C'è un momento in cui una democrazia dovrebbe fermarsi e chiedersi dove sta andando. Quel momento è adesso.
Il Consiglio dei ministri ha approvato un disegno di legge che modifica radicalmente il principio dell'imputabilità dei minori. Non è una questione tecnica riservata ai giuristi. È una scelta politica, culturale e morale.
Fino a oggi era lo Stato a dover dimostrare che un ragazzo tra i quattordici e i diciotto anni fosse capace di intendere e di volere. Da domani sarà vero il contrario: quella capacità verrà presunta. Il minore sarà considerato imputabile per definizione, salvo prova contraria.
È un ribaltamento di principio che inquieta profondamente.
Da anni questo governo costruisce il proprio consenso sulla paura. Ogni emergenza diventa un decreto sicurezza. Ogni problema sociale si trasforma in un problema di ordine pubblico. Ogni disagio viene affrontato con nuove pene, nuovi reati, nuove restrizioni. Mai una volta che ci si domandi perché un adolescente delinque, perché una famiglia implode, perché una periferia diventa una fabbrica di emarginazione.
È molto più semplice alzare la voce che costruire risposte.
La sicurezza è diventata l'unica grammatica della politica. Ma una società non diventa più sicura semplicemente perché manda più persone davanti a un giudice. Diventa più sicura quando investe nella scuola, negli educatori, nei servizi sociali, nella prevenzione, nella cultura, nello sport, nelle opportunità. Tutto ciò che richiede tempo, competenza e risorse. Tutto ciò che produce meno titoli sui giornali ma risultati infinitamente migliori.
Questo governo, invece, continua a preferire la scorciatoia repressiva.
Ogni mese c'è un nuovo provvedimento. Ogni settimana un nuovo nemico da indicare. Gli immigrati, gli occupanti, gli ambientalisti, chi manifesta, i giovani. Sempre qualcuno da additare come responsabile dell'insicurezza nazionale.
È una spirale che alimenta consenso, non soluzioni.
Per questo il titolo di questo editoriale è volutamente provocatorio: "A quando le leggi razziali?"
Non perché questo disegno di legge sia paragonabile alle infami leggi del 1938, che rappresentano una delle pagine più vergognose della storia italiana e non possono essere banalizzate con confronti superficiali. Ma perché ogni volta che uno Stato sceglie di restringere le garanzie, di comprimere i diritti in nome della sicurezza, di trasformare l'eccezione in regola, il dovere di una stampa libera è quello di lanciare l'allarme prima che sia troppo tardi.
Le democrazie non muoiono all'improvviso. Cambiano un provvedimento alla volta. Un decreto dopo l'altro. Una presunzione giuridica oggi, una limitazione domani, una libertà in meno dopodomani.
Si abitua l'opinione pubblica all'idea che la sicurezza valga più delle garanzie. Che la repressione sia più efficace della prevenzione. Che il sospetto possa sostituire la tutela.
È una strada pericolosa.
Un ragazzo di quattordici anni non è un adulto in miniatura. È una persona in formazione. Può sbagliare gravemente, certamente. Deve rispondere delle proprie azioni, quando ne ricorrono le condizioni. Ma proprio perché è un minore il diritto italiano ha sempre imposto una valutazione individuale della sua maturità psicologica. Non era un favore al reo. Era una garanzia di civiltà giuridica.
Oggi quella garanzia viene indebolita.
Non ci raccontino che tutto questo renderà l'Italia più sicura. La sicurezza non nasce dalle conferenze stampa di Palazzo Chigi, né dalla moltiplicazione delle norme penali. Nasce dalla giustizia sociale, dall'istruzione, dall'inclusione, dal lavoro, dalla speranza.
Finché si continuerà a confondere la fermezza con la propaganda, continueremo ad assistere all'ennesimo decreto, all'ennesima stretta, all'ennesimo titolo ad effetto.
I problemi, quelli veri, resteranno tutti lì.
E allora sì, la domanda diventa inevitabile: quale sarà il prossimo passo?
Perché quando una politica sceglie sistematicamente di sacrificare le garanzie sull'altare della paura, il compito dei cittadini non è applaudire. È vigilare.
A quando le leggi razziali?
Il existe un moment où une démocratie doit savoir s'arrêter, regarder le chemin parcouru et se demander : où allons-nous ?
Ce moment est arrivé.
Le Conseil des ministres italien vient d'approuver un projet de loi qui bouleverse profondément le principe de responsabilité pénale des mineurs. Certains voudront y voir une simple réforme technique du Code pénal. C'est une erreur. Derrière cette mesure se joue un choix de société, un choix politique et même un choix moral.
