Il quartiere Dora dice no all'ennesimo supermercato. E lo fa con ragioni che meritano di essere ascoltate, perché non riguardano soltanto un progetto edilizio, ma il futuro di un'intera comunità.
Nato tra gli anni Sessanta e Settanta come quartiere popolare dell'Istituto Case Popolari, il Dora è oggi abitato prevalentemente da persone anziane. Una comunità che nel corso degli anni aveva costruito una propria rete di servizi di vicinato: la panetteria, il bar, la lavanderia, i piccoli negozi dove non si acquistavano soltanto beni, ma si coltivavano relazioni umane. Attività che, una dopo l'altra, hanno abbassato definitivamente la serranda, soffocate dalla concorrenza della grande distribuzione e dall'assenza di politiche capaci di sostenerle.
Oggi, come risposta, si propone un altro supermercato.
È difficile non vedere il paradosso.
Invece di interrogarsi su come riportare vita commerciale nel quartiere, favorendo il piccolo commercio e i servizi di prossimità, si sceglie ancora una volta la strada della grande distribuzione, con il risultato di aggravare proprio le cause che hanno portato alla scomparsa dei negozi storici.
Il progetto interessa il grande prato che delimita il lato ovest del quartiere, l'ultima ampia area verde rimasta. Uno spazio che il Piano urbanistico di dettaglio immaginava destinato a nuove abitazioni e attività terziarie e che oggi rischia di essere trasformato nell'ennesimo contenitore commerciale.
Ma il problema non è soltanto ciò che verrà costruito. È il contesto nel quale verrebbe inserito.
Il quartiere Dora è già stretto in una morsa. A nord la barriera della Statale 26, con il suo incessante flusso di traffico. A sud una strada ad alta percorrenza e il torrente Dora. A est una concentrazione impressionante di supermercati, grandi magazzini e parcheggi. A ovest, se il progetto andasse in porto, sorgerebbe un'altra grande struttura commerciale.
Una cintura di cemento e asfalto attraversata ogni giorno da migliaia di automobili, con inevitabili conseguenze sulla qualità dell'aria, sul rumore e sulla sicurezza della circolazione.
Davvero questa è la riqualificazione che serve al quartiere?
Perché riqualificare non significa semplicemente costruire qualcosa di nuovo. Riqualificare significa migliorare la qualità della vita di chi quel quartiere lo abita ogni giorno.
Per gli anziani del Dora non serve un supermercato in più. Servono servizi raggiungibili a piedi, luoghi di incontro, spazi verdi, panchine, percorsi sicuri, attività di vicinato che restituiscano identità e socialità a un quartiere che rischia di diventare soltanto una periferia commerciale.
L'impressione, invece, è che prevalgano altre logiche. La richiesta di variante urbanistica appare sempre meno come un progetto di interesse pubblico e sempre più come un'operazione di valorizzazione immobiliare. Un'occasione per trasformare un prato in metri quadrati edificabili, sacrificando l'ultimo polmone verde del quartiere.
È una scelta politica. E come tale va giudicata.
L'amministrazione comunale avrebbe potuto cogliere l'occasione per immaginare un futuro diverso: sostenere il commercio di vicinato, recuperare gli spazi pubblici, rafforzare i servizi per una popolazione sempre più anziana, preservare l'unica grande area verde rimasta all'interno di un quartiere già completamente circondato dal cemento.
Ha invece imboccato la strada opposta.
Il "no" del quartiere Dora non è una protesta contro il progresso. È la richiesta di uno sviluppo diverso, che metta al centro le persone e non soltanto il valore immobiliare delle aree.
Perché una città che continua a sostituire prati con parcheggi e negozi di quartiere con supermercati rischia di perdere molto più del verde. Rischia di perdere la propria anima.
