Chez Nous - 16 marzo 2026, 08:00

Encore un petit martyr

Ancora un piccolo martire

Encore un petit martyr

Il Mediterraneo non è più soltanto un mare. È diventato da anni un enorme cimitero liquido dove le onde cancellano nomi, storie e volti. E soprattutto bambini. Ancora uno. Ancora un piccolo martire.

Sabato pomeriggio, al largo di Lampedusa, un’imbarcazione lunga appena nove metri è colata a picco. Dentro c’erano decine di persone stipate come merci umane: uomini, donne, bambini. Persone in fuga. Non turisti, non avventurieri, non clandestini per vocazione, ma esseri umani scappati da guerre, carestie, violenze e disperazione.

I militari della Guardia Costiera sono riusciti a salvare 64 persone, tra cui 14 donne e 10 minori. Un intervento che ha evitato una tragedia ancora più grande. Ma un bambino, originario della Sierra Leone, risulta disperso. Le ricerche nell’area dove il natante è affondato non hanno restituito alcuna traccia del piccolo.

Un bambino senza nome per l’opinione pubblica. Un bambino che probabilmente aveva una madre su quella barca, o un padre, o magari entrambi. Un bambino che non aveva scelto nulla: né il paese in cui nascere, né la guerra o la miseria che lo circondavano, né quel viaggio disperato su un guscio di nove metri in mezzo al Mediterraneo.

Eppure anche lui, come migliaia prima di lui, è diventato una vittima di un sistema che preferisce voltarsi dall’altra parte. Perché questo è il punto: non siamo davanti a una fatalità. Non è il destino. Non è soltanto il mare. È politica.

Da anni l’Europa – e l’Italia in prima linea – ha trasformato la gestione delle migrazioni in una gigantesca operazione di respingimento, deterrenza e indifferenza. L’obiettivo non è salvare vite, ma scoraggiare chi fugge. Far capire che arrivare qui è difficile, pericoloso, quasi impossibile.

Il risultato è sotto gli occhi di tutti: le persone continuano a partire. Solo che partono su barche sempre più fragili, affidandosi a trafficanti sempre più spietati e affrontando rotte sempre più mortali. Così il Mediterraneo continua a riempirsi di cadaveri invisibili.

La vergogna diventa ancora più grande se si guarda a ciò che occupa davvero l’agenda politica del governo guidato da Giorgia Meloni. Mentre i bambini scompaiono in mare, la priorità sembra essere un’altra: la riforma per la separazione delle carriere dei magistrati e l’ennesimo tentativo di ridefinire i rapporti di forza con la magistratura.

Una questione che può anche avere un suo rilievo istituzionale, certo. Ma che stride in modo insopportabile con la realtà di un mare che continua a inghiottire vite umane.

È difficile non vedere in tutto questo una forma di menefreghismo politico che rasenta il cinismo. Perché quando un bambino sparisce tra le onde dopo essere scappato da guerra e fame, la prima domanda dovrebbe essere una sola: cosa stiamo facendo per evitare che accada ancora?

Invece la politica preferisce discutere di equilibri di potere, riforme costituzionali e battaglie ideologiche, mentre il Mediterraneo continua a fare il suo lavoro sporco.

E ogni volta che un bambino affonda nel silenzio delle acque, l’Europa perde un altro pezzo della propria coscienza. Ancora un piccolo martire. E una vergogna che continua a crescere.

Perfetto così. Me lo traduci in francese?

Ancora un piccolo martire

La Méditerranée n’est plus seulement une mer. Depuis des années, elle est devenue un immense cimetière liquide où les vagues effacent des noms, des histoires et des visages. Et surtout ceux des enfants. Encore un. Encore un petit martyr.

Samedi après-midi, au large de Lampedusa, une embarcation longue d’à peine neuf mètres a sombré. À bord, des dizaines de personnes entassées comme des marchandises humaines : des hommes, des femmes, des enfants. Des personnes en fuite. Pas des touristes, pas des aventuriers, pas des clandestins par choix, mais des êtres humains qui fuyaient la guerre, la famine, la violence et le désespoir.

Les militaires de la Guardia Costiera ont réussi à sauver 64 personnes, dont 14 femmes et 10 mineurs. Une intervention qui a permis d’éviter une tragédie encore plus grande. Mais un enfant, originaire de Sierra Leone, est porté disparu. Les recherches dans la zone où l’embarcation a coulé n’ont laissé apparaître aucune trace du petit.

Un enfant sans nom pour l’opinion publique. Un enfant qui avait probablement une mère sur ce bateau, ou un père, peut-être les deux. Un enfant qui n’avait rien choisi : ni le pays où naître, ni la guerre ou la misère qui l’entouraient, ni ce voyage désespéré sur une coque de neuf mètres au milieu de la Méditerranée.

Et pourtant lui aussi, comme des milliers avant lui, est devenu la victime d’un système qui préfère détourner le regard. Car c’est bien là le point : il ne s’agit pas d’une fatalité. Ce n’est pas le destin. Ce n’est pas seulement la mer. C’est de la politique.

Depuis des années, l’Europe – et l’Italie en première ligne – a transformé la gestion des migrations en une gigantesque opération de refoulement, de dissuasion et d’indifférence. L’objectif n’est plus de sauver des vies, mais de décourager ceux qui fuient. Leur faire comprendre qu’arriver ici est difficile, dangereux, presque impossible.

Le résultat est sous les yeux de tous : les gens continuent de partir. Mais ils partent sur des embarcations toujours plus fragiles, confiants leur vie à des trafiquants toujours plus cyniques, empruntant des routes toujours plus mortelles. Ainsi, la Méditerranée continue de se remplir de cadavres invisibles.

La honte devient encore plus grande si l’on regarde ce qui occupe réellement l’agenda politique du gouvernement dirigé par Giorgia Meloni. Pendant que des enfants disparaissent en mer, la priorité semble être ailleurs : la réforme visant à séparer les carrières des magistrats et une nouvelle tentative de redéfinir les rapports de force avec la magistrature.

Une question qui peut certes avoir son importance institutionnelle. Mais qui résonne de manière insupportable face à la réalité d’une mer qui continue d’engloutir des vies humaines.

Il est difficile de ne pas voir dans tout cela une forme de désinvolture politique qui frôle le cynisme. Car lorsqu’un enfant disparaît dans les vagues après avoir fui la guerre et la faim, la première question devrait être simple : que faisons-nous pour que cela n’arrive plus ?

Au lieu de cela, la politique préfère discuter d’équilibres de pouvoir, de réformes constitutionnelles et de batailles idéologiques, pendant que la Méditerranée continue de faire son sale travail.

Et chaque fois qu’un enfant disparaît dans le silence des eaux, l’Europe perd un autre morceau de sa conscience. Encore un petit martyr. Et une honte qui ne cesse de grandir.

piero.minuzzo@gmail.com

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