Chez Nous - 18 aprile 2026, 08:00

Assurer les vices

Assicurare i vizi

Assurer les vices

Viviamo in un Paese in cui lo Stato pretende – giustamente, per certi versi – che le imprese si assicurino contro le calamità naturali. Terremoti, alluvioni, frane: eventi spesso imprevedibili, inevitabili, fuori dal controllo umano. Eppure lì si impone un principio chiaro: il rischio va gestito, e chi produce deve contribuire a coprirne i costi.

Poi però giri l’angolo e trovi l’assurdo.

Perché quando il danno è volontario, reiterato, consapevole – fumo, abuso di alcol, droghe, stili di vita distruttivi – improvvisamente tutto diventa collettivo. Il conto arriva comunque. E lo paga la sanità pubblica. Lo pagano tutti. Anche chi non fuma, non beve, non si droga e cerca, nel limite umano del possibile, di non autodistruggersi.

È qui che la tua proposta diventa una mina politica.

Se il principio è che chi genera un rischio deve contribuire a coprirlo, allora perché questo principio vale per le imprese e non per gli individui? Perché chi devasta volontariamente il proprio corpo deve essere completamente deresponsabilizzato dal punto di vista economico?

Attenzione: nessuno sta dicendo di vietare. Nessuno propone uno Stato etico che entra nelle case o nei bicchieri. Ognuno è libero di farsi del male, ci mancherebbe. Ma la libertà, se è autentica, ha sempre un prezzo. E quel prezzo non può essere scaricato interamente sugli altri.

I numeri sono lì, freddi e impietosi: il tabagismo costa allo Stato miliardi e provoca oltre 93.000 morti all’anno. Non stiamo parlando di casi isolati, ma di un fenomeno strutturale. E lo stesso vale, in misura diversa, per l’alcolismo e le dipendenze.

Allora la domanda diventa inevitabile: è giusto che la collettività si faccia carico indistintamente delle conseguenze di comportamenti volontari e dannosi?

La risposta comoda è sì. La risposta politicamente corretta è sì. La risposta onesta… è molto più scomoda.

Perché qui si tocca il tabù dell’irresponsabilità individuale travestita da diritto acquisito.

La proposta provocatoria è semplice nella sua brutalità: introduciamo un obbligo assicurativo per chi adotta stili di vita ad alto rischio sanitario. Non per punire, ma per responsabilizzare. Non per escludere, ma per riequilibrare.

Vuoi fumare? Sei libero. Ma contribuisci in modo diretto ai costi sanitari che con alta probabilità genererai. Vuoi bere oltre ogni misura? Stesso discorso. Vuoi assumere sostanze che sai benissimo essere dannose? Nessuno ti ferma, ma non può essere sempre e solo la collettività a pagare.

È una linea dura? Certo. È divisiva? Assolutamente. Ma è anche tremendamente coerente.

Perché oggi il sistema manda un messaggio ambiguo: “Fai pure, tanto paga qualcun altro”.

E questo, alla lunga, non è né solidarietà né civiltà. È deresponsabilizzazione organizzata.

Poi, sia chiaro: il rischio di scivolare in derive classiste o discriminatorie esiste, eccome. E una misura del genere andrebbe costruita con estrema attenzione, evitando di colpire i più fragili o chi vive già ai margini. Ma usare questa difficoltà come alibi per non affrontare il problema è la solita scorciatoia.

Il punto politico vero è un altro: vogliamo continuare a fingere che tutte le scelte individuali abbiano lo stesso peso collettivo, oppure iniziamo a distinguere?

Perché una società che socializza sempre i costi e privatizza sempre i comportamenti finisce per premiare l’irresponsabilità e penalizzare chi prova a fare la propria parte.

E allora sì, la provocazione resta lì, scomoda e urticante: chi vuole intossicarsi volontariamente, si assicuri.

Non per moralismo. Ma per giustizia.

