Chez Nous - 11 febbraio 2026, 08:00

Des mémoires à géométrie variable

Memorie a targhe alterne

Des mémoires à géométrie variable

Dalla Dalmazia all’Ucraina, l’ipocrisia di chi sceglie quali morti piangere. C’è chi difende l’autonomia culturale solo quando è consegnata alla storia e imbalsamata nelle celebrazioni ufficiali. Poi però volta le spalle alle autonomie vive, minacciate oggi dalle guerre, dagli imperialismi e dalla violenza di Stato. Dalla Dalmazia all’Ucraina, la memoria non può essere selettiva.

C’è un filo che lega la Dalmazia all’Ucraina, l’Adriatico orientale alle pianure bombardate dell’Europa dell’Est. È il filo delle minoranze travolte dalla forza, delle comunità culturali schiacciate da confini imposti con la violenza, delle autonomie negate in nome della “ragion di Stato” o dell’unità nazionale brandita come clava.

La Dalmazia italiana non è stata soltanto una questione geopolitica. È stata una questione di autonomia culturale cancellata, di lingue marginalizzate, di identità rese colpevoli per il solo fatto di esistere. Ridurre tutto alle foibe senza ricordare questo passaggio significa amputare la storia della sua parte più scomoda.

Ed è proprio qui che l’ipocrisia di oggi diventa insostenibile.

C’è chi oggi si erge a paladino della memoria degli esuli istriani e dalmati, parlando – giustamente – di identità calpestate. Gli stessi, però, si mostrano improvvisamente cauti, se non ostili, quando si tratta di difendere l’autonomia di un popolo vivo, come quello ucraino, aggredito e invaso in nome di una visione imperiale che nega il diritto all’autodeterminazione.

La Dalmazia dovrebbe insegnare una cosa semplice: quando un popolo perde la possibilità di decidere del proprio destino culturale, linguistico e politico, prima o poi arriva anche la violenza. È successo ieri sull’Adriatico orientale. Sta succedendo oggi a Est.

Eppure c’è chi invoca la pace solo quando coincide con la rinuncia dell’aggredito. Una pace che somiglia molto alla cancellazione dell’autonomia altrui.

Lo stesso corto circuito morale emerge davanti a Gaza. Difendere l’autonomia culturale significa anche riconoscere il diritto dei palestinesi a non essere ridotti a danni collaterali, a non vedere la propria identità schiacciata sotto le macerie. Chi non riesce a dissociarsi apertamente dalla strage in corso, chi evita di chiamare per nome le responsabilità politiche del governo Netanyahu, sta scegliendo ancora una volta quali autonomie meritano rispetto e quali no.

I diritti umani non sono un patrimonio etnico, né un’eredità occidentale da amministrare a piacimento. Sono indivisibili, oppure non sono.

C’è poi un altro elemento che dovrebbe far riflettere: l’indulgenza, quando non la fascinazione, verso figure come Putin e Trump, leader che condividono una visione del potere ostile alle autonomie, alle minoranze, ai contrappesi democratici. L’uomo forte non ama le differenze, non tollera le identità plurali, non riconosce spazi intermedi.

Eppure, anche qui, l’indignazione è selettiva. Si condannano i totalitarismi del passato, ma si minimizzano quelli del presente. Si piangono le autonomie perdute, ma si accetta che altre vengano cancellate sotto i nostri occhi.

Ricordare la Dalmazia, le foibe, l’esodo, ha senso solo se diventa bussola per il presente. Se serve a riconoscere le stesse dinamiche di sopraffazione quando si ripetono, anche con bandiere diverse.

Foibe e Bucha non sono in concorrenza. L’esodo giuliano-dalmata e i profughi ucraini non si annullano a vicenda. Gaza non cancella la memoria europea. La storia non è una gara a eliminazione.

La vera autonomia culturale non chiede celebrazioni, ma coerenza. Chiede di stare dalla parte di chi oggi subisce ciò che ieri diciamo di voler ricordare.

Altrimenti la memoria diventa solo una posa davanti a un monumento. E l’autonomia, una parola buona solo per i discorsi ufficiali.

