Il y a des fils invisibles qui relient les langues aux territoires, mais plus encore les personnes à leurs souvenirs. C’est sur ce fil délicat que s’inscrit le nouveau projet porté par l’Union de la Presse Francophone – section de la Vallée d’Aoste, une initiative qui ne se contente pas de célébrer la francophonie, mais qui la fait vivre à travers les histoires de ceux qui la pratiquent.
Intitulé “Ma francophonie, d’ici, d’ailleurs”, le projet est réalisé en collaboration avec le Comité des Traditions Valdôtaines et l’Alliance Française de la Vallée d’Aoste. Son ambition est simple et puissante à la fois : offrir à toute personne résidant en Vallée d’Aoste la possibilité de raconter, sous forme de reportage audiovisuel, une histoire personnelle liée à la francophonie, qu’elle soit née ici ou ailleurs dans le monde.
Il ne s’agit pas d’un concours classique, mais d’un véritable laboratoire de récits. Les projets les plus pertinents seront sélectionnés et accompagnés tout au long de leur réalisation, avec un encadrement professionnel permettant de transformer une idée personnelle en une œuvre audiovisuelle accessible à un large public, en Vallée d’Aoste et au-delà.
L’un des aspects les plus forts de l’initiative est son caractère entièrement inclusif : aucune limite d’âge, aucune compétence technique requise, aucune barrière d’accès. Seule compte la qualité du projet et sa capacité à raconter la francophonie comme une expérience vécue, intime et universelle.
Comme le souligne le président de l’UPF Vallée d’Aoste, Joseph Péaquin, « la francophonie n’est pas seulement une langue, mais un espace de rencontres, de mémoires et de regards croisés entre ici et ailleurs ». Une définition qui résume l’esprit du projet : non pas un exercice académique, mais un voyage au cœur des identités.
Il ajoute également : « Chaque histoire personnelle devient un pont. Et chaque pont raconte quelque chose de la Vallée d’Aoste, mais aussi du monde ». Une vision qui transforme la langue en lien vivant entre les personnes.
Au cœur de cette initiative, il y a précisément cette idée : faire de la francophonie un récit pluriel, où il n’existe pas de périphéries, mais uniquement des points de vue différents. Un mosaïque d’histoires qui, ensemble, dessine le portrait d’une communauté ouverte, enracinée et en mouvement.
Les candidatures sont déjà ouvertes et doivent être envoyées avant le 10 mai 2026 à l’adresse info@upfvda.org, accompagnées d’un projet d’environ trente lignes, d’une motivation personnelle et d’une brève présentation du candidat.
À une époque où les langues risquent souvent de devenir des étiquettes ou des symboles figés, cette initiative inverse la logique : la francophonie ne s’enseigne pas seulement, elle se vit, elle se raconte, elle se partage. Et surtout, elle se construit ensemble.
Et peut-être est-ce là sa force la plus profonde : ne pas être un héritage à conserver, mais une histoire encore à écrire.





