ATTUALITÀ - 30 ottobre 2026, 12:10

L’Université de la Vallée d’Aoste renforce ses liens avec le Japon autour de la viticulture et de l’intelligence artificielle

Une délégation de l’Université de Yamanashi, qui abrite le seul centre de recherche japonais spécifiquement consacré au vin, a été accueillie à Aoste. Au programme : coopération scientifique, échanges universitaires et nouvelles perspectives pour la viticulture de montagne, notamment grâce aux technologies numériques et à l’intelligence artificielle

L’Université de la Vallée d’Aoste regarde vers le Japon. Ce vendredi 30 octobre 2026, l’établissement universitaire valdôtain a accueilli une délégation de l’Université de Yamanashi, dans le cadre d’une démarche visant à développer les relations internationales et à ouvrir de nouvelles perspectives de collaboration entre les deux institutions. Une rencontre qui pourrait notamment déboucher sur des projets communs dans un domaine particulièrement stratégique pour les deux territoires : la viticulture.

L’Université de Yamanashi présente en effet une particularité importante : elle accueille le seul centre de recherche scientifique du Japon entièrement consacré au vin. Un domaine qui offre des possibilités de coopération avec la Vallée d’Aoste, territoire reconnu pour sa viticulture de montagne et ses productions liées à des conditions géographiques et climatiques particulières. Au-delà des échanges universitaires, les deux régions pourraient ainsi mettre en commun leurs compétences en matière de recherche, d’innovation et de valorisation de leurs ressources territoriales.

La délégation valdôtaine était accueillie par la professeure Teresa Grange, déléguée rectorale à l’internationalisation, en présence de plusieurs enseignants du cursus de licence en Langues et communication pour l’entreprise et le tourisme. Parmi eux figuraient la professeure Luisa Giacoma, qui développe depuis plus d’un an les relations avec plusieurs universités japonaises, le professeur Carlo Maria Bajetta, coordinateur de la formation, ainsi que la professeure Roberta Grandi.

La délégation japonaise était conduite par la professeure Xiaoyang Mao, responsable de l’internationalisation de l’Université de Yamanashi. Elle dirige également le Mao & Zhu & Buayai Laboratory, où sont développés des projets associant informatique graphique et intelligence artificielle aux activités viticoles. Les recherches portent notamment sur des systèmes de vision artificielle destinés à équiper des robots capables d’effectuer l’éclaircissage des grappes de raisin, ainsi que sur des solutions d’automatisation du travail dans les vignobles.

Un champ de recherche qui pourrait intéresser directement la viticulture valdôtaine, confrontée aux contraintes propres aux exploitations de montagne, où les pentes, la configuration des parcelles et les difficultés d’accès rendent certaines opérations particulièrement exigeantes en main-d’œuvre. L’innovation technologique pourrait ainsi contribuer à répondre à des enjeux économiques et sociaux majeurs pour les producteurs, notamment en matière d’organisation du travail, de coûts de production et de maintien de l’activité agricole dans les territoires alpins.

Faisaient également partie de la délégation le professeur Hiromitsu Nishizaki, directeur du Centre pour la promotion de l’internationalisation, le professeur Takeshi Nunomura, membre de ce même centre, ainsi que Michiko Ono et Tomoko Hagiwara, respectivement directrice et directrice adjointe du Bureau des relations internationales.

Cette visite s’inscrit dans une dynamique de rapprochement déjà engagée au cours du premier semestre de l’année universitaire 2025-2026. Les premiers contacts avaient notamment été concrétisés par la présence à l’Université de la Vallée d’Aoste du professeur invité Philip Graham, chargé de l’enseignement « Langue et culture anglaises » destiné aux étudiants de première année de la licence en Langues. La rencontre du 30 octobre constitue donc une nouvelle étape dans la construction de relations académiques susceptibles de déboucher sur des échanges d’étudiants, des mobilités d’enseignants et des projets de recherche conjoints.

Après avoir découvert le campus universitaire, les représentants japonais se sont rendus à l’Institut Agricole Régional, situé en région La Rochère, à Aoste. Une séance de travail est prévue dans l’après-midi afin d’examiner plus concrètement les perspectives de coopération entre les institutions. À cette occasion, le CERVIM, Centre de recherche, d’études, de sauvegarde, de coordination et de valorisation de la viticulture de montagne, présentera ses activités.

La participation du CERVIM donne une dimension supplémentaire à cette rencontre. Elle permet en effet de relier directement la coopération universitaire aux réalités économiques et agricoles du territoire, en faisant dialoguer les compétences scientifiques japonaises avec l’expérience valdôtaine en matière de viticulture héroïque. L’enjeu dépasse ainsi le seul cadre académique : il s’agit aussi d’explorer comment la recherche et les nouvelles technologies peuvent soutenir des filières agricoles confrontées à des contraintes spécifiques et contribuer à leur développement.

La journée se terminera à Aymavilles, avec une visite du domaine viticole Les Crêtes. Une dernière étape qui permettra à la délégation japonaise de découvrir concrètement une exploitation représentative de la viticulture valdôtaine et de prolonger les échanges autour des particularités des vignobles de montagne.

Au-delà de cette première rencontre, le rapprochement entre les universités de la Vallée d’Aoste et de Yamanashi ouvre donc des perspectives dans plusieurs domaines complémentaires : formation, recherche scientifique, innovation technologique et valorisation des productions locales. Pour la Vallée d’Aoste, l’intérêt réside également dans sa capacité à inscrire ses compétences et ses spécificités territoriales dans des réseaux internationaux, en faisant de la coopération universitaire un levier potentiel de développement et de rayonnement.

fe.fe.