Jusqu'à présent, dans le droit italien, il revenait à l'État de démontrer qu'un adolescent âgé de quatorze à dix-huit ans disposait réellement de la capacité de comprendre la portée de ses actes et de maîtriser sa volonté. Désormais, le principe est inversé : cette capacité sera présumée. Le mineur sera considéré comme responsable, sauf démonstration contraire.
Ce renversement de perspective n'est pas anodin. Il inquiète profondément.
Depuis son arrivée au pouvoir, ce gouvernement semble avoir fait de la peur le moteur principal de son action politique. À chaque difficulté, une réponse sécuritaire. À chaque problème social, une réponse pénale. À chaque malaise de la société, une nouvelle sanction, une nouvelle interdiction, une nouvelle restriction.
Mais jamais ou presque la question essentielle n'est posée : pourquoi un adolescent bascule-t-il dans la violence ? Pourquoi certaines familles se désagrègent-elles ? Pourquoi certains quartiers deviennent-ils des territoires d'abandon ?
Il est toujours plus facile de punir que de prévenir. Plus facile de désigner un coupable que de construire une réponse.
La sécurité est devenue l'unique langage politique. Pourtant, une nation ne devient pas plus sûre simplement en augmentant le nombre de personnes poursuivies ou condamnées. Elle devient plus sûre lorsqu'elle investit dans l'école, dans l'éducation, dans les travailleurs sociaux, dans la prévention, dans la culture, dans le sport et dans l'avenir de sa jeunesse.
Tout cela demande du temps, de la vision et du courage politique. Tout cela produit moins de slogans, mais davantage de résultats.
Le choix fait aujourd'hui est malheureusement différent : celui de la facilité répressive.
Jour après jour, texte après texte, l'opinion publique est habituée à l'idée qu'il faudrait toujours davantage de contrôle, davantage de sanctions, davantage de contraintes. À chaque période correspond son adversaire désigné : hier les immigrés, aujourd'hui les occupants, les militants écologistes, les manifestants, demain peut-être d'autres catégories encore.
Une politique fondée sur la désignation permanente d'un responsable nourrit la peur. Elle ne construit pas la sécurité.
C'est pourquoi le titre de cet éditorial est volontairement provocateur : « À quand les lois raciales ? »
Non, il ne s'agit évidemment pas de comparer cette réforme aux lois raciales de 1938, qui furent une infamie absolue et l'une des pages les plus sombres de l'histoire italienne. Une telle comparaison serait indigne de leur gravité.
Mais l'histoire nous enseigne une chose essentielle : les libertés ne disparaissent jamais en un seul jour. Elles reculent progressivement, par petites étapes, lorsque la société accepte que certaines garanties soient sacrifiées au nom d'une urgence permanente.
Une démocratie ne bascule pas brutalement. Elle se transforme mesure après mesure. Décret après décret. Exception après exception.
Aujourd'hui une présomption juridique. Demain une nouvelle limitation. Après-demain une liberté de moins.
Le danger n'est pas seulement dans le texte adopté. Il est dans l'habitude que l'on crée : l'habitude de penser que la sécurité doit toujours l'emporter sur les droits, que la répression serait plus efficace que la prévention, que la suspicion pourrait remplacer la confiance.
C'est une pente dangereuse.
Un adolescent de quatorze ans n'est pas un adulte en réduction. C'est un être humain en construction. Il peut commettre des actes graves et doit naturellement en assumer les conséquences lorsque la justice l'établit. Mais précisément parce qu'il est mineur, une démocratie digne de ce nom doit continuer à évaluer sa maturité, son parcours, son environnement et sa capacité réelle de discernement.
Ce n'était pas une faiblesse de notre système judiciaire. C'était une marque de civilisation.
Aujourd'hui, cette garantie recule.
Que personne ne prétende que cette fuite en avant rendra l'Italie plus sûre. La sécurité ne se décrète pas depuis les salons du pouvoir. Elle ne naît pas des conférences de presse ni de l'empilement des lois pénales.
Elle naît de la justice sociale, de l'éducation, de l'intégration, du travail et de l'espoir.
Tant que l'on confondra autorité et communication politique, fermeté et spectacle, nous continuerons d'assister au même scénario : une nouvelle loi, un nouveau durcissement, une nouvelle annonce.
Pendant ce temps, les vrais problèmes resteront sans réponse.
Alors oui, la question demeure : quelle sera la prochaine étape ?
Car lorsqu'un pouvoir choisit systématiquement de sacrifier les garanties au nom de la peur, le rôle des citoyens n'est pas d'applaudir.
Le rôle des citoyens est de rester vigilants.