FEDE E RELIGIONI - 08 agosto 2026, 12:01

ÉVANGILE DE DIMANCHE: CONFIANCE, C’EST MOI, N’AYEZ PAS PEUR

XIXème D.T.O.A. - À partir d’octobre, tous les dimanches et les jours de fête d’obligation, la Sainte Messe sera célébrée à 9 h 30 en l’église Saint-Martin-de-Corléans à Aoste. La Messe sera célébrée en français, animée par des chants en français et en latin interprétés par le chœur dirigé par Iris Boniface Stévenin, avec l’accompagnement musical à l’orgue assuré par le professeur Paolo Torrente, enseignant à la Sfom.

Après avoir renvoyé la foule dans un état de joie et de satisfaction, Jésus gravit la montagne pour prier. Les disciples doivent traverser la mer sans lui. Dans cette aventure, les signes de la mort sont partout présents. La mer est agitée par les vents. La barque est au point de s’effondrer et ils rament en vain. C’est dans cet état de panique généralisée que Jésus les rejoint en marchant sur les eaux.

Quelle est la nature de cette mer agitée ? Que symbolisent la barque et les vents qui la secouent ? Quelle est la situation de l’Église au milieu des bouleversements de notre monde agité ?

Quel est le message que cet Évangile donne à l’homme d’aujourd’hui ?

1. LE PROPHÈTE ÉLIE À HOREB

Élie est l’un des grands prophètes qui défend vigoureusement la cause de Dieu. Il est animé d’un grand enthousiasme en défiant les adorateurs des idoles. Quand il a frappé fort les prophètes de Baal et que sa prière pour demander la pluie a été exaucée, il s’est senti fort, familier de Dieu.

Cependant, il doit aussi affronter l’exil, car la reine veut le tuer. Il devient fugitif, sans destination, sans terre et sans famille pour sa sécurité. Sa dépression est telle que la mort devient un luxe. Dans sa solitude, il se rend compte qu’il n’est pas meilleur que ses pères.

C’est à ce moment de désespoir que l’ange le réveille du sommeil de la mort, en lui donnant cet ordre : « Lève-toi et mange. » Il y avait à sa disposition une galette et une gourde d’eau.

L’instinct de stabilité dans la commodité n’épargne personne. Le prophète veut continuer son repos. Or, « il est nécessaire de ne pas s’arrêter », car la route de la vie est longue. Pour la seconde fois, l’ange le toucha et dit : « Lève-toi et marche, autrement le chemin sera trop long pour toi. »

Soutenu par cette nourriture qui anticipe l’Eucharistie, il aura la force d’arriver à destination, à la montagne du Seigneur, Horeb.

En se tenant dans la montagne, il pensait que Dieu allait passer sous une forme grandiose et glorieuse, comme dans l’expérience de Moïse au mont Sinaï. Il y eut en effet un grand ouragan, un tremblement de terre et un feu, mais le Seigneur n’était pas dans ces puissances de la nature.

Dieu, dans sa majesté, se présente comme le « Tout-loin, Tout-proche », le « Tout-Autre ». Dieu échappe aux calculs et aux prévisions humaines. Il est « Impossible possibilité ».

Saint Augustin dit à ce propos : « Si comprehendis, non est Deus. » Autrement dit, un Dieu démontré scientifiquement ne serait pas digne de notre foi.

Élie entend Dieu qui passe à travers « le bruit d’une brise légère ». Le vent tranquille symbolise l’intimité, la douceur de Dieu, qui n’a rien à voir avec la faiblesse.

La réaction du prophète est une confession de foi. Il se voile le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la grotte, où il recevra la mission d’oindre son successeur, Élisée.

2. NOS PEURS DANS LA MER AGITÉE

Avant le miracle de la multiplication des pains et du poisson, les disciples avaient demandé à Jésus de contraindre la foule à aller trouver elle-même à manger. Maintenant, c’est Jésus qui oblige les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive.

Toutefois, les disciples, sans la présence de Jésus, sont perdus dans l’abîme de la mer. Jésus dit : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire. »

En cette nuit, la barque était harcelée par les vagues, car le vent était contraire, au moment où Jésus était à l’écart pour prier. Les disciples sont apeurés.

