Chez Nous - 11 maggio 2026, 08:00

Quels idéaux

Quali ideali

Quels idéaux

“Émile Chanoux non è morto per sapere se 3+1 fa 2, 3 o 4, o chissà quanto. E ancor meno per farselo dire dalla Magistratura. Se siamo arrivati a questo punto in Valle d’Aosta, per chi, per quali ideali è morto Chanoux?”.

Le parole, amare e provocatorie, arrivano da un lettore della Bassa Valle. Ma potrebbero essere pronunciate oggi da tanti valdostani che osservano con crescente disillusione lo spettacolo offerto dalla politica regionale. Perché al netto delle formule, dei comunicati prudenti, delle diplomazie da corridoio e dei sorrisi di circostanza, la domanda resta lì, pesante come una pietra: quali ideali stanno ancora sorreggendo l’autonomia valdostana?

Da settimane il dibattito politico sembra ridotto a un esercizio aritmetico. Tre più uno, due contro quattro, maggioranze ballerine, verifiche, appoggi esterni, equilibri fragili. Una politica che appare sempre più concentrata sulla sopravvivenza del Palazzo e sempre meno sulla direzione da dare alla Valle d’Aosta. E quando le tensioni arrivano persino nelle aule giudiziarie o vengono subordinate all’interpretazione della Magistratura, allora il disagio cresce. Non perché la Magistratura non debba fare il proprio lavoro — ci mancherebbe — ma perché una comunità autonoma dovrebbe avere la forza politica e morale di risolvere i propri nodi dentro la politica stessa, non delegando altrove ciò che dovrebbe essere affrontato con chiarezza e responsabilità.

Émile Chanoux non è un santino da tirare fuori nelle commemorazioni ufficiali, nei cortei o nei discorsi istituzionali di circostanza. Chanoux era un pensiero politico. Era una visione. Era il coraggio di immaginare una comunità alpina autonoma, responsabile, europea, capace di autogovernarsi senza piegarsi ai centralismi e senza smarrire il senso del bene collettivo.

Oggi invece la sensazione diffusa è che l’autonomia venga spesso trattata come un meccanismo di gestione del potere più che come uno strumento di emancipazione politica e culturale. Si discute di assetti, di assessorati, di alchimie consiliari, ma raramente si sente parlare di futuro. Quale Valle d’Aosta vogliamo tra dieci o vent’anni? Quale idea di autonomia vogliamo trasmettere ai giovani? Quale ruolo per il francese, per la montagna, per i servizi, per l’identità alpina, per l’economia di una regione che rischia lentamente di diventare periferia mentale prima ancora che geografica?

La verità è che la crisi valdostana non è soltanto numerica. È soprattutto ideale. Mancano riferimenti forti, manca una narrazione collettiva, manca forse anche il coraggio di dire che l’autonomia non può vivere soltanto di rendita storica. Perché le autonomie sopravvivono se sanno essere credibili, autorevoli e utili ai cittadini. Altrimenti diventano gusci vuoti, facilmente attaccabili dall’esterno e sempre più incomprensibili all’interno.

E allora quella frase del lettore non va liquidata come uno sfogo nostalgico. È una domanda politica vera. Forse persino scomoda. Ma necessaria.

Per chi, per quali ideali è morto Chanoux?

Di certo non per assistere a una politica che sembra aver smarrito il senso della propria missione storica. Non per vedere l’autonomia ridotta a una continua conta di voti o a un eterno equilibrio precario tra correnti e personalismi. E nemmeno per una Valle d’Aosta dove spesso il dibattito pubblico appare più concentrato sulle tattiche che sulle visioni.

Forse il problema è proprio questo: abbiamo custodito le istituzioni dell’autonomia, ma rischiamo di avere dimenticato l’anima che le aveva generate.

Quali ideali

« Émile Chanoux n’est pas mort pour savoir si 3+1 font 2, 3 ou 4, ou allez savoir combien. Et encore moins pour se le faire dire par la Magistrature. Si nous en sommes arrivés à ce point en Vallée d’Aoste, pour qui, pour quels idéaux Chanoux est-il mort ? »

Ces paroles, amères et provocatrices, viennent d’un lecteur de la Basse Vallée. Mais aujourd’hui, beaucoup de Valdôtains pourraient les prononcer en observant avec une désillusion croissante le spectacle offert par la politique régionale. Car au-delà des formules, des communiqués prudents, des diplomaties de couloir et des sourires de circonstance, la question demeure là, lourde comme une pierre : quels idéaux soutiennent encore l’autonomie valdôtaine ?

Depuis des semaines, le débat politique semble réduit à un exercice arithmétique. Trois plus un, deux contre quatre, majorités vacillantes, vérifications, soutiens extérieurs, équilibres fragiles. Une politique qui paraît de plus en plus concentrée sur la survie du Palais et de moins en moins sur la direction à donner à la Vallée d’Aoste. Et lorsque les tensions finissent même dans les salles de justice ou se retrouvent subordonnées à l’interprétation de la Magistrature, alors le malaise grandit. Non pas parce que la Magistrature ne devrait pas faire son travail — bien au contraire — mais parce qu’une communauté autonome devrait avoir la force politique et morale de résoudre ses propres nœuds au sein même de la politique, sans déléguer ailleurs ce qui devrait être affronté avec clarté et responsabilité.

Émile Chanoux n’est pas une image pieuse que l’on ressort lors des commémorations officielles, des défilés ou des discours institutionnels de circonstance. Chanoux était une pensée politique. C’était une vision. C’était le courage d’imaginer une communauté alpine autonome, responsable, européenne, capable de se gouverner elle-même sans se plier aux centralismes et sans perdre le sens du bien commun.

Aujourd’hui, au contraire, le sentiment diffus est que l’autonomie est souvent traitée comme un mécanisme de gestion du pouvoir plutôt que comme un instrument d’émancipation politique et culturelle. On discute d’équilibres, d’assessorats, d’alchimies de majorité, mais rarement d’avenir. Quelle Vallée d’Aoste voulons-nous dans dix ou vingt ans ? Quelle idée de l’autonomie voulons-nous transmettre aux jeunes ? Quel rôle pour le français, pour la montagne, pour les services, pour l’identité alpine, pour l’économie d’une région qui risque lentement de devenir une périphérie mentale avant même d’être géographique ?

La vérité, c’est que la crise valdôtaine n’est pas seulement numérique. Elle est surtout idéologique. Il manque des références fortes, il manque un récit collectif, il manque peut-être aussi le courage de dire que l’autonomie ne peut pas vivre uniquement de rente historique. Car les autonomies survivent si elles savent être crédibles, autorisées et utiles aux citoyens. Sinon, elles deviennent des coquilles vides, facilement attaquables de l’extérieur et de plus en plus incompréhensibles à l’intérieur.

Alors cette phrase du lecteur ne doit pas être liquidée comme un simple accès de nostalgie. C’est une véritable question politique. Peut-être même dérangeante. Mais nécessaire.

Pour qui, pour quels idéaux Chanoux est-il mort ?

Certainement pas pour assister à une politique qui semble avoir perdu le sens de sa mission historique. Pas pour voir l’autonomie réduite à un comptage permanent de voix ou à un équilibre précaire éternel entre courants et personnalismes. Et pas non plus pour une Vallée d’Aoste où le débat public paraît souvent plus concentré sur les tactiques que sur les visions.

Peut-être que le problème est précisément celui-ci : nous avons préservé les institutions de l’autonomie, mais nous risquons d’avoir oublié l’âme qui les avait fait naître.

piero.minuzzo@gmail.com

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