Soffocati dai supermercati
Le quartier Dora dit non à un nouveau supermarché. Et il le fait pour des raisons qui méritent d'être entendues, car il ne s'agit pas seulement d'un projet immobilier, mais de l'avenir de toute une communauté.
Construit dans les années 1960 et 1970 par l'Institut autonome des logements populaires, le quartier Dora est aujourd'hui habité en grande partie par des personnes âgées. Une communauté qui, au fil des années, avait vu se développer un véritable réseau de commerces de proximité : la boulangerie, le café, la blanchisserie, les petits magasins où l'on n'achetait pas seulement des produits, mais où l'on entretenait aussi des liens humains. Des activités qui, les unes après les autres, ont définitivement baissé le rideau, étouffées par la concurrence de la grande distribution et par l'absence de politiques capables de les soutenir.
Aujourd'hui, la réponse proposée est... un nouveau supermarché.
Il est difficile de ne pas y voir un paradoxe.
Au lieu de réfléchir à la manière de redonner une vie commerciale au quartier, en soutenant les commerces de proximité et les services de quartier, on choisit une fois de plus de favoriser la grande distribution, avec pour conséquence d'aggraver précisément les causes qui ont conduit à la disparition des commerces historiques.
Le projet concerne la vaste prairie qui marque la limite ouest du quartier, le dernier grand espace vert encore disponible. Un terrain que le plan d'urbanisme de détail destinait initialement à des logements et à des activités tertiaires, et qui risque aujourd'hui d'être transformé en un nouveau complexe commercial.
Mais le problème ne réside pas seulement dans ce qui sera construit. Il réside surtout dans le contexte dans lequel ce projet s'inscrit.
Le quartier Dora est déjà enfermé dans un véritable étau. Au nord, la route nationale 26 forme une barrière de circulation permanente. Au sud, une voie à grande circulation et la Doire Baltée constituent une autre limite physique. À l'est, une concentration impressionnante de supermarchés, de grandes surfaces et de parkings. À l'ouest, si le projet devait aboutir, viendrait s'ajouter une nouvelle grande surface commerciale.
Une ceinture de béton et d'asphalte parcourue chaque jour par des milliers de véhicules, avec toutes les conséquences que cela implique en matière de pollution atmosphérique, de bruit et de sécurité routière.
Est-ce vraiment cela, la requalification dont le quartier a besoin ?
Car requalifier ne signifie pas simplement construire du neuf. Requalifier, c'est améliorer la qualité de vie de celles et ceux qui vivent quotidiennement dans ce quartier.
Les habitants âgés de Dora n'ont pas besoin d'un supermarché supplémentaire. Ils ont besoin de services accessibles à pied, de lieux de rencontre, d'espaces verts, de bancs publics, de cheminements sûrs et de commerces de proximité capables de redonner au quartier son identité et sa vie sociale.
L'impression qui se dégage est pourtant toute autre. La demande de modification du plan d'urbanisme apparaît de moins en moins comme un projet d'intérêt public et de plus en plus comme une opération de spéculation immobilière. Une occasion de transformer une prairie en mètres carrés constructibles, au détriment du dernier véritable poumon vert d'un quartier déjà entièrement encerclé par le béton.
Il s'agit d'un choix politique. Et, comme tout choix politique, il doit être assumé et jugé.
L'administration communale aurait pu saisir cette occasion pour imaginer un autre avenir : soutenir les commerces de proximité, réaménager les espaces publics, renforcer les services destinés à une population toujours plus âgée et préserver le dernier grand espace vert d'un quartier déjà cerné par le béton et l'asphalte.
Elle semble avoir choisi la direction inverse.
Le « non » du quartier Dora n'est pas un refus du progrès. C'est l'appel en faveur d'un autre modèle de développement, qui place les personnes avant la rentabilité foncière.
Car une ville qui continue à remplacer les prairies par des parkings et les commerces de proximité par des supermarchés risque de perdre bien davantage que ses espaces verts.
Elle risque de perdre son âme.