Chez Nous - 16 febbraio 2026, 08:00

Ministre aux insultes

Ministre aux insultes

C’è un limite alla dialettica politica. E quando quel limite viene superato non siamo più nel confronto istituzionale, ma nella delegittimazione personale. È quanto sta accadendo da giorni con gli attacchi del ministro della Giustizia Carlo Nordio nei confronti del procuratore di Napoli Nicola Gratteri, colpevole – agli occhi del Guardasigilli – di sostenere apertamente il No alla riforma della magistratura.

Un ministro può non condividere le posizioni di un magistrato. Può criticarle, contestarle, smontarle nel merito. Ma quando il confronto scivola in battute sprezzanti, in allusioni sull’uso “politico” della toga, in insinuazioni che mirano a dipingere chi dissente come fazioso o ideologico, allora non siamo più nel terreno della riforma della giustizia: siamo nel campo degli insulti.

Nordio, che pure ama presentarsi come garantista raffinato e liberale di lunga esperienza, negli ultimi interventi pubblici ha scelto un registro polemico che poco si addice a chi ricopre il ruolo di ministro. Ha liquidato le critiche come frutto di resistenze corporative, ha lasciato intendere che chi si oppone alla riforma difenda privilegi, ha ironizzato sull’allarme lanciato da una parte della magistratura. È un modo di discutere che non eleva il dibattito: lo impoverisce.

Il punto, però, è ancora più grave. Perché qui non si tratta solo di toni sopra le righe. Si tratta del merito di una riforma che viene presentata come la soluzione ai mali cronici della giustizia italiana ma che, nei fatti, non offre alcuna garanzia di maggiore efficienza.

Separazione delle carriere, nuovi assetti ordinamentali, ritocchi ai meccanismi di valutazione: si può discutere di tutto. Ma dov’è il piano straordinario per ridurre i tempi dei processi? Dov’è l’investimento strutturale su personale amministrativo e digitalizzazione? Dov’è la riforma capace di alleggerire davvero i tribunali? Senza risorse e senza organizzazione, le modifiche di architettura istituzionale restano scatole vuote.

Chi sostiene il Sì al referendum lo fa evocando principi astratti di equilibrio tra accusa e difesa. Ma la giustizia reale – quella dei cittadini che aspettano anni per una sentenza – non migliora con slogan costituzionali. Migliora con efficienza, con mezzi, con responsabilità diffusa. E su questo la riforma appare fragile, quando non del tutto inadeguata.

Gratteri ha espresso una posizione netta per il No. Lo ha fatto pubblicamente, motivando le proprie ragioni. Si può essere d’accordo o meno, ma non si può trasformare il dissenso in un pretesto per colpire la credibilità personale di un magistrato che da decenni combatte in prima linea contro la criminalità organizzata. La critica politica è legittima; la delegittimazione sistematica è un’altra cosa.

Un ministro dovrebbe garantire equilibrio istituzionale, non alimentare lo scontro. Dovrebbe rispondere nel merito, non alzare il volume. Se davvero la riforma è solida, sarà in grado di reggere un confronto tecnico, giuridico, pubblico. Se invece la si difende attaccando chi la critica, il sospetto è che manchino argomenti più convincenti.

Il referendum non è un plebiscito sul ministro. È una scelta sul futuro della giustizia italiana. E proprio per questo merita un dibattito alto, informato, rispettoso. Trasformarlo in una resa dei conti contro una parte della magistratura è un errore politico prima ancora che istituzionale.

Il No non è una difesa corporativa. È la richiesta di una riforma diversa, più coraggiosa sui nodi veri: tempi, organizzazione, efficienza, certezza del diritto. È il rifiuto di un intervento che cambia gli equilibri formali ma non incide sulle inefficienze sostanziali. È la convinzione che la giustizia non si migliori dividendo, ma costruendo.

Se il ministro vuole convincere il Paese, abbandoni gli insulti e torni agli argomenti. Fino ad allora, la scelta più responsabile resta una sola: votare No.

