La parola d'ordine è "reimmigrazione": rimandare nei Paesi d'origine quanti più migranti possibile. È uno slogan che fa presa su una parte dell'elettorato perché appare semplice e rassicurante. Ma la realtà, come spesso accade, è molto più complessa della propaganda.
Se davvero si applicassero fino in fondo gli ambiziosi quanto demagogici progetti di Giorgia Meloni, Matteo Salvini e Roberto Vannacci, sarebbe interessante vedere loro stessi, insieme ai loro sostenitori più convinti, sostituire la manodopera che oggi tiene in piedi interi comparti dell'economia italiana. Oggi a raccogliere i pomodori, domani le arance e i mandarini, dalla prossima primavera le angurie, le ciliegie e le albicocche. E poi nei cantieri, nei magazzini, nella logistica, nell'assistenza agli anziani.
Perché questa è la domanda che nessuno affronta seriamente: chi svolgerà quei lavori che oggi gli italiani, nella stragrande maggioranza dei casi, non sono più disposti a fare alle condizioni economiche offerte?
L'agricoltura italiana vive grazie al contributo di decine di migliaia di lavoratori stranieri. Lo stesso vale per l'edilizia, la logistica e numerosi servizi essenziali. Pensare di espellere in massa questa forza lavoro senza avere un'alternativa concreta significa mettere a rischio la sopravvivenza di migliaia di imprese.
Il risultato sarebbe prevedibile: raccolti lasciati marcire nei campi, aziende agricole in crisi, cantieri rallentati, prezzi ancora più alti per i consumatori. Sarebbe un danno enorme per il sistema produttivo italiano, già alle prese con una cronica carenza di manodopera.
La politica dovrebbe spiegare come intende sostituire centinaia di migliaia di lavoratori, non limitarsi a promettere espulsioni. Altrimenti siamo di fronte all'ennesimo slogan costruito per raccogliere consenso senza preoccuparsi delle conseguenze economiche.
Nel frattempo gli italiani continuano a fare i conti con carburanti sempre più cari, un costo della vita in aumento e una sanità pubblica che fatica a garantire servizi adeguati. Sono problemi concreti che incidono ogni giorno sulla vita delle famiglie. Eppure il dibattito politico viene spesso spostato su bersagli più facili, capaci di suscitare emozioni ma non di risolvere le difficoltà del Paese.
La domanda finale resta inevitabile: gli elettori si interrogano davvero sulla sostenibilità di queste proposte o si lasciano convincere dalla forza degli slogan senza valutarne gli effetti concreti? Una democrazia matura dovrebbe pretendere risposte credibili, non semplici parole d'ordine. Perché governare significa affrontare la realtà, non raccontare quella che fa più comodo.
Meloni, Salvini, Vannacci e i pomodori
Le mot d’ordre est la « réimmigration » : renvoyer dans leur pays d’origine le plus grand nombre possible de migrants. C’est un slogan qui séduit une partie de l’électorat parce qu’il paraît simple et rassurant. Mais la réalité, comme souvent, est beaucoup plus complexe que la propagande.
Si l’on appliquait réellement jusqu’au bout les projets ambitieux autant que démagogiques de Giorgia Meloni, Matteo Salvini et Roberto Vannacci, il serait intéressant de les voir eux-mêmes, ainsi que leurs partisans les plus convaincus, remplacer la main-d’œuvre qui fait aujourd’hui tourner des secteurs entiers de l’économie italienne. Aujourd’hui dans les champs de tomates, demain dans les vergers d’oranges et de mandarines, au printemps prochain dans les récoltes de pastèques, de cerises et d’abricots. Puis sur les chantiers, dans les entrepôts, dans la logistique et dans l’assistance aux personnes âgées.
Car c’est la question que personne n’aborde sérieusement : qui accomplira ces travaux que les Italiens, dans leur immense majorité, ne sont plus disposés à effectuer aux conditions économiques actuellement proposées ?
L’agriculture italienne vit grâce à la contribution de dizaines de milliers de travailleurs étrangers. Il en va de même pour le bâtiment, la logistique et de nombreux services essentiels. Imaginer expulser massivement cette force de travail sans disposer d’une alternative concrète revient à mettre en péril la survie de milliers d’entreprises.
Le résultat serait prévisible : des récoltes abandonnées dans les champs, des exploitations agricoles en difficulté, des chantiers ralentis et des prix encore plus élevés pour les consommateurs. Ce serait un dommage considérable pour le système productif italien, déjà confronté à une pénurie chronique de main-d’œuvre.
La politique devrait expliquer comment elle entend remplacer des centaines de milliers de travailleurs, plutôt que de se limiter à promettre des expulsions. Sinon, nous sommes face à un énième slogan conçu pour récolter des voix sans se préoccuper des conséquences économiques.
Pendant ce temps, les Italiens continuent de faire face à des carburants toujours plus chers, à une hausse du coût de la vie et à un système de santé public qui peine à garantir des services adéquats. Ce sont là des problèmes concrets qui affectent chaque jour la vie des familles. Pourtant, le débat politique est souvent déplacé vers des cibles plus faciles, capables de susciter des émotions mais incapables de résoudre les difficultés du pays.
La question finale demeure inévitable : les électeurs s’interrogent-ils réellement sur la viabilité de ces propositions ou se laissent-ils convaincre par la force des slogans sans en évaluer les effets concrets ? Une démocratie mûre devrait exiger des réponses crédibles, et non de simples mots d’ordre. Car gouverner signifie affronter la réalité, et non raconter celle qui est la plus commode.