Que symbolise cette barque malmenée par les vagues et les tempêtes ? La mer peut représenter le monde visible et invisible ; les vagues seraient des puissances négatives qui bouleversent notre histoire.

La barque qui n’arrive pas à l’autre rive malgré les efforts des disciples serait l’Église au milieu des épreuves. La barque peut être aussi la vie personnelle qui fait l’expérience de l’échec en sombrant dans la grande tristesse et la solitude. Une vie familiale peut faire la douloureuse expérience de la barque qui s’effondre.

Si nous avons la foi, nous expérimentons la présence de Dieu au milieu des épreuves. L’Évangile est la parole vivante de tout temps.

Après l’Ascension, Jésus est assis à la droite du Père, mais reste avec nous. Il ne cesse de venir en maîtrisant les puissances agressives qui s’imposent et s’interposent pour contrecarrer notre marche vers l’autre rive, l’éternité bienheureuse.

L’Église primitive devait affronter les persécutions et les dangers, car le Christ est présent jusqu’à la fin des temps.

3. L’EXPÉRIENCE DE PIERRE ET LA PROFESSION DE FOI

Les disciples subissent une double panique : l’agitation de la mer et la présence de Jésus qui marche sur les abîmes. Il est considéré comme un fantôme, une illusion.

Jésus les rassure en leur disant : « Courage, c’est moi. »

Le mot « courage », du latin coraticum, est un nom composé de cor (cœur) et aticum (action). Ainsi, courage signifie fermeté, détermination du cœur.

Jésus, pour inviter les disciples à vaincre la peur, utilise souvent ce mot. Il dit : « Gardez courage, j’ai vaincu le monde. » « Courage, ta foi t’a sauvé. »

Le courage devient la force de l’esprit pour affronter les épreuves inévitables de la vie. Le contraire du courage, c’est la témérité ou la lâcheté.

Il y a des moments où Pierre devient téméraire, quand il coupe l’oreille du serviteur du grand prêtre, ou lâche, surtout quand il nie trois fois le Maître, alors qu’il avait promis de mourir pour lui.

Dans cet épisode, Pierre se montre courageux en disant : « Si c’est bien toi, ordonne-moi de marcher sur les eaux comme toi. »

Jésus lui dit : « Viens ! »

Dans un premier temps, avec enthousiasme et en fixant son regard sur Jésus, il avance en marchant sur les eaux. Dans un second moment, il est apeuré, perd le contrôle face à la puissance du vent et crie : « Seigneur, sauve-moi ! »

Le Dieu de Jésus-Christ ne peut pas laisser son serviteur se perdre. Quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.

Cette expérience de chute et de relèvement de Pierre conduit les autres disciples à la profession de foi : Jésus est vraiment le Fils de Dieu.

4. PRIÈRE : DEMANDE DE RÉCONFORT DANS LES ÉPREUVES

Toi qui es haut et saint dans ta demeure éternelle, tu es aussi proche de l’homme contrit et humilié (Is 57, 15).

Loué sois-tu, Seigneur.

Toi qui sais tout de nous, tu connais nos faiblesses et nos peurs pour « nous conduire, nous prodiguer le réconfort dans le deuil, faisant naître en nous la louange sur les lèvres : paix ! Paix à qui est loin et à qui est proche » (Is 57, 18-19).

Béni sois-tu, Dieu d’amour.

Seigneur Jésus, tu viens calmer la mer agitée, « dont les eaux soulèvent la boue et la fange » (Is 57, 20).

Vraiment, tu es le Fils de Dieu !

Tu donnes la force à celui qui est fatigué ; à celui qui est sans vigueur, tu prodigues le réconfort. Qui croit en toi ne sera pas déçu.

« Il déploie ses ailes comme des aigles, il court sans s’épuiser, il marche sans se fatiguer » (Is 40, 31).

Jésus, Fils de Dieu, reste avec nous. Amen !

Bon dimanche, frères et sœurs.

Paix et joie dans nos cœurs et dans le monde.

Ton frère,

Abbé Ferdinand Nindorera

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