Per fortuna c'è ancora il Presidente della Repubblica
C'è una differenza sottile ma decisiva tra uno Stato di diritto e il Far West. Nel primo è il giudice che pronuncia la sentenza. Nel secondo è l'opinione pubblica che la riscrive.
Il caso Mario Roggero sta diventando il paradigma di una politica che non accetta più il verdetto dei tribunali quando questo non coincide con il sentimento popolare. È una deriva pericolosa. Perché oggi il protagonista è un gioielliere, domani potrebbe essere chiunque abbia abbastanza consenso da trasformare una condanna definitiva in una raccolta di firme.
Carlo Nordio, ministro della Giustizia, ha ritenuto opportuno annunciare l'apertura di un'istruttoria per valutare la grazia. Matteo Salvini si è precipitato a cavalcare l'onda, come se la giustizia fosse una branca della propaganda elettorale. Entrambi, forse, hanno dimenticato che la grazia non è un premio di simpatia né uno strumento per correggere sentenze che non piacciono alla politica.
A ricordarglielo ci ha pensato Sergio Mattarella. Con la discrezione dei grandi servitori dello Stato e senza bisogno di alzare la voce, ha fatto capire che la Costituzione non è un elastico da tirare secondo convenienza. La grazia appartiene al Capo dello Stato. Punto. Non è un sondaggio, non è un talk show, non è una diretta Facebook.
Per fortuna c'è ancora Mattarella.
Perché negli ultimi anni si è diffusa una teoria tanto semplice quanto devastante: se uno ci sta simpatico, allora la legge deve piegarsi. Se invece ci è antipatico, allora la legge deve essere inflessibile. È la giustizia dell'applausometro, non quella della Repubblica.
Roggero ha subito una rapina. Nessuno lo nega. Nessuno può sottovalutare il trauma che un episodio del genere lascia addosso. Ma i giudici di tre gradi di giudizio hanno stabilito che la legittima difesa era finita quando i rapinatori erano ormai in fuga. Da quel momento è cominciata un'altra storia: un inseguimento, numerosi colpi di pistola, due uomini uccisi, un terzo ferito e poi colpito con calci quando era ormai a terra. Questo hanno accertato i tribunali della Repubblica.
Il resto è propaganda.
Perché la domanda vera è un'altra. Se ogni cittadino potesse trasformarsi in giudice, giuria e boia una volta cessato il pericolo, che cosa resterebbe dello Stato? Nulla. Resterebbe soltanto la legge del più forte.
Fa impressione ascoltare certi garantisti improvvisati. Sono gli stessi che, in altri processi, invocano il rispetto assoluto delle sentenze. Poi, quando la sentenza riguarda un imputato che suscita consenso, improvvisamente i giudici diventano ideologici, le toghe rosse ricompaiono e la condanna diventa un'ingiustizia da cancellare.
No. Le sentenze non si rispettano a giorni alterni.
Si rispettano sempre.
Chi viene condannato deve scontare la pena. Vale per il politico corrotto, per il mafioso, per il terrorista, per il ladro e vale anche per chi, pur partendo dalla posizione di vittima, oltrepassa il limite che lo Stato di diritto impone a tutti.
Qualcuno cita altre grazie, altri provvedimenti di clemenza, altri precedenti. È un gioco delle tre carte. La grazia concessa in casi caratterizzati da gravissime condizioni di salute o da eccezionali ragioni umanitarie non ha nulla a che vedere con una campagna politica costruita attorno a una sentenza definitiva. Mescolare le due cose significa svuotare la grazia della sua natura costituzionale e trasformarla in una medaglia da appuntare sul petto dei beniamini dell'opinione pubblica.
La verità è che la politica dovrebbe avere il coraggio di dire una frase semplice, anche se impopolare: la legge vale soprattutto quando non ci piace.
Perché è facile applaudire una sentenza che colpisce il proprio avversario. È molto più difficile accettarne una che riguarda qualcuno verso il quale si prova comprensione. Ma è proprio lì che si misura la civiltà giuridica di un Paese.
Nordio avrebbe dovuto essere il primo a difendere questo principio. Ha preferito inseguire il clamore. Salvini ha fatto ciò che fa da anni: trasformare ogni vicenda giudiziaria in una bandiera politica.
Mattarella, invece, ha fatto semplicemente il Presidente della Repubblica.
E oggi, in tempi in cui la politica sembra confondere il consenso con il diritto e l'emozione con la giustizia, non è poco.
Anzi.
È moltissimo.
Perché senza il rispetto delle sentenze definitive non esiste la Repubblica. Esiste soltanto una giustizia a richiesta, diversa a seconda del nome dell'imputato e del colore della piazza che lo sostiene.
E quella non è giustizia.
È arbitrio.
Mattarella, Nordio, Roggero
Heureusement qu'il y a encore le Président de la République
Il existe une différence subtile, mais fondamentale, entre un État de droit et le Far West. Dans le premier, c'est le juge qui rend son verdict. Dans le second, c'est l'opinion publique qui le réécrit.
