FEDE E RELIGIONI - 12 settembre 2026, 12:41

ÉVANGILE DE DIMANCHE: LA DIMENSION THÉRAPEUTIQUE DU PARDON

XXIV DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE - À partir d’octobre, tous les dimanches et les jours de fête d’obligation, la Sainte Messe sera célébrée à 9 h 30 en l’église Saint-Martin-de-Corléans à Aoste. La Messe sera célébrée en français, animée par des chants en français et en latin interprétés par le chœur dirigé par Iris Boniface Stévenin, avec l’accompagnement musical à l’orgue assuré par le professeur Paolo Torrente, enseignant à la Sfom.

Dimanche dernier, nous avons médité sur le mouvement vers le frère perdu et sur les étapes pour le récupérer. Aujourd'hui, Jésus nous fait « passer par la porte étroite » du pardon.

Sachant que pardonner toujours n'est pas à notre portée, Pierre nous représente en posant cette question : « Combien de fois dois-je pardonner à mon frère » qui ne cesse de m'offenser ?

Pourquoi le pardon s'inscrit-il dans l'ordre de l'impossible possible et constitue-t-il une thérapie de l'âme ? Les lectures nous invitent à passer de la « para-noia » (psychose de violence) à la « meta-noia » (conversion) pour notre salut.

1. LA GRÂCE ET LE PARDON

Le pardon est le pont qui nous unit à l'éternité. Le pardon est fondé sur la raison profonde de notre espérance, exprimée dans le mystère de la foi. Nous pardonnons car « nous attendons la venue du Seigneur dans la gloire ». Par conséquent, dans ton agir, « pense donc à ton sort final et renonce à toute haine ».

Jésus conclut la parabole du débiteur impitoyable avec ces paroles qui orientent notre vie présente : « C'est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur ».

L'homme seul, malgré ses bonnes intentions et ses résolutions, est-il capable de pardonner toujours avec un cœur sans rancœur ? La réponse est négative.

Notre instinct naturel envers celui qui offense notre amour-propre est la vengeance. Souvent, la justification de la violence est la soi-disant autodéfense contre l'offense subie.

L'homme de bonne volonté peut pardonner, mais souvent il pose des conditions. Dans beaucoup de cultures, le pardon est le signe de la faiblesse. Pour les Français : « Une fois passe, deux fois lassent et trois fois cassent ». Pour les Burundais, une fois suffit (« kabiri karazirwa »). Les Juifs étaient plus sérieux que nous, car ils arrivaient à pardonner jusqu'à sept fois.

Ainsi, sans le secours de la grâce, le pardon authentique est impossible. Mais tout est possible si nous sommes unis au Seigneur. Sans le pardon, nous nous excluons de la cité de Dieu.

Sans le pardon et la réconciliation, le monde serait un immense cimetière, dans la mesure où nous retournerions à la loi de la jungle, où l'homme devient « un loup pour l'homme », selon Thomas Hobbes (homo homini lupus), et les guerres seraient sans fin, car tous seraient contre tous (omnia bellum contra omnes).

2. LE PARDON ET LA GUÉRISON

Comment peut-on avoir la paix intérieure et vivre la joie de la prière quand le cœur est endurci, enfermé dans sa captivité contre toute possibilité de pardon ?

C'est le pardon qui unifie nos facultés fragmentées par l'esprit de vengeance. Le pardon guérit l'âme en tant qu'il crée la communion, une communication saine et la sérénité de la communauté.

Jésus nous demande de dépasser la loi de la nature pour nous ouvrir à la loi de la grâce, pour notre bien. Jésus répond à Pierre : « Non pas sept fois, mais soixante-dix fois sept fois ». Le pardon fait du bien à celui qui le donne, car l'amour porte en lui-même sa récompense.

Dans notre expérience quotidienne, nous nous rendons compte que l'avant-goût de l'enfer dans ce monde est le refus du pardon et la fermeture du cœur contre toute possibilité de réconciliation.

Certaines dépressions, appelées « nuit obscure de l'âme », sont des effets du refus d'accorder le pardon, qui est une meilleure thérapie de l'âme. Il est impossible de retrouver la sérénité intérieure quand le cœur est pollué par des idées noires qui naissent d'une rumination négative, d'une nuisance continue.

La puissance des armes ne donne pas le salut.

Le pardon n'est pas l'oubli, car le mal subi a une force objective de destruction. Le pardon est une grâce qui nous permet de transcender l'instinct de violence par la force de l'amour, en vue de célébrer le sacrement du frère perdu et retrouvé.

Jésus ne nous enseigne pas la lâcheté, mais la force de l'amour, plus fort que la mort, cet « amour désarmé et désarmant », selon l'expression du pape Léon XIV.

Il n'est pas donné à l'homme de se faire justice. Dieu est le seul Juge juste qui rend à chacun ce qu'il mérite. Dans la première lecture, Dieu condamne toute forme de rancune, de colère et de vengeance. En pardonnant les torts subis, Dieu accorde son pardon pour ses péchés.

Avec la grâce, l'impossible devient possible.

3. LE PARDON, EFFET DE LA COMPASSION

Jésus est la vérité qui illumine. Il est la miséricorde du Père faite chair « pour notre salut ».

La justice unie à la compassion engendre le pardon qui dépasse la justice commutative. Le signe du pardon de Dieu sans mesure est la remise de l'énorme dette de dix mille talents, qui équivalent à soixante millions de pièces d'argent.

En le voyant se prosterner, la face contre terre, le maître, saisi de compassion, laisse partir son serviteur.

Certains peuvent penser que le pardon est la loi des faibles ou la loi des esclaves, d'après Friedrich Nietzsche. Au contraire, la force du pardon est la vraie puissance de la volonté, la puissance de l'amour, la vraie enfance spirituelle qui désarme les armées.

4. PRIÈRE POUR LE PARDON SANS CONDITION

Seigneur, toi qui pardonnes à la femme adultère qui, selon la justice humaine, devrait subir la peine de lapidation, prends pitié de nous.

Seigneur Jésus, dont le regard de miséricorde et de compassion guérit la culpabilité de Zachée, fais-nous revenir et sauve-nous.

Seigneur Jésus, ton pardon est sans calcul quand ton dernier soupir sur la croix devient le pardon à l'humanité qui te crucifie.

Guéris-nous de nos maladies de rigidité, d'intransigeance et de violence. Ne nous traite pas selon nos offenses. Que ton amour soit sur nous, comme notre espoir est en toi.

Amen.

Bon dimanche, frères et sœurs.

Paix et joie dans nos cœurs et dans le monde.

Ton frère,
Abbé Ferdinand Nindorera

ascova