Chez Nous - 26 gennaio 2026, 08:00

Savoir se retirer

Sapersi ritirare

Savoir se retirer

Saper ritirarsi - “Saper rinunciare”.
È una frase semplice, quasi banale. Eppure oggi, ascoltando l’omelia dell’abbé Ferdinand, vice parroco di Saint-Martin-de-Corléans parrocchia di Aosta, è suonata come una provocazione. Perché nei Vangeli Gesù non insegna solo a parlare bene o a farsi seguire: insegna soprattutto a rinunciare. E lo fa più volte, senza clamore, senza conferenze stampa, senza cercare un piano B.

I Vangeli, come ha ricrdato l’Abbé Ferdinand, raccontano almeno sette grandi rinunce di Gesù.
Rinuncia alla sicurezza, quando lascia Nazaret.
Rinuncia al consenso facile, quando rifiuta le folle che lo vogliono re.
Rinuncia al potere, respingendo le tentazioni nel deserto.
Rinuncia alla protezione, scegliendo di non difendersi.
Rinuncia alla violenza, anche quando potrebbe usarla.
Rinuncia al successo, accettando l’incomprensione e l’abbandono.
Infine, rinuncia perfino alla vita, senza trattare condizioni.

Gesù sa quando andare avanti e sa quando farsi da parte. Non resta aggrappato al ruolo. Non cerca incarichi alternativi. Non si ricolloca.

E qui il Vangelo diventa tremendamente scomodo.

Perché nella nostra politica — locale e nazionale, senza distinzioni — non esiste il verbo ritirarsi. Esistono solo tromboni e trombati. I primi parlano sempre, anche quando nessuno li ascolta più. I secondi perdono le elezioni, ma non il vizio della poltrona. Bocciati dagli elettori, risorgono il giorno dopo sotto altre forme: consulenti, presidenti, assessori tecnici, esperti improvvisati, nominati da qualcuno “che li conosce bene”.

Altro che rinuncia. Qui siamo alla permanenza forzata.

Il messaggio che passa è devastante: il voto conta fino a un certo punto, la volontà popolare è un fastidio aggirabile, la sconfitta non è mai definitiva se sai a chi telefonare. Così la politica diventa un acquario chiuso, dove girano sempre gli stessi pesci, sempre più stanchi, sempre meno credibili.

Ma il prezzo lo pagano altri.
Lo pagano i giovani, a cui si chiede entusiasmo mentre si chiudono tutte le porte. Lo pagano le idee nuove, soffocate da carriere da conservare. Lo paga una società che avrebbe bisogno di visioni moderne e si ritrova con riciclati di lusso.

“Saper ritirarsi” non è una resa. È un atto di responsabilità. È lasciare spazio, tempo, ossigeno. È capire che non si è indispensabili, che la politica non è proprietà privata, che il servizio ha una scadenza.

Nel Vangelo, chi non sa rinunciare al potere finisce sempre male. Nella politica di oggi, invece, chi non rinuncia viene spesso premiato. Forse è qui la vera distanza tra l’insegnamento evangelico e la pratica quotidiana. Gesù rinuncia per amore degli altri. Molti politici restano per amore di sé stessi.

E allora sì, servirebbe davvero una rivoluzione silenziosa: quella di chi, dopo una sconfitta, dice semplicemente “basta, mi faccio da parte”. Sarebbe il gesto più forte, più educativo, più moderno che la politica potrebbe offrire alle nuove generazioni.

Ma è anche il più raro. Perché rinunciare, oggi, è un atto rivoluzionario.

Sapersi ritirare « Savoir renoncer. »
C’est une expression simple, presque banale. Et pourtant, aujourd’hui, en écoutant l’homélie de l’abbé Ferdinand, vice-curé de la paroisse de Saint-Martin-de-Corléans à Aoste, elle a résonné comme une provocation. Car dans les Évangiles, Jésus n’enseigne pas seulement à bien parler ou à se faire suivre : il enseigne surtout à renoncer. Et il le fait à plusieurs reprises, sans tapage, sans conférences de presse, sans chercher un plan B.

Les Évangiles, comme l’a rappelé l’abbé Ferdinand, racontent au moins sept grandes renonciations de Jésus.
Il renonce à la sécurité, lorsqu’il quitte Nazareth.
Il renonce au consensus facile, lorsqu’il refuse les foules qui veulent le faire roi.
Il renonce au pouvoir, en repoussant les tentations dans le désert.
Il renonce à la protection, en choisissant de ne pas se défendre.
Il renonce à la violence, même lorsqu’il pourrait y recourir.
Il renonce au succès, en acceptant l’incompréhension et l’abandon.
Enfin, il renonce jusqu’à la vie elle-même, sans négocier de conditions.

Jésus sait quand avancer et sait quand se retirer. Il ne s’accroche pas à son rôle. Il ne cherche pas des fonctions alternatives. Il ne se recycle pas.

Et c’est ici que l’Évangile devient terriblement dérangeant.

Car dans notre politique — locale comme nationale, sans distinction — le verbe se retirer n’existe pas. Il n’y a que des trompettes et des recalés. Les premiers parlent toujours, même lorsque plus personne ne les écoute. Les seconds perdent les élections, mais pas le goût du fauteuil. Rejetés par les électeurs, ils ressuscitent le lendemain sous d’autres formes : conseillers, présidents, assesseurs techniques, experts improvisés, nommés par quelqu’un « qui les connaît bien ».

Rien à voir avec la renonciation. Ici, nous sommes dans la permanence forcée.

Le message qui passe est dévastateur : le vote compte jusqu’à un certain point, la volonté populaire est un obstacle contournable, la défaite n’est jamais définitive si l’on sait qui appeler. Ainsi, la politique devient un aquarium fermé, où tournent toujours les mêmes poissons, de plus en plus fatigués, de moins en moins crédibles.

Mais le prix, ce sont d’autres qui le paient.
Les jeunes, à qui l’on demande de l’enthousiasme tout en leur fermant toutes les portes.
Les idées nouvelles, étouffées par des carrières à préserver.
Une société qui aurait besoin de visions modernes et se retrouve avec des recyclés de luxe.

« Savoir se retirer » n’est pas une capitulation. C’est un acte de responsabilité. C’est laisser de l’espace, du temps, de l’oxygène. C’est comprendre que l’on n’est pas indispensable, que la politique n’est pas une propriété privée, que le service a une échéance.

Dans l’Évangile, ceux qui ne savent pas renoncer au pouvoir finissent toujours mal. Dans la politique d’aujourd’hui, en revanche, ceux qui ne renoncent pas sont souvent récompensés. C’est peut-être là que se situe la véritable distance entre l’enseignement évangélique et la pratique quotidienne. Jésus renonce par amour des autres. Beaucoup de responsables politiques restent par amour d’eux-mêmes.

Alors oui, il faudrait vraiment une révolution silencieuse : celle de ceux qui, après une défaite, disent simplement : « ça suffit, je me retire ». Ce serait le geste le plus fort, le plus éducatif, le plus moderne que la politique pourrait offrir aux nouvelles générations.

Mais c’est aussi le plus rare.
Car renoncer, aujourd’hui, est un acte révolutionnaire.

piero.minuzzo@gmail.com

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