L'affaire Mario Roggero est en train de devenir le symbole d'une politique qui n'accepte plus les décisions des tribunaux lorsqu'elles ne coïncident pas avec le sentiment populaire. C'est une dérive dangereuse. Car aujourd'hui, le protagoniste est un bijoutier ; demain, ce pourrait être n'importe quel condamné bénéficiant d'un soutien suffisant pour transformer une condamnation définitive en pétition populaire.
Carlo Nordio, ministre de la Justice, a jugé opportun d'annoncer l'ouverture d'une procédure visant à examiner une éventuelle grâce. Matteo Salvini s'est aussitôt empressé de surfer sur la vague, comme si la justice était devenue une simple branche de la propagande électorale. Tous deux semblent avoir oublié que la grâce n'est ni une récompense de popularité ni un instrument destiné à corriger les décisions de justice qui déplaisent à la politique.
C'est Sergio Mattarella qui a dû le leur rappeler. Avec la discrétion qui caractérise les grands serviteurs de l'État, sans élever la voix, il a rappelé que la Constitution n'est pas un texte que l'on étire au gré des convenances. Le droit de grâce appartient au Président de la République. Point final. Ce n'est ni un sondage, ni un débat télévisé, ni un direct sur les réseaux sociaux.
Heureusement qu'il y a encore Mattarella.
Car, ces dernières années, une idée aussi simple que dangereuse s'est imposée : lorsqu'un condamné nous est sympathique, la loi devrait s'adapter ; lorsqu'il nous déplaît, elle devrait être implacable. C'est la justice de l'applaudimètre, pas celle de la République.
Roggero a été victime d'un braquage. Personne ne le conteste. Personne ne peut minimiser le traumatisme d'une telle épreuve. Mais les juges, au terme des trois degrés de juridiction, ont estimé que la légitime défense avait pris fin lorsque les braqueurs avaient déjà pris la fuite. À partir de cet instant, une autre histoire a commencé : une poursuite, plusieurs coups de feu, deux hommes tués, un troisième blessé puis frappé à coups de pied alors qu'il était déjà à terre. Voilà ce qu'ont établi les tribunaux de la République.
Le reste relève de la propagande.
La véritable question est ailleurs. Si chaque citoyen pouvait se transformer en juge, en jury et en bourreau une fois le danger écarté, que resterait-il de l'État ? Plus rien. Il ne subsisterait que la loi du plus fort.
Il est étonnant d'entendre certains se découvrir soudainement défenseurs des garanties judiciaires. Les mêmes qui, dans d'autres affaires, réclament le respect absolu des décisions de justice. Puis, lorsque la condamnation concerne une personne qui suscite la sympathie, les juges deviennent soudain « idéologiques », les éternelles accusations contre la magistrature ressurgissent et la condamnation se transforme en injustice qu'il faudrait effacer.
Non. Les décisions de justice ne se respectent pas un jour sur deux.
Elles se respectent toujours.
Toute personne condamnée doit exécuter sa peine. Cela vaut pour le responsable politique corrompu, pour le mafieux, pour le terroriste, pour le voleur, mais aussi pour celui qui, bien qu'ayant été initialement victime, dépasse les limites que l'État de droit impose à chacun.
Certains invoquent d'autres grâces présidentielles, d'autres mesures de clémence, d'autres précédents. La comparaison est trompeuse. Les grâces accordées pour des raisons humanitaires exceptionnelles ou en raison d'un état de santé extrêmement grave n'ont rien à voir avec une campagne politique organisée autour d'une condamnation devenue définitive. Confondre les deux revient à vider la grâce de sa véritable nature constitutionnelle pour en faire une récompense destinée aux favoris de l'opinion publique.
La vérité est que la politique devrait avoir le courage d'affirmer une chose simple, même si elle est impopulaire : la loi vaut précisément lorsqu'elle nous dérange.
Car il est facile d'applaudir une condamnation qui frappe son adversaire. Il est beaucoup plus difficile d'accepter celle qui concerne une personne envers laquelle on éprouve de la compréhension. C'est pourtant à cet instant que se mesure la maturité juridique d'une démocratie.
Nordio aurait dû être le premier à défendre ce principe. Il a préféré suivre le tumulte médiatique. Salvini, quant à lui, a fait ce qu'il fait depuis des années : transformer chaque affaire judiciaire en bannière politique.
Mattarella, lui, s'est contenté de faire ce que la Constitution lui demande : être le Président de la République.
Et, à une époque où la politique tend à confondre le consensus avec le droit et l'émotion avec la justice, ce n'est pas peu de chose.
C'est, au contraire, essentiel.
Car sans le respect des décisions de justice définitives, il n'existe plus de République. Il ne reste qu'une justice à géométrie variable, différente selon le nom du condamné et la couleur de la foule qui le soutient.
Et cela n'est plus la justice.
C'est l'arbitraire.