Ministro agli insulti

Il existe une limite à la dialectique politique. Et lorsque cette limite est franchie, on n’est plus dans le débat institutionnel, mais dans la délégitimation personnelle. C’est ce qui se produit depuis plusieurs jours avec les attaques du ministre de la Justice, Carlo Nordio, contre le procureur de Naples, Nicola Gratteri, coupable – aux yeux du garde des Sceaux – de soutenir ouvertement le Non à la réforme de la magistrature.

Un ministre peut ne pas partager les positions d’un magistrat. Il peut les critiquer, les contester, les démonter sur le fond. Mais lorsque le débat glisse vers des remarques méprisantes, des allusions à un usage « politique » de la robe, des insinuations visant à présenter ceux qui dissentent comme partisans ou idéologiques, alors on n’est plus sur le terrain de la réforme de la justice : on est dans celui des insultes.

Nordio, qui aime pourtant se présenter comme un garantiste raffiné et un libéral d’expérience, a choisi dans ses récentes prises de parole publiques un registre polémique peu compatible avec la fonction ministérielle. Il a liquidé les critiques comme le produit de résistances corporatistes, laissé entendre que ceux qui s’opposent à la réforme défendraient des privilèges, ironisé sur l’alarme lancée par une partie de la magistrature. C’est une manière de débattre qui n’élève pas la discussion : elle l’appauvrit.

Mais le problème est encore plus grave. Car il ne s’agit pas seulement de tons excessifs. Il s’agit du fond d’une réforme présentée comme la solution aux maux chroniques de la justice italienne, mais qui, dans les faits, n’offre aucune garantie d’une plus grande efficacité.

Séparation des carrières, nouveaux équilibres institutionnels, ajustements des mécanismes d’évaluation : tout peut être discuté. Mais où est le plan extraordinaire pour réduire la durée des procédures ? Où sont les investissements structurels dans le personnel administratif et la numérisation ? Où est la réforme capable de désengorger réellement les tribunaux ? Sans ressources et sans organisation, les modifications d’architecture institutionnelle restent des coquilles vides.

Ceux qui soutiennent le Oui au référendum invoquent des principes abstraits d’équilibre entre l’accusation et la défense. Mais la justice réelle – celle des citoyens qui attendent des années une décision – ne s’améliore pas avec des slogans constitutionnels. Elle s’améliore avec de l’efficacité, des moyens, une responsabilité partagée. Et sur ce point, la réforme apparaît fragile, quand elle n’est pas tout simplement inadéquate.

Gratteri a exprimé une position nette en faveur du Non. Il l’a fait publiquement, en motivant ses raisons. On peut être d’accord ou non, mais on ne peut pas transformer le désaccord en prétexte pour attaquer la crédibilité personnelle d’un magistrat qui combat depuis des décennies la criminalité organisée en première ligne. La critique politique est légitime ; la délégitimation systématique est autre chose.

Un ministre devrait garantir l’équilibre institutionnel, non attiser l’affrontement. Il devrait répondre sur le fond, non hausser le ton. Si la réforme est réellement solide, elle saura résister à un débat technique, juridique et public. Si, au contraire, on la défend en attaquant ceux qui la critiquent, le soupçon est qu’il manque des arguments plus convaincants.

Le référendum n’est pas un plébiscite sur le ministre. C’est un choix sur l’avenir de la justice italienne. Et c’est précisément pour cela qu’il mérite un débat de haut niveau, informé et respectueux. Le transformer en règlement de comptes contre une partie de la magistrature est une erreur politique avant même d’être institutionnelle.

Le Non n’est pas une défense corporatiste. C’est la demande d’une réforme différente, plus courageuse sur les véritables enjeux : les délais, l’organisation, l’efficacité, la sécurité juridique. C’est le refus d’une intervention qui modifie les équilibres formels sans toucher aux inefficiences substantielles. C’est la conviction que la justice ne s’améliore pas en divisant, mais en construisant.

Si le ministre veut convaincre le pays, qu’il abandonne les insultes et revienne aux arguments. D’ici là, le choix le plus responsable reste un seul : voter Non.

piero.minuzzo@gmail.com

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