FEDE E RELIGIONI - 26 aprile 2026, 08:00

La leçon de Mattarella

La lezione di Mattarella

La leçon de Mattarella

C’è un modo di parlare alla storia senza alzare la voce: basta ricordare bene, e nel punto giusto. È quello che ha fatto ieri Sergio Mattarella a San Severino Marche, trasformando la commemorazione del 25 Aprile in qualcosa di più scomodo: una bussola morale per il presente.

Il suo discorso non è una celebrazione, ma una sorta di fiume carsico: scorre sotto la superficie della retorica ufficiale e riemerge dove fa più male. Parte dalla memoria della Liberazione — il 25 aprile come radice viva — ma non resta confinato nel passato. Al contrario, lo usa come una lente per leggere l’oggi.

La prima lezione è limpida: la Resistenza non è un monumento, è una scelta. Mattarella la restituisce alla sua verità concreta, fatta di contadini strappati alla terra, giovani renitenti, sacerdoti uccisi, donne travolte dalla violenza. Non un mito astratto, ma una somma di vite spezzate e di dignità ostinata. È come se dicesse: la libertà non nasce nei palazzi, ma nelle crepe della storia, dove qualcuno decide di non piegarsi.

E qui arriva la prima, elegante tirata d’orecchi — senza nominarlo, ma chiarissima — a chi oggi banalizza o relativizza. Quando insiste sul fatto che non si tratta di “posizioni ideologiche”, Mattarella in realtà smonta proprio quelle letture revisioniste o distratte che cercano di annacquare il senso della Liberazione. Non è ideologia: è fondamento della Repubblica.

Il passaggio più potente, però, è quello sulla pace. Qui il discorso cambia passo, come un cielo che si oscura all’improvviso. Il Presidente parla di “antistoriche velleità” che vogliono indebolire i percorsi di cooperazione internazionale, e di un mondo che sembra dimenticare la lezione delle guerre. Tradotto: c’è chi oggi gioca con il fuoco, pensando di poter tornare indietro nella storia.

E allora la memoria diventa accusa.

Perché quando Mattarella richiama il valore della pace come diritto di ogni popolo, sta parlando anche a chi — governi compresi — accetta, giustifica o alimenta conflitti. Non serve fare nomi: il bersaglio è chiaro. È una critica a quella politica internazionale che si nutre di ambiguità, che parla di sicurezza mentre alimenta instabilità, che invoca la difesa mentre tollera — o peggio favorisce — economie di guerra.

E qui il discorso si allarga ancora, come un cerchio nell’acqua. Quando si parla di guerra, non si parla solo di eserciti. Si parla anche di chi sulla guerra costruisce ricchezza. I veri convitati di pietra sono i mercanti di armi, i “distributori di morte e drammi”, quelli che trasformano i conflitti in fatturato e i popoli più fragili in terreno di conquista.

Mattarella non li nomina, ma li isola moralmente. È come se accendesse una luce improvvisa su una stanza che molti preferiscono tenere in penombra: quella in cui la guerra non è solo tragedia, ma anche business. E quella luce dà fastidio.

Allo stesso modo, c’è un messaggio implicito rivolto al governo italiano — e più in generale alla classe politica: la fedeltà alla Costituzione non è una formula rituale, è una responsabilità concreta. Difendere la pace, rafforzare le istituzioni internazionali, credere nell’Europa non sono opzioni, ma obblighi morali e politici. Chi tentenna, chi strizza l’occhio a logiche di potenza o a sovranismi miopi, si mette fuori da quella lezione.

Il discorso è attraversato da una metafora silenziosa ma potente: quella della soglia. La Liberazione come porta aperta — proprio come nel Vangelo citato da Ronchi, verrebbe da dire — tra un passato di oppressione e un futuro di libertà. Ma ogni porta può essere richiusa. E Mattarella sembra dirci: attenzione, perché le porte della storia non restano aperte da sole.

C’è poi un altro livello, più sottile ma altrettanto incisivo. Quando richiama ONU e il progetto europeo, Mattarella non fa un elogio formale: difende un’architettura fragile. È come un argine costruito dopo una piena devastante. Se lo si indebolisce, l’acqua torna. E l’acqua, in questo caso, è la guerra.

Infine, il richiamo a William Faulkner — “il passato non è mai morto, non è neanche passato” — è la chiave di tutto. Non è una citazione letteraria: è un avvertimento. La storia non è alle spalle, è sotto i nostri piedi. E se non la si riconosce, si rischia di calpestare le stesse mine.

La lezione di Mattarella, in fondo, è questa: la libertà non è un’eredità garantita, è un equilibrio precario. Sta in piedi finché qualcuno la difende — non solo con le parole, ma con le scelte.

E oggi, tra guerre normalizzate, interessi economici travestiti da strategie geopolitiche e una politica spesso troppo timida, quella lezione suona come una domanda scomoda: da che parte stiamo davvero?

