boniface Stévenin, avec l’accompagnement musical à l’orgue assuré par le professeur Paolo Torrente, enseignant à la Sfom.

ÉVANGILE DE DIMANCHE: LES VIGNERONS HOMICIDES RONGÉS PAR LE VENIN DE LA JALOUSIE

Chers aimés de Dieu,

Nous venons de passer trois dimanches successifs à méditer les chapitres 20 et 21 de l'Évangile de Matthieu. La parole-clé qui revient souvent est la vigne.

Le peuple d'Israël avait été choisi comme vigne de Dieu. Le psaume 79 précise : « Il était ta vigne ; tu l'arraches d'Égypte, tu chasses des nations pour la planter. Devant elle, tu fais place nette ; elle prend racine et remplit le pays. »

Aujourd'hui, Jésus nous présente la dernière parabole des vignerons assassins qui veulent s'approprier la vigne du patron. La raison en est qu'ils sont tristes du bonheur du patron. Par conséquent, leur réaction est pathologique, car ils aiment le mal et se réjouissent de faire du mal, jusqu'à l'homicide.

Le venin qui ronge leur cœur porte le nom de jalousie.

Mais qui sont ces vignerons homicides qui vont jusqu'à tuer l'héritier ? Ces vignerons sont-ils à situer dans le passé ou sont-ils toujours présents dans l'Église du Seigneur, pèlerine dans le monde ?

Le Seigneur nous invite à la bonté et à l'humilité pour devenir de bons raisins.

1. LA DÉCEPTION DE DIEU

Sans être rancunier, Dieu est déçu par notre manque de correspondance à son amour pour nous.

Dans la première lecture, tirée du livre d'Isaïe, le prophète dénonce le comportement du peuple d'Israël. Dieu, par la bouche de son prophète, dit :

« Mon ami avait une vigne ; il en retourna la terre et en retira les pierres, pour y mettre un plant de qualité. Il en attendait de beaux raisins, mais elle en donna de mauvais. »

Les raisins de justice, de droiture et de bonté que Dieu attendait de sa vigne ne sont qu'abomination et détresse.

Quand l'homme, « ce plant de qualité », se détourne de Dieu, le mal devient inéluctable, inexorable.

L'Évangile reprend presque les mêmes paroles que la première lecture. Jésus dit :

« Un homme était propriétaire d'un domaine ; il planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il la donna en fermage à des vignerons et partit en voyage. »

Là aussi, le propriétaire nourrissait l'espoir de récolter de bons fruits : bon accueil, bonne collaboration avec ses serviteurs qu'il envoyait pour la vendange.

Malheureusement, les vignerons ont tué les uns, maltraité les autres et n'ont même pas épargné son fils.

Pourquoi cette violence ? Quelle est l'intention sous-jacente qui motive ces actes abominables ? Qui sont ces vignerons ?

2. LE MAL RADICAL EST LA JALOUSIE

Pourquoi le propriétaire part-il en voyage au lieu de veiller sur sa propriété ? S'agit-il d'une imprudence ou d'un acte de confiance et de liberté ?

Le grand péché de ces vignerons a un nom. Il s'agit de la jalousie, définie par saint Paul comme une manifestation de « l'humanité charnelle ». Il reproche aux Corinthiens leur attitude en ces termes :

« Du moment qu'il y a parmi vous jalousie et dispute, n'êtes-vous pas charnels et votre conduite n'est-elle pas toute humaine ? » (1 Co 3, 2-3).

La plupart des homicides, des assassinats, des violences tant physiques que verbales et des dissensions proviennent de ce virus qui ronge le cœur du méchant, que Georges Bernanos définit comme « le venin du cœur ».

Saint Augustin, dans La Cité de Dieu, décrit la jalousie comme « un désir d'une excellence perverse » (perverse celsitudinis appetitus, XIV, 13).

L'homme jaloux a peur de perdre sa place. Il s'irrite du bien d'autrui, résiste à la nouveauté et veut vivre dans le statu quo pour avoir le dernier mot.

