Dalla lettera di un lettore una riflessione più ampia e scomoda: la Valle d’Aosta è ancora davvero bilingue o il francese è diventato un simbolo vuoto, buono solo per le occasioni ufficiali?
Riceviamo e pubblichiamo integralmente la lettera di Andrea D’Ambra, traduttore giurato, che interviene sul tema del francese in Valle d’Aosta sollevando questioni difficili da ignorare.
Ho letto con molto interesse il suo articolo di cui in oggetto. Sul francese in VdA secondo me si potrebbero scrivere non libri ma intere opere enciclopediche. Detto questo, trovo che ci sia un paradosso grosso come una casa, o meglio, come un palazzo regionale. Non trova assurdo lei che nella regione "bilingue" il "Conseil Vallée" abbia anch'esso di francese solo il nome e che i lavori e le discussioni vengano svolti solo in italiano?
Ovviamente, essendo tutti italofoni (come il 99,99999% dei valdostani che si proclamano tali) i consiglieri, gli assessori e il presidente parlano italiano, e non si può obbligarli a parlare francese se non la sentono come loro lingua madre. Allora, come minimo, bisognerebbe tradurre i lavori — non solo scritti ma anche le sedute orali — con interpreti, un po' come avviene al Parlamento Europeo e in qualsiasi organo legislativo di una comunità bilingue. Non trova?
Facciamo o non facciamo parte dell'organismo della Francofonia e di varie organizzazioni francofone che invitano i nostri eletti oltralpe e che noi ospitiamo anche in Valle?
Grazie per l'attenzione.
Andrea D’AMBRA
Traducteur Assermenté à la Cour d’appel et Juré | Expert judiciaire
Gentile Andrea D'AMBRA, Ho letto e riletto questa lettera, e la sensazione è una sola: qui non siamo più davanti a una provocazione, ma a una constatazione.
Il paradosso è enorme, e fa quasi sorridere se non fosse tragico. Una Regione che si definisce bilingue, un Consiglio che si chiama formalmente in francese, e poi dentro – nel cuore della democrazia – una sola lingua: l’italiano. Non per cattiva volontà, ma per inerzia. E l’inerzia, in politica, è spesso la forma più elegante dell’abbandono.
D’Ambra centra il punto quando dice: non si può obbligare nessuno a parlare francese. Verissimo. Ma infatti il problema non è obbligare le persone, è organizzare le istituzioni. Perché se una comunità è davvero bilingue, allora deve dotarsi degli strumenti per esserlo.
E qui arriva la proposta che, nella sua semplicità, suona quasi rivoluzionaria: tradurre tutto. Non solo gli atti scritti, ma anche il dibattito orale. Esattamente come avviene in qualsiasi assemblea che si rispetti in contesti plurilingui. Non è un vezzo, è una garanzia democratica.
Perché la lingua non è solo un mezzo di comunicazione. È un diritto.
E allora la domanda diventa scomoda: perché in Valle d’Aosta questo diritto resta sospeso? Perché si accetta che il francese sia relegato ai margini, come una lingua da esibire nelle cerimonie ma non da praticare nei luoghi dove si decide?
La risposta, se siamo onesti, è che il francese oggi è diventato soprattutto un simbolo. E come tutti i simboli, funziona benissimo finché resta tale: elegante, innocuo, politicamente corretto. Il problema nasce quando dovrebbe trasformarsi in pratica quotidiana. Lì, improvvisamente, diventa scomodo.
E non è solo una questione istituzionale. Le voci che arrivano dai lettori sono chiare, quasi brutali nella loro semplicità: “Ripristinare France 2 a quando?” “Il francese deve essere per tutti quelli che lo desiderano, non per passerelle politiche.”
Tradotto: meno rappresentazione, più realtà.
Perché se il francese vive solo nei convegni, nei viaggi ufficiali, nelle relazioni internazionali e nelle foto di circostanza, allora sì, stiamo raccontando una storia che non esiste più. Una finzione collettiva che regge finché nessuno ha il coraggio di dirlo ad alta voce.
E invece qualcuno ha iniziato a dirlo.
Il punto, ormai, non è difendere il francese. È decidere se vogliamo ancora crederci davvero. Perché tra una lingua viva e una lingua che sopravvive per inerzia passa una differenza enorme.
E oggi quella differenza si vede tutta.
Il francese in Valle d’Aosta non è morto. Ma sta lentamente affogando. E la cosa più grave è che non c’è nessuno che provi davvero a tirarlo fuori dall’acqua.