La lezione di Mattarella

Il existe une manière de parler à l’histoire sans élever la voix : il suffit de bien se souvenir, et au bon moment. C’est ce qu’a fait hier Sergio Mattarella à San Severino Marche, transformant la commémoration du 25 avril en quelque chose de plus dérangeant : une boussole morale pour le présent.

Son discours n’est pas une célébration, mais une sorte de fleuve karstique : il coule sous la surface de la rhétorique officielle et réapparaît là où cela fait le plus mal. Il part de la mémoire de la Libération — le 25 avril comme racine vivante — mais ne reste pas enfermé dans le passé. Au contraire, il l’utilise comme une lentille pour lire le présent.

La première leçon est limpide : la Résistance n’est pas un monument, c’est un choix. Mattarella la restitue à sa vérité concrète, faite de paysans arrachés à la terre, de jeunes réfractaires, de prêtres tués, de femmes emportées par la violence. Non pas un mythe abstrait, mais une somme de vies brisées et de dignité obstinée. C’est comme s’il disait : la liberté ne naît pas dans les palais, mais dans les fissures de l’histoire, là où quelqu’un décide de ne pas se plier.

Et c’est ici qu’arrive la première, élégante remontrance — sans la nommer, mais parfaitement claire — à ceux qui, aujourd’hui, banalisent ou relativisent. Lorsqu’il insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de « positions idéologiques », Mattarella démonte en réalité ces lectures révisionnistes ou distraites qui cherchent à diluer le sens de la Libération. Ce n’est pas une idéologie : c’est le fondement de la République.

Le passage le plus puissant, toutefois, est celui sur la paix. Ici, le discours change de rythme, comme un ciel qui s’assombrit soudainement. Le Président évoque des « velléités anachroniques » qui veulent affaiblir les parcours de coopération internationale, et un monde qui semble oublier la leçon des guerres. Traduction : certains jouent aujourd’hui avec le feu, pensant pouvoir remonter le cours de l’histoire.

Et alors la mémoire devient accusation.

Car lorsque Mattarella rappelle la valeur de la paix comme droit de chaque peuple, il s’adresse aussi à ceux — gouvernements compris — qui acceptent, justifient ou alimentent les conflits. Inutile de citer des noms : la cible est claire. C’est une critique d’une politique internationale nourrie d’ambiguïtés, qui parle de sécurité tout en alimentant l’instabilité, qui invoque la défense tout en tolérant — voire en favorisant — des économies de guerre.

Et le discours s’élargit encore, comme des cercles dans l’eau. Quand on parle de guerre, on ne parle pas seulement d’armées. On parle aussi de ceux qui construisent leur richesse sur la guerre. Les véritables convives de pierre sont les marchands d’armes, les « distributeurs de mort et de drames », ceux qui transforment les conflits en chiffre d’affaires et les peuples les plus fragiles en terrain de conquête.

Mattarella ne les nomme pas, mais les isole moralement. C’est comme s’il allumait soudainement la lumière dans une pièce que beaucoup préfèrent laisser dans la pénombre : celle où la guerre n’est pas seulement une tragédie, mais aussi un business. Et cette lumière dérange.

De la même manière, il y a un message implicite adressé au gouvernement italien — et plus largement à la classe politique : la fidélité à la Constitution n’est pas une formule rituelle, c’est une responsabilité concrète. Défendre la paix, renforcer les institutions internationales, croire en l’Europe ne sont pas des options, mais des obligations morales et politiques. Ceux qui hésitent, ceux qui font des clins d’œil à des logiques de puissance ou à des souverainismes myopes, se placent en dehors de cette leçon.

Le discours est traversé par une métaphore silencieuse mais puissante : celle du seuil. La Libération comme une porte ouverte — comme dans l’Évangile évoqué par Ronchi, pourrait-on dire — entre un passé d’oppression et un avenir de liberté. Mais chaque porte peut être refermée. Et Mattarella semble nous dire : attention, car les portes de l’histoire ne restent pas ouvertes toutes seules.

Il y a ensuite un autre niveau, plus subtil mais tout aussi incisif. Lorsqu’il évoque l’Organisation des Nations Unies et le projet européen, Mattarella ne fait pas un éloge formel : il défend une architecture fragile. C’est comme une digue construite après une crue dévastatrice. Si on l’affaiblit, l’eau revient. Et l’eau, dans ce cas, c’est la guerre.

Enfin, la référence à William Faulkner — « le passé n’est jamais mort, il n’est même pas passé » — est la clé de tout. Ce n’est pas une citation littéraire : c’est un avertissement. L’histoire n’est pas derrière nous, elle est sous nos pieds. Et si on ne la reconnaît pas, on risque de marcher sur les mêmes mines.

La leçon de Mattarella, au fond, est celle-ci : la liberté n’est pas un héritage garanti, c’est un équilibre précaire. Elle tient debout tant que quelqu’un la défend — non seulement avec des mots, mais avec des choix.

Et aujourd’hui, entre des guerres normalisées, des intérêts économiques déguisés en stratégies géopolitiques et une politique souvent trop timide, cette leçon résonne comme une question dérangeante : de quel côté sommes-nous vraiment ?

piero.minuzzo@gmail.com

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