Assicurare i vizi

Nous vivons dans un pays où l’État exige – à juste titre, sous certains aspects – que les entreprises s’assurent contre les catastrophes naturelles. Tremblements de terre, inondations, glissements de terrain : des événements souvent imprévisibles, inévitables, hors du contrôle humain. Et pourtant, un principe clair s’impose : le risque doit être géré, et ceux qui produisent doivent contribuer à en couvrir les coûts.

Mais il suffit de tourner le coin de la rue pour tomber sur l’absurde.

Car lorsque le dommage est volontaire, répété, conscient – tabac, abus d’alcool, drogues, modes de vie destructeurs – soudain, tout devient collectif. La facture arrive quand même. Et c’est le système de santé publique qui paie. Tout le monde paie. Même ceux qui ne fument pas, ne boivent pas, ne se droguent pas et qui tentent, dans les limites du possible, de ne pas s’autodétruire.

C’est ici que la proposition devient une véritable bombe politique.

Si le principe est que celui qui génère un risque doit contribuer à le couvrir, alors pourquoi ce principe vaut-il pour les entreprises et pas pour les individus? Pourquoi celui qui détruit volontairement son propre corps devrait-il être totalement déresponsabilisé sur le plan économique?

Attention : personne ne parle d’interdire. Personne ne propose un État moral qui s’immisce dans les foyers ou dans les verres. Chacun est libre de se faire du mal, bien entendu. Mais la liberté, si elle est réelle, a toujours un prix. Et ce prix ne peut pas être entièrement reporté sur les autres.

Les chiffres sont là, froids et implacables : le tabagisme coûte des milliards à l’État et provoque plus de 93 000 morts par an. Il ne s’agit pas de cas isolés, mais d’un phénomène structurel. Et il en va de même, dans des proportions différentes, pour l’alcoolisme et les dépendances.

La question devient alors inévitable : est-il juste que la collectivité prenne en charge indistinctement les conséquences de comportements volontaires et nocifs ?

La réponse facile est oui. La réponse politiquement correcte est oui. La réponse honnête… est bien plus dérangeante.

Car on touche ici au tabou de l’irresponsabilité individuelle déguisée en droit acquis.

La proposition provocatrice est simple dans sa brutalité : instaurer une obligation d’assurance pour ceux qui adoptent des modes de vie à haut risque sanitaire. Non pas pour punir, mais pour responsabiliser. Non pas pour exclure, mais pour rééquilibrer.

Vous voulez fumer ? Vous êtes libre. Mais contribuez directement aux coûts sanitaires que vous générerez très probablement. Vous voulez boire au-delà de toute mesure ? Même logique. Vous voulez consommer des substances dont vous savez parfaitement qu’elles sont nocives ? Personne ne vous en empêche, mais la collectivité ne peut pas être la seule à payer.

Est-ce une ligne dure ? Certainement. Est-elle clivante ? Absolument. Mais elle est aussi terriblement cohérente.

Car aujourd’hui, le système envoie un message ambigu : « Faites donc, quelqu’un d’autre paiera ».

Et cela, à la longue, ce n’est ni de la solidarité ni de la civilisation. C’est une déresponsabilisation organisée.

Bien sûr, le risque de dérives classistes ou discriminatoires existe, indéniablement. Et une telle mesure devrait être construite avec une extrême prudence, en évitant de frapper les plus fragiles ou ceux qui vivent déjà en marge. Mais utiliser cette difficulté comme alibi pour ne pas affronter le problème, c’est la facilité habituelle.

La vraie question politique est ailleurs : voulons-nous continuer à faire semblant que tous les choix individuels ont le même poids collectif, ou voulons-nous commencer à faire des distinctions ?

Car une société qui socialise toujours les coûts et privatise toujours les comportements finit par récompenser l’irresponsabilité et pénaliser ceux qui essaient de faire leur part.

Et alors oui, la provocation reste là, inconfortable et piquante : que celui qui veut s’intoxiquer volontairement s’assure.

Non par moralisme. Mais par justice.

piero.minuzzo@gmail.com

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