La parabole de ce dimanche exprime clairement les raisons de la violence de ces vignerons homicides. Ils ont peur d'être contrôlés. Ils veulent prendre la place du patron.

L'homme jaloux est déicide avant d'être homicide. Il bouche les oreilles pour ne pas entendre la voix interpellative du cœur que les Grecs appellent « epimeleia » (mélodie intérieure).

Selon saint Bonaventure, l'image de la Trinité en nous se retrouve dans les trois facultés de l'âme : la mémoire, l'intelligence et la volonté.

Celui qui est rongé par le virus de la jalousie ne se souvient plus qu'il est un don de Dieu appelé à se donner gratuitement. Il est analphabète du grand livre de la création, dans la mesure où la contemplation (otium) de la beauté nous purifie de la violence.

La conséquence pratique de la contemplation est la gratitude, accompagnée par les œuvres de charité (negotium).

L'homme jaloux est privé d'humilité pour pouvoir apprécier ce qui est bon, beau et vrai dans l'autre.

Quand les vignerons ont vu le fils, ils se sont dit :

« Voici l'héritier : allons-y ! Tuons-le, nous aurons l'héritage ! »

Le fils a été crucifié hors de la ville ; une lance a percé son cœur. L'évangéliste Marc précise que les grands prêtres ont livré Jésus à Pilate par jalousie (Mc 15, 10).

En tuant l'héritier, les vignerons voulaient conquérir l'autonomie. Mais l'autonomie autoréférentielle conduit toujours à l'esclavage.

La vigne sera confiée à d'autres « qui en remettront le produit en temps voulu ». Jésus reprend ce jugement sévère en l'appliquant aux prêtres et aux pharisiens :

« Le Royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit. »

3. CETTE PARABOLE NOUS INTERPELLE

Cette parabole peut être comprise sous trois aspects.

D'abord, cette vigne est le peuple de Dieu, où cohabitent les fidèles et les infidèles, les bons et les méchants, ceux qui refusent la volonté du Père — les pharisiens et les grands prêtres — et les pécheurs convertis — les publicains et les prostituées.

Où est-ce que je me situe dans ces deux catégories ?

Ensuite, la parabole a une dimension ecclésiale.

Dans l'Église du Seigneur, où les infidélités ne manquent pas, tout n'est pas catholique. Les vignerons homicides dans l'Église ne tuent pas avec des armes matérielles, mais avec des armes subtiles qui blessent et tuent le cœur.

Heureusement que, dans l'Église, notre mère, « les puissances des enfers ne tiendront pas contre elle » (Mt 16, 18), nous rassure Jésus.

Enfin, la parabole souligne l'empire de l'iniquité dans le vaste champ du cœur de l'homme.

Notre cœur est la vigne du Seigneur. En nous cohabitent des vignerons homicides, rancuniers, qui étouffent et étranglent les vertus de justice et de bonté.

Que faire pour vaincre ce virus de la jalousie qui corrompt le cœur de l'homme ?

Dans l'attente du retour du Maître de la vigne, suivons ce conseil de saint Paul :

« Enfin, mes frères, tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d'être aimé et honoré, tout ce qui s'appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le en compte. »

4. PRIÈRE DE SUPPLICATION

C'est Toi, Seigneur, notre part d'héritage.

Accorde à tes fidèles la joie de te servir dans l'humilité et dans la simplicité du cœur, selon l'exemple de saint François d'Assise.

Extirpe en nous le virus de la jalousie qui engendre la haine, la division et la violence dans ta vigne.

Toi qui es bon pour qui se tourne vers toi, donne-nous un cœur nouveau.

Répands sur nous ta miséricorde pour former une communauté fraternelle, unie par toi qui es la pierre angulaire, cette clé de voûte sans laquelle toute construction humaine tombe en ruine.

Par ta grâce, jamais plus nous n'irons loin de toi et, sans fin, nous chanterons les merveilles de ton amour.

Amen.

Bon dimanche, frères et sœurs.

Paix et joie dans nos cœurs et dans le monde.

Ton frère,
Abbé Ferdinand Nindorera

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