C'è una cosa che la politica italiana riesce a fare meglio di qualsiasi altra: trasformare le proprie occasioni in occasioni per gli avversari.
È quello che sta accadendo alla sinistra. Disarmata, perché non riesce a trovare un'intesa politica credibile, un progetto comune, una proposta capace di anteporre alla destra un'alternativa riconoscibile. Disarmante, perché mentre la destra si trova alle prese con le proprie promesse e con le contraddizioni del governo, l'opposizione sembra fare di tutto per non approfittarne.
Prendiamo le accise sui carburanti. Per anni sono state un terreno di battaglia politica. La destra le ha utilizzate come simbolo della propria idea di fisco e di rapporto con i cittadini. Oggi, però, proprio quella promessa rischia di diventare un problema: se ha promesso di ridurle o eliminarle, prima o poi dovrà farlo. E nel frattempo il prezzo del gasolio galoppa, tornando a pesare sulle famiglie, sui pendolari, sugli autotrasportatori e su un'economia che già fatica.
È qui che l'opposizione dovrebbe entrare in campo con forza.
Non per limitarsi a dire “avevamo ragione”. Non per aspettare il prossimo sondaggio. E nemmeno per consumare l'ennesimo derby interno tra partiti, correnti e leadership.
Dovrebbe dire agli italiani una cosa semplice: ecco cosa faremmo noi.
Invece la sinistra continua a essere prigioniera del proprio problema più antico: mettere insieme ciò che spesso sembra inconciliabile. Le differenze sono legittime, le identità politiche sono importanti, ma quando diventano l'alibi per non costruire un'alternativa finiscono per essere un regalo all'avversario.
Perché la destra non ha bisogno soltanto dei propri consensi. Ha bisogno anche di un'opposizione incapace di trasformare il malcontento in una proposta politica.
E così può accadere l'assurdo: il prezzo del gasolio sale, una promessa elettorale rischia di diventare una cambiale da pagare, il costo della vita torna a mordere e la sinistra non riesce a trasformare tutto questo in una battaglia politica nazionale.
È una sinistra disarmata, dunque. Ma soprattutto disarmante.
Disarmante perché davanti alle difficoltà della maggioranza non riesce a costruire una sintesi. Disarmante perché continua a parlare soprattutto a se stessa, mentre fuori dai palazzi della politica c'è un Paese che guarda il prezzo alla pompa e si chiede quanto gli costerà arrivare alla fine del mese.
La politica, però, non si vince aspettando che l'avversario perda.
Si vince quando si riesce a convincere gli elettori che esiste un'alternativa migliore.
E oggi la vera responsabilità della sinistra non è soltanto quella di non riuscire a battere la destra. È quella di rischiare, con la propria inconcludenza, di diventare complice involontaria della sua permanenza al governo.
Perché se la destra promette di togliere le accise e poi deve fare i conti con il prezzo del gasolio, l'opposizione dovrebbe essere lì, pronta a presentare il conto politico.
Ma per presentare quel conto serve avere un'alternativa.
E finché quell'alternativa non ci sarà, la destra potrà continuare a governare anche grazie a una sinistra che, più che sconfitta, appare semplicemente incapace di combattere.
Sinistra disarmata e disarmante
Il est un paradoxe dont la politique italienne semble avoir fait une spécialité : transformer les difficultés de ses adversaires en opportunités pour ces derniers.
C’est précisément ce qui arrive aujourd’hui à la gauche italienne. Désarmée, parce qu’elle ne parvient pas à construire une entente politique crédible, un projet commun, une alternative suffisamment claire pour s’opposer à la droite. Désarmante, parce qu’au moment même où la majorité se trouve confrontée à ses propres promesses et à leurs contradictions, l’opposition semble incapable d’en tirer le moindre avantage politique.
La question des accises sur les carburants en est l’illustration la plus évidente.
Pendant des années, leur suppression ou leur réduction a constitué l’un des marqueurs du discours de la droite. Aujourd’hui, cette promesse revient comme une dette politique qu’il faudra bien honorer. Et pendant ce temps, le prix du gazole s’envole, pesant à nouveau sur les ménages, les travailleurs qui prennent leur voiture, les transporteurs et, plus largement, sur une économie déjà soumise à de fortes tensions.
C’est précisément à cet endroit que l’opposition devrait être en mesure de reprendre l’initiative.
Non pas en répétant simplement : « Nous avions raison ». Non pas en attendant le prochain sondage. Et encore moins en s’épuisant dans les éternelles querelles de leadership, de courants et d’appareils.
Elle devrait pouvoir dire aux Italiens une chose beaucoup plus simple : voilà ce que nous ferions.
Or la gauche demeure prisonnière de son problème historique : parvenir à unir ce qui, en son sein, paraît souvent irréconciliable. Les différences sont légitimes, les identités politiques ont leur importance. Mais lorsqu’elles deviennent un prétexte pour ne pas construire une alternative, elles cessent d’être une richesse et deviennent un cadeau offert à l’adversaire.
Car la droite n’a pas seulement besoin de ses propres électeurs. Elle a aussi besoin d’une opposition incapable de transformer le mécontentement en proposition politique.
Le paradoxe est alors saisissant : le prix du gazole augmente, une promesse électorale de la majorité se transforme en échéance difficile à honorer, le coût de la vie revient au premier plan et, pourtant, la gauche ne parvient pas à faire de cette situation une véritable bataille politique nationale.
C’est une gauche désarmée.
Mais surtout, une gauche désarmante.
Désarmante parce qu’elle ne sait pas transformer les difficultés de la majorité en une proposition politique. Désarmante parce qu’elle continue trop souvent à parler à elle-même, tandis qu’à l’extérieur des palais de la politique, les citoyens regardent le prix affiché à la pompe et se demandent combien leur coûtera encore la vie quotidienne.
La politique ne se gagne pourtant pas en attendant que l’adversaire perde.
Elle se gagne lorsque l’on parvient à convaincre les électeurs qu’une autre voie est possible — et qu’elle est préférable.
La véritable faiblesse de la gauche italienne n’est donc pas seulement son incapacité à battre la droite. C’est le risque qu’elle prend, par son impuissance à s’unir et à proposer, de devenir la complice involontaire de la longévité de la majorité.
Car lorsque la droite promet de supprimer les accises et se retrouve ensuite confrontée à la hausse du prix du gazole, l’opposition devrait être là, prête à présenter la facture politique.
Mais pour présenter cette facture, encore faut-il disposer d’une alternative.
Et tant que cette alternative n’existera pas, la droite pourra continuer à gouverner — non seulement grâce à ses propres forces, mais aussi grâce à une gauche qui, plus que battue, semble avoir renoncé à combattre.





