C’è un rumore di fondo che ormai accompagna le nostre serate, Piero. Non è il traffico, non è il vicino che sposta le sedie: è il ronzio costante di una televisione che ha deciso di smettere di raccontare il mondo per raccontare il nulla. O meglio: il pettegolezzo.
Accendi e trovi sempre lo stesso copione. Fidanzamenti che nascono e muoiono nel tempo di una pubblicità, tradimenti spiattellati come fossero emergenze nazionali, lacrime in primo piano di questo o quell’“artista” — spesso più famoso per le copertine che per qualsiasi talento reale. E poi corpi, sempre corpi: seni ostentati, gambe chilometriche, addominali scolpiti e lucidi come vetrine. Un circo permanente dove il contenuto è sacrificato sull’altare dell’audience.
Programmi che sembrano usciti da una catena di montaggio del vuoto: talk show travestiti da rotocalchi, reality mascherati da esperimenti sociali, interviste costruite per strappare una confessione intima piuttosto che un’idea. Il messaggio è semplice, quasi brutale: non pensare, guarda.
E mentre si guarda — e si ride, e si commenta — fuori dallo schermo la realtà resta sospesa. I problemi veri, quelli che dovrebbero occupare il dibattito pubblico, scivolano via. Il lavoro precario, le difficoltà quotidiane, il caro vita, le periferie dimenticate, l’inclusione che resta parola buona per i convegni ma raramente pratica concreta.
In questo scenario, la televisione diventa anestetico. Non informa, non stimola, non disturba. Addormenta.
E non è un caso perché una società distratta è una società più facile da gestire. Se l’attenzione è catturata dall’ennesima storia di corna o dall’ultima lite tra personaggi di passaggio, resta poco spazio per interrogarsi sulle scelte politiche. Su chi viene tutelato davvero. Su chi resta indietro.
Il governo guidato da Giorgia Meloni, in questo contesto, sembra muoversi senza troppi disturbi. Mentre il piccolo schermo si riempie di gossip e corpi esibiti, le politiche economiche continuano a strizzare l’occhio a chi ha già molto, lasciando irrisolti i nodi strutturali di un Paese che avrebbe bisogno di tutt’altro: investimenti, inclusione, visione.
E allora sì, viene da dirlo senza troppi giri di parole: questa “Telemeloni” ha rotto. Non per moralismo — ognuno è libero di guardare ciò che vuole — ma per saturazione. Perché quando l’intrattenimento diventa sistematicamente distrazione, quando il superficiale prende il posto del sostanziale, il problema non è più il singolo programma. È il sistema.
Servirebbe una televisione capace di raccontare storie vere, non solo storielle. Capace di dare voce a chi non ce l’ha, non solo a chi urla di più. Capace di disturbare, ogni tanto. Perché è dal fastidio che nasce il pensiero.
Ma finché il mantra resterà “tette e tartarughe”, difficile aspettarsi qualcosa di diverso. E intanto il Paese scorre via, tra uno scoop inutile e una risata registrata.
Telemeloni ha rotto
Il y a un bruit de fond qui accompagne désormais nos soirées, Piero. Ce n’est pas la circulation, ce n’est pas le voisin qui déplace ses chaises : c’est le bourdonnement constant d’une télévision qui a décidé de cesser de raconter le monde pour raconter le vide. Ou plutôt : le commérage.
On allume et on trouve toujours le même scénario. Des histoires d’amour qui naissent et meurent le temps d’une publicité, des trahisons étalées comme s’il s’agissait d’urgences nationales, des larmes en gros plan de tel ou tel « artiste » — souvent plus célèbre pour ses couvertures que pour un véritable talent. Et puis des corps, toujours des corps : des seins exhibés, des jambes interminables, des abdominaux sculptés et luisants comme des vitrines. Un cirque permanent où le contenu est sacrifié sur l’autel de l’audience.
Des émissions qui semblent sortir d’une chaîne de montage du vide : des talk-shows déguisés en magazines, des téléréalités maquillées en expériences sociales, des interviews construites pour arracher une confession intime plutôt qu’une idée. Le message est simple, presque brutal : ne pense pas, regarde.
Et pendant qu’on regarde — qu’on rit, qu’on commente — la réalité, elle, reste suspendue hors écran. Les vrais problèmes, ceux qui devraient occuper le débat public, glissent au second plan. La précarité du travail, les difficultés quotidiennes, le coût de la vie, les périphéries oubliées, l’inclusion qui reste un joli mot pour les conférences mais rarement une pratique concrète.
Dans ce contexte, la télévision devient un anesthésiant. Elle n’informe pas, ne stimule pas, ne dérange pas. Elle endort.
Et ce n’est pas un hasard : une société distraite est une société plus facile à gouverner. Si l’attention est captée par une énième histoire d’adultère ou par la dernière querelle entre figures éphémères, il reste peu de place pour s’interroger sur les choix politiques. Sur ceux qui sont réellement protégés. Sur ceux qui restent en arrière.
Le gouvernement dirigé par Giorgia Meloni, dans ce contexte, semble avancer sans trop d’obstacles. Tandis que le petit écran se remplit de ragots et de corps exhibés, les politiques économiques continuent de favoriser ceux qui ont déjà beaucoup, laissant irrésolus les nœuds structurels d’un pays qui aurait besoin de tout autre chose : des investissements, de l’inclusion, une vision.
Alors oui, il faut le dire sans détour : cette « Telemeloni » en a assez fait. Non pas par moralisme — chacun est libre de regarder ce qu’il veut — mais par saturation. Parce que lorsque le divertissement devient systématiquement une distraction, lorsque le superficiel remplace l’essentiel, le problème n’est plus l’émission en elle-même. C’est le système.
Il faudrait une télévision capable de raconter de vraies histoires, pas seulement des historiettes. Capable de donner la parole à ceux qui ne l’ont pas, pas seulement à ceux qui crient le plus fort. Capable de déranger, parfois. Car c’est du malaise que naît la pensée.
Mais tant que le mantra restera « seins et tablettes de chocolat », difficile d’attendre autre chose. Et pendant ce temps, le pays défile, entre un scoop inutile et un rire enregistré.





