Le Conseil de la Vallée a accueilli, dans l’après-midi du lundi 21 septembre 2026, une délégation d’anciens députés du Parti libéral-radical du canton de Neuchâtel, en séjour en Vallée d’Aoste depuis le 18 septembre. La visite s’inscrit dans le cadre du programme « Portes Ouvertes », une initiative destinée à faire connaître l’institution régionale, son fonctionnement et le rôle qu’elle exerce dans le système particulier issu du Statut spécial d’autonomie.
La délégation suisse a été reçue par le président du Conseil de la Vallée, Stefano Aggravi, par la vice-présidente Loredana Petey et par le conseiller secrétaire Laurent Viérin. Les échanges ont porté notamment sur l’organisation des institutions valdôtaines, sur les compétences exercées par la Région et sur les mécanismes qui régissent les relations entre l’Assemblée législative, le Gouvernement régional et le territoire.
Pour les visiteurs neuchâtelois, cette rencontre a également constitué une occasion de découvrir de plus près une réalité institutionnelle qui, bien que différente du système fédéral suisse, présente plusieurs points de comparaison. Le canton de Neuchâtel s’inscrit dans une Confédération où les cantons disposent de larges compétences, tandis que la Vallée d’Aoste bénéficie, dans le cadre de la République italienne, d’un régime d’autonomie spéciale reconnu par la Constitution.
Deux cadres juridiques différents, donc, mais une même attention portée à la dimension territoriale de l’action publique. C’est précisément sur ce terrain que le dialogue entre les représentants des deux territoires alpins prend une dimension particulière. La question de la proximité des institutions, de la protection des spécificités locales et de la capacité des collectivités à disposer d’espaces de décision adaptés à leurs réalités constitue un sujet commun, malgré des systèmes institutionnels profondément différents.
La présentation consacrée à la Vallée d’Aoste a notamment permis de rappeler les particularités liées au Statut spécial, qui définit un ensemble de compétences propres à la Région dans des domaines essentiels de la vie collective. L’autonomie valdôtaine s’est construite dans un contexte historique, linguistique et culturel spécifique, marqué notamment par la présence du français comme langue officielle aux côtés de l’italien et par les relations étroites entretenues avec les territoires voisins de l’espace alpin.
Le choix de faire découvrir ces caractéristiques à une délégation issue d’un canton suisse n’est pas sans intérêt. La Suisse constitue en effet, avec son organisation fédérale et la forte autonomie de ses cantons, l’un des exemples européens les plus connus de décentralisation politique. La comparaison ne signifie pas pour autant une assimilation des deux modèles : elle permet plutôt de mettre en lumière des solutions institutionnelles différentes face à des préoccupations parfois similaires.
La rencontre intervient également dans une période où les relations entre territoires alpins prennent une importance croissante, notamment autour des questions de mobilité, de coopération transfrontalière, de développement des vallées et de maintien des services dans les zones de montagne. Dans cet espace, la capacité des institutions locales à dialoguer directement et à partager leurs expériences constitue un élément important de la coopération.
Le programme « Portes Ouvertes » donne ainsi au Conseil de la Vallée une fonction qui dépasse la seule visite de ses espaces institutionnels. Il devient aussi un lieu de rencontre et de connaissance réciproque, permettant à des représentants d’autres territoires de comprendre concrètement le fonctionnement de l’autonomie valdôtaine et la place occupée par l’Assemblée régionale.
Le séjour de la délégation neuchâteloise se poursuit jusqu’au 22 septembre. Après cette étape consacrée aux institutions valdôtaines, les échanges engagés au Conseil de la Vallée auront permis de rapprocher, le temps d’une visite, deux expériences politiques issues de contextes différents mais confrontées à une même réalité alpine : celle de territoires qui cherchent à préserver leurs particularités tout en construisant des institutions capables de répondre au plus près aux besoins de leurs populations.