Oggi non è una data qualsiasi. È la Festa della Liberazione. E già questo, da solo, dovrebbe bastare a imporre rispetto. Non retorica, non celebrazione vuota: rispetto. Perché 81 anni fa, nel 1945, l’Italia usciva da un incubo fatto di dittatura, guerra, occupazione nazista e guerra civile. Non fu una passeggiata, non fu un passaggio istituzionale ordinato: fu una liberazione conquistata con le armi, con il sangue, con scelte difficili e spesso tragiche.
Chi oggi banalizza il 25 aprile o lo riduce a “festa divisiva” o “retaggio ideologico” dovrebbe avere l’onestà intellettuale di dire una cosa semplice: senza quel giorno, senza la Resistenza, oggi non esisterebbe la democrazia italiana. Punto.
E invece no. Da anni assistiamo a un lento, ma costante, svuotamento di significato. Un’operazione culturale prima ancora che politica. Si prova a mettere sullo stesso piano chi combatteva per la libertà e chi difendeva un regime totalitario. Si parla di “memoria condivisa” come se la storia fosse una cena tra amici da pacificare. Ma la storia non funziona così: ci sono responsabilità, ci sono colpe, ci sono scelte.
E oggi, nel 2026, il clima è ancora più pesante.
Con il governo guidato da Giorgia Meloni, assistiamo a una narrazione sempre più ambigua. Non necessariamente esplicita, ma costante. Parole misurate, sì, ma accompagnate da un ecosistema politico e culturale che tende a riscrivere, limare, attenuare. Il termine “patrioti” viene sbandierato come se bastasse amare la patria per avere automaticamente ragione. Ma la storia insegna il contrario: anche il fascismo si definiva patriottico.
Il problema non è amare l’Italia. Il problema è come la si ama.
Se l’amore per la patria diventa esclusione, identità rigida, chiusura verso l’altro, allora non è più amore: è nazionalismo. Ed è proprio lì che si infilano i sovranismi contemporanei, che non hanno bisogno di camicie nere o saluti romani per essere pericolosi. Basta un linguaggio semplificato, un nemico da indicare, una memoria da riscrivere.
E qui sta il punto più delicato.
Il rischio non è un ritorno caricaturale del fascismo. Quello non tornerà in quella forma. Il rischio è molto più subdolo: una progressiva normalizzazione di idee che 81 anni fa sono state sconfitte. Una stanchezza collettiva verso la memoria. Un fastidio crescente per chi ricorda.
Quando il 25 aprile diventa “una festa come le altre”, quando si chiede di “non fare polemica”, quando si invita al silenzio per non disturbare, significa che qualcosa si è rotto.
Perché il 25 aprile è polemica. È scelta. È conflitto tra visioni del mondo. Non può essere neutrale, perché non lo è mai stato.
Oggi non serve sventolare bandiere per fare bella figura. Serve dire chiaramente da che parte si sta. Senza ambiguità, senza equilibrismi.
Dalla parte di chi ha liberato il Paese o dalla parte di chi quella libertà la considera ormai scontata, fastidiosa, ingombrante?
Perché la verità è che la libertà non si perde tutta insieme. Si consuma lentamente. Un pezzo alla volta. Una parola alla volta. Una memoria alla volta.
E quando te ne accorgi, spesso è già tardi.
Oggi 25 aprile: memoria o fastidio?
Aujourd’hui, ce n’est pas une date comme les autres. C’est la Fête de la Libération. Et rien que ça devrait imposer un minimum de respect. Pas de la rhétorique en carton, pas une célébration creuse : du respect. Parce qu’il y a 81 ans, en 1945, l’Italie sortait d’un cauchemar fait de dictature, de guerre, d’occupation nazie et de guerre civile. Ce n’était pas une formalité administrative, ni une transition bien propre : c’était une libération arrachée avec des armes, du sang, et des choix souvent tragiques.
Ceux qui aujourd’hui banalisent le 25 avril ou le réduisent à une « fête qui divise » ou à un « héritage idéologique » devraient au moins avoir l’honnêteté de dire une chose simple : sans ce jour-là, sans la Résistance, la démocratie italienne n’existerait pas. Point barre.
Mais non. Depuis des années, on assiste à un lent grignotage du sens. Une opération culturelle avant même d’être politique. On essaye de mettre sur le même plan ceux qui se battaient pour la liberté et ceux qui défendaient un régime totalitaire. On nous vend une « mémoire partagée » comme si l’histoire était un dîner entre copains à réconcilier autour d’une bonne bouteille. Sauf que non : l’histoire, ça pique. Il y a des responsabilités, des fautes, des choix.
Et aujourd’hui, en 2026, l’ambiance est encore plus lourde.
Avec le gouvernement dirigé par Giorgia Meloni, on voit s’installer une narration de plus en plus ambiguë. Pas forcément frontale, mais constante. Des mots pesés, oui, mais un climat qui réécrit, qui édulcore, qui rabote. Le mot « patriotes » est brandi comme un passe-partout : tu aimes ton pays, donc tu as raison. Sauf que l’histoire dit exactement l’inverse. Le fascisme aussi se disait patriotique.
Le problème, ce n’est pas d’aimer l’Italie. Le problème, c’est comment on l’aime.
Quand l’amour du pays devient exclusion, identité figée, méfiance envers tout ce qui dépasse, ce n’est plus de l’amour : c’est du nationalisme. Et c’est précisément là que se glissent les souverainismes version 2026. Pas besoin de chemises noires ni de salut romain pour foutre le bazar : il suffit d’un discours simpliste, d’un ennemi à désigner, et d’une mémoire à tripatouiller.
Et c’est là que ça devient franchement inquiétant.
Le danger, ce n’est pas le retour folklorique du fascisme avec ses vieux costumes. Ça, c’est bon pour les musées. Le vrai risque, il est plus sournois : la normalisation tranquille d’idées que l’histoire avait pourtant déjà envoyées à la poubelle. Une fatigue générale face à la mémoire. Un ras-le-bol de ceux qui rappellent.
Quand le 25 avril devient « une fête comme une autre », quand on te dit « évitons les polémiques », quand on t’invite gentiment à la fermer pour ne pas déranger, c’est qu’il y a un problème.
Parce que le 25 avril, par définition, c’est une prise de position. C’est un choix. C’est un conflit entre deux visions du monde. Ce n’est pas neutre. Ça ne l’a jamais été.
Aujourd’hui, pas besoin de brandir un drapeau pour faire joli sur la photo. Il faut juste être clair : de quel côté on est. Sans contorsions, sans faux équilibre.
Du côté de ceux qui ont libéré le pays ?
Ou du côté de ceux pour qui cette liberté est devenue encombrante, gênante, presque de trop ?
Parce que la vérité, c’est que la liberté ne disparaît pas d’un coup. Elle s’use. Lentement.
Un morceau à la fois.
Un mot à la fois.
Un souvenir à la fois.
Et quand tu t’en rends compte… en général, c’est déjà trop tard.