Il francese affoga
À partir de la lettre d’un lecteur, une réflexion plus large et dérangeante : la Vallée d’Aoste est-elle encore vraiment bilingue ou le français est-il devenu un symbole vide, bon seulement pour les occasions officielles ?
Nous recevons et publions intégralement la lettre d’Andrea D’Ambra, traducteur assermenté, qui intervient sur la question du français en Vallée d’Aoste en soulevant des interrogations difficiles à ignorer.
J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre article mentionné en objet. Sur le français en Vallée d’Aoste, on pourrait, selon moi, écrire non pas des livres mais de véritables encyclopédies. Cela dit, je trouve qu’il existe un paradoxe énorme, aussi grand qu’une maison, ou plutôt qu’un palais régional. Ne trouvez-vous pas absurde que, dans une région “bilingue”, le “Conseil Vallée” n’ait de français que le nom et que les travaux et les discussions se déroulent uniquement en italien ?
Évidemment, étant tous italophones (comme 99,99999 % des Valdôtains qui se déclarent tels), les conseillers, les assesseurs et le président parlent italien, et on ne peut pas les obliger à parler français s’ils ne le ressentent pas comme leur langue maternelle. Dès lors, il faudrait au minimum traduire les travaux — non seulement les documents écrits mais aussi les séances orales — avec des interprètes, un peu comme cela se fait au Parlement européen et dans tout organe législatif d’une communauté bilingue. Ne pensez-vous pas ?
Faisons-nous partie ou non de l’organisme de la Francophonie et de diverses organisations francophones qui invitent nos élus outre-Alpes et que nous accueillons également en Vallée ?
Merci de votre attention.
Andrea D’AMBRA
Traducteur assermenté à la Cour d’appel et juré | Expert judiciaire
Cher Andrea D’AMBRA, j’ai lu et relu cette lettre, et une seule impression s’impose : nous ne sommes plus face à une simple provocation, mais à un constat.
Le paradoxe est énorme, et ferait presque sourire s’il n’était pas tragique. Une Région qui se dit bilingue, un Conseil qui porte officiellement un nom français, et puis, en son sein — au cœur même de la démocratie — une seule langue : l’italien. Non par mauvaise volonté, mais par inertie. Et l’inertie, en politique, est souvent la forme la plus élégante de l’abandon.
D’Ambra touche juste lorsqu’il affirme qu’on ne peut obliger personne à parler français. C’est vrai. Mais le problème n’est pas d’imposer une langue aux personnes, il est d’organiser les institutions. Car si une communauté est réellement bilingue, elle doit se donner les moyens de l’être.
Et c’est là qu’intervient une proposition qui, dans sa simplicité, paraît presque révolutionnaire : tout traduire. Pas seulement les actes écrits, mais aussi les débats oraux. Exactement comme cela se fait dans toute assemblée digne de ce nom en contexte plurilingue. Ce n’est pas un caprice, c’est une garantie démocratique.
Car la langue n’est pas seulement un outil de communication. C’est un droit.
Dès lors, la question devient dérangeante : pourquoi, en Vallée d’Aoste, ce droit reste-t-il suspendu ? Pourquoi accepte-t-on que le français soit relégué en marge, comme une langue à exhiber lors des cérémonies mais pas à pratiquer dans les lieux où l’on décide ?
La réponse, si nous sommes honnêtes, est que le français est aujourd’hui devenu avant tout un symbole. Et comme tous les symboles, il fonctionne parfaitement tant qu’il le reste : élégant, inoffensif, politiquement correct. Le problème surgit lorsqu’il devrait devenir une pratique quotidienne. Là, soudainement, il devient encombrant.
Et ce n’est pas seulement une question institutionnelle. Les voix qui nous parviennent des lecteurs sont claires, presque brutales dans leur simplicité : « À quand le rétablissement de France 2 ? » « Le français doit être accessible à tous ceux qui le souhaitent, pas réservé aux passerelles politiques. »
Traduction : moins de mise en scène, plus de réalité.
Car si le français ne vit que dans les colloques, les voyages officiels, les relations internationales et les photos de circonstance, alors oui, nous racontons une histoire qui n’existe plus. Une fiction collective qui tient tant que personne n’ose le dire à voix haute.
Et pourtant, quelqu’un a commencé à le dire.
La question, désormais, n’est plus de défendre le français. Elle est de savoir si nous voulons encore vraiment y croire. Car entre une langue vivante et une langue qui survit par inertie, la différence est immense.
Et aujourd’hui, cette différence saute aux yeux.
Le français en Vallée d’Aoste n’est pas mort. Mais il est en train de se noyer. Lentement. Et le plus grave, c’est que personne ne semble vraiment vouloir le tirer hors de l’eau.