Memorie a targhe alterne

De la Dalmatie à l’Ukraine, l’hypocrisie de ceux qui choisissent quels morts pleure. Il y a ceux qui défendent l’autonomie culturelle uniquement lorsqu’elle appartient au passé, figée dans des commémorations officielles. Mais ils tournent le dos aux autonomies vivantes, aujourd’hui menacées par les guerres, les impérialismes et la violence d’État. De la Dalmatie à l’Ukraine, la mémoire ne peut être sélective.

Il existe un fil invisible qui relie la Dalmatie à l’Ukraine, la côte adriatique orientale aux plaines bombardées de l’Europe de l’Est. C’est le fil des minorités broyées par la force, des communautés culturelles écrasées par des frontières imposées par la violence, des autonomies niées au nom de la « raison d’État » ou d’une unité nationale brandie comme une arme.

La Dalmatie italienne n’a pas été seulement une question géopolitique. Elle a été une autonomie culturelle effacée, des langues marginalisées, des identités rendues coupables du simple fait d’exister. Réduire cette histoire aux seules foibe, sans rappeler ce passage fondamental, revient à mutiler la mémoire collective de sa part la plus dérangeante.

C’est précisément là que l’hypocrisie contemporaine devient insoutenable.

Aujourd’hui, certains se posent en défenseurs zélés de la mémoire des exilés istrien et dalmates, évoquant – à juste titre – des identités piétinées. Les mêmes se montrent pourtant soudainement prudents, voire hostiles, lorsqu’il s’agit de défendre l’autonomie d’un peuple vivant, comme celui de l’Ukraine, agressé et envahi au nom d’une vision impériale qui nie son droit à l’autodétermination.

La Dalmatie devrait nous enseigner une vérité simple : lorsqu’un peuple perd la possibilité de décider de son destin culturel, linguistique et politique, la violence finit toujours par suivre. Cela s’est produit hier sur l’Adriatique orientale. Cela se produit aujourd’hui à l’Est de l’Europe.

Et pourtant, certains invoquent la paix uniquement lorsqu’elle coïncide avec la capitulation de l’agressé. Une paix qui ressemble davantage à l’effacement de l’autonomie de l’autre.

Le même court-circuit moral apparaît face à Gaza. Défendre l’autonomie culturelle signifie aussi reconnaître le droit du peuple palestinien à ne pas être réduit à des « dommages collatéraux », à ne pas voir son identité ensevelie sous les décombres. Ceux qui ne parviennent pas à se dissocier clairement du massacre en cours, ceux qui évitent de nommer les responsabilités politiques du gouvernement Netanyahu, choisissent encore une fois quelles autonomies méritent le respect et lesquelles peuvent être sacrifiées.

Les droits humains ne sont ni un patrimoine ethnique ni un privilège occidental à géométrie variable. Ils sont indivisibles, ou ils ne sont rien.

Il y a enfin un autre élément qui devrait inquiéter : l’indulgence, parfois même la fascination, envers des figures comme Poutine et Trump, des dirigeants qui partagent une vision du pouvoir profondément hostile aux autonomies, aux minorités et aux équilibres démocratiques. L’homme fort n’aime pas la pluralité, ne tolère pas les identités multiples et méprise les espaces intermédiaires.

Là encore, l’indignation est sélective. On condamne les totalitarismes du passé, mais on minimise ceux du présent. On pleure les autonomies perdues, tout en acceptant que d’autres soient détruites sous nos yeux.

Se souvenir de la Dalmatie, des foibe et de l’exode n’a de sens que si cette mémoire devient une boussole pour le présent. Si elle nous aide à reconnaître les mêmes mécanismes de domination lorsqu’ils se répètent, même sous d’autres drapeaux.

Foibe et Boutcha ne sont pas en concurrence. L’exode julien-dalmate et les réfugiés ukrainiens ne s’annulent pas mutuellement. Gaza n’efface pas la mémoire européenne. L’histoire n’est pas un jeu à somme nulle.

La véritable autonomie culturelle ne demande pas des cérémonies, mais de la cohérence. Elle exige de se tenir aux côtés de ceux qui subissent aujourd’hui ce que nous prétendons vouloir rappeler du passé.

Sinon, la mémoire devient une simple posture devant un monument.
Et l’autonomie, un mot réservé aux discours officiels.

piero.minuzzo@gmail.com

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