Ci sono sentenze che chiudono una causa e sentenze che aprono una riflessione. Quella con cui il Tribunale di Aosta ha condannato cinque ex consiglieri regionali a rispettare gli impegni economici assunti al momento della candidatura appartiene certamente alla seconda categoria.
La vicenda è nota. Nel 2020 nasce Progetto Civico Progressista, un'alleanza costruita per unire la sinistra valdostana e presentarsi agli elettori con un programma comune. Insieme al progetto politico, i candidati sottoscrivono anche un preciso impegno: destinare una quota delle indennità percepite durante il mandato all'attività politica della coalizione. Dopo pochi mesi, però, arrivano le divisioni, la scissione, la nascita di un nuovo gruppo consiliare e il rifiuto, da parte di alcuni eletti, di rispettare quanto avevano firmato. La conseguenza è stata una lunga battaglia giudiziaria conclusa con una condanna al pagamento di oltre 180 mila euro.
Ma sarebbe un errore fermarsi all'aspetto economico.
Il vero conto che la politica continua a non voler pagare è quello della coerenza.
Ogni candidato che si presenta alle elezioni lo fa grazie a un simbolo, a una lista, a un programma e a una squadra. Nessuno viene eletto nel vuoto. Chiede fiducia ai cittadini promettendo di rappresentare un progetto politico preciso. Quel voto non è un assegno in bianco intestato alla persona, ma un mandato costruito su idee, valori e impegni condivisi.
Eppure assistiamo con una frequenza disarmante a cambi di casacca, scissioni, ricollocazioni e nuovi approdi. Si cambia gruppo come se si cambiasse ufficio. Si abbandona il partito che ha consentito l'elezione per costruire nuovi equilibri, inseguire incarichi più prestigiosi o semplicemente perché il vento politico è cambiato. Tutto perfettamente legittimo dal punto di vista giuridico. Molto meno da quello morale.
Chi lascia il partito con cui è stato eletto dovrebbe avere il coraggio di riconsegnare il mandato agli elettori. È una posizione che potrà apparire radicale, ma rappresenta l'essenza della correttezza istituzionale. Perché il seggio non nasce soltanto dal consenso personale: nasce dalla fiducia riposta in un progetto collettivo.
La Costituzione esclude il vincolo di mandato, ed è giusto che sia così. Un eletto deve poter agire secondo coscienza. Ma proprio perché la legge tutela questa libertà, dovrebbe essere la coscienza a imporre un limite che il diritto non può fissare. L'etica deve arrivare dove la norma si ferma.
Non è questione di destra o di sinistra. Non è questione di maggioranza o di opposizione. È una questione di rispetto verso chi ha espresso il proprio voto.
Ogni volta che un eletto cambia casacca senza rimettersi al giudizio degli elettori, il messaggio che passa è devastante: il voto diventa uno strumento per ottenere un posto, non un mandato da onorare. È il principio stesso della rappresentanza a uscirne indebolito.
La politica continua a interrogarsