Chez Nous - 17 marzo 2026, 08:00

Le français se noie dans la SEV

Il francese affoga nel SEV

Le français se noie dans la SEV

Precisazione: SEV non è un fiume, un lago o un mare, ma c’è un curioso paradosso che scorre tra le tubature digitali della Valle d’Aosta. L’acqua arriva ovunque — dalle sorgenti alle case, passando per acquedotti, serbatoi e depuratori — ma il francese, lingua ufficiale della nostra Regione, sembra essersi fermato prima ancora di entrare nel rubinetto del sito della Services des Eaux Valdôtaines.

Sul portale della SEV, a dirla tutta, il francese c’è. O meglio: c’è il nome della società. Services des Eaux Valdôtaines. Fine. Per il resto, il navigatore curioso non troverà molto altro della seconda lingua ufficiale valdostana. Tutto il sito è rigorosamente in italiano. E già questo, per una società pubblica regionale che gestisce un servizio essenziale, fa alzare più di un sopracciglio.

Non solo. Anche trovare le informazioni non è proprio come aprire un rubinetto. Il sito risulta piuttosto complicato da consultare per l’utente medio, soprattutto per chi non è esattamente un campione di dimestichezza informatica. Il che non aiuta.

Tra le segnalazioni che arrivano in redazione c’è anche chi osserva, con una punta di ironia francofona, che «outre qu’avec l’eau, le staff de SEV a de sérieux problèmes avec la langue italienne». Tradotto: oltre che con l’acqua, lo staff della SEV avrebbe qualche difficoltà anche con l’italiano. E in effetti qualche perla linguistica non manca.

In uno dei consigli agli utenti si raccomanda, per esempio, di non lasciare gli elettrodomestici “incustoditi”. Un avvertimento che fa pensare più a un cane lasciato davanti al supermercato che a una lavatrice collegata all’impianto idrico. Piccole cose, certo. Ma rivelatrici di una certa leggerezza nella comunicazione.

Eppure la SEV non è un soggetto qualunque. È una società pubblica regionale che opera in regime di in house providing e che fa capo al BIM. Gestisce il Servizio Idrico Integrato della Valle d’Aosta, cioè tutto il sistema della nostra acqua: captazione, adduzione, accumulo, distribuzione per usi civili e industriali, fognatura e depurazione.

Dal 1° gennaio 2026, peraltro, la SEV è diventata l’unico gestore idrico per l’intera Valle d’Aosta. In altre parole, è il grande regista dell’acqua pubblica valdostana. Se vogliamo dirla in modo semplice: chi apre il rubinetto, in qualche modo passa da lì.

Proprio per questo ci si aspetterebbe un sito all’altezza del ruolo. Non solo chiaro e facilmente consultabile, ma almeno bilingue. Italiano e francese. Non per vezzo identitario, ma per coerenza istituzionale.

La Valle d’Aosta, infatti, ama ricordare al mondo di essere una regione bilingue e francofona. Lo ripetiamo nelle leggi, nei convegni, nei discorsi ufficiali e nelle brochure turistiche. Ma poi basta entrare nel sito della società che gestisce l’acqua pubblica per scoprire che il francese, più che scorrere, sembra essersi fermato alla sorgente.

E dire che non mancherebbero nemmeno le ragioni pratiche per fare uno sforzo in più. In Valle d’Aosta esistono molti proprietari di seconde case stranieri, soprattutto francofoni, che potrebbero avere bisogno di informazioni sul servizio idrico. Senza contare che un minimo di apertura internazionale — magari con qualche contenuto anche in inglese — non guasterebbe affatto.

Nulla di rivoluzionario: basterebbe un sito davvero bilingue, come la Regione che lo ospita.

Per ora, però, resta questa curiosa immagine: nella terra che rivendica con orgoglio il proprio bilinguismo, l’acqua scorre abbondante, ma il francese sembra essere finito… sott’acqua.

E nel caso della SEV, verrebbe quasi da dire che il francese non è solo sparito dal sito. È proprio affogato.

Il francese affoga nel SEV

Précision : la SEV n’est ni une rivière, ni un lac, ni une mer. Pourtant, un curieux paradoxe circule dans les canalisations numériques de la Vallée d’Aoste. L’eau arrive partout — des sources jusqu’aux maisons, en passant par les aqueducs, les réservoirs et les stations d’épuration — mais le français, langue officielle de notre Région, semble s’être arrêté avant même d’entrer dans le robinet du site des Services des Eaux Valdôtaines.

Sur le portail de la SEV, à vrai dire, le français est bien présent. Ou plutôt : il y a le nom de la société. Services des Eaux Valdôtaines. Point final. Pour le reste, le navigateur curieux ne trouvera guère de traces de la seconde langue officielle valdôtaine. Tout le site est rigoureusement en italien. Et déjà cela, pour une société publique régionale qui gère un service essentiel, suffit à faire lever plus d’un sourcil.

Et ce n’est pas tout. Trouver les informations n’est pas exactement comme ouvrir un robinet. Le site se révèle assez difficile à consulter pour l’utilisateur moyen, surtout pour ceux qui ne sont pas particulièrement à l’aise avec l’informatique. Ce qui n’aide évidemment pas.

Parmi les signalements qui arrivent à la rédaction, il y a aussi ceux qui observent, avec une pointe d’ironie francophone, que « outre qu’avec l’eau, le staff de SEV a de sérieux problèmes avec la langue italienne ». Autrement dit : en plus de l’eau, le personnel de la SEV aurait aussi quelques difficultés avec l’italien. Et il faut reconnaître que certaines perles linguistiques ne manquent pas.

Dans l’un des conseils adressés aux usagers, on recommande par exemple de ne pas laisser les appareils électroménagers « incustoditi ». Un avertissement qui fait davantage penser à un chien laissé devant un supermarché qu’à une machine à laver raccordée au réseau hydraulique. De petites choses, certes. Mais révélatrices d’une certaine légèreté dans la communication.

Et pourtant, la SEV n’est pas un acteur quelconque. Il s’agit d’une société publique régionale qui opère en régime d’in house providing et qui dépend du BIM. Elle gère le Service Hydrique Intégré de la Vallée d’Aoste, c’est-à-dire l’ensemble du système de l’eau : captage, adduction, accumulation, distribution pour les usages civils et industriels, réseaux d’égouts et épuration.

Depuis le 1er janvier 2026, la SEV est d’ailleurs devenue l’unique gestionnaire du service hydrique pour toute la Vallée d’Aoste. En d’autres termes, elle est le grand chef d’orchestre de l’eau publique valdôtaine. Si l’on veut le dire simplement : quiconque ouvre un robinet passe, d’une manière ou d’une autre, par là.

C’est précisément pour cette raison que l’on pourrait s’attendre à un site à la hauteur de ce rôle. Non seulement clair et facilement consultable, mais au moins bilingue. Italien et français. Non pas par coquetterie identitaire, mais par cohérence institutionnelle.

La Vallée d’Aoste, en effet, aime rappeler au monde qu’elle est une région bilingue et francophone. On le répète dans les lois, dans les colloques, dans les discours officiels et dans les brochures touristiques. Mais il suffit ensuite d’entrer sur le site de la société qui gère l’eau publique pour découvrir que le français, plus que de couler, semble s’être arrêté à la source.

Et pourtant les raisons pratiques de faire un effort supplémentaire ne manqueraient pas. En Vallée d’Aoste, de nombreux propriétaires étrangers possèdent des résidences secondaires, en particulier des francophones, qui pourraient avoir besoin d’informations sur le service hydrique. Sans compter qu’un minimum d’ouverture internationale — peut-être avec quelques contenus également en anglais — ne ferait certainement pas de mal.

Rien de révolutionnaire : il suffirait d’un site véritablement bilingue, à l’image de la Région qui l’accueille.

Pour l’instant, cependant, cette image un peu curieuse demeure : dans la terre qui revendique avec fierté son bilinguisme, l’eau coule en abondance… mais le français semble avoir fini sous l’eau.

Et dans le cas de la SEV, on serait presque tenté de dire que le français n’a pas seulement disparu du site.
Il s’est carrément noyé.

piero.minuzzo@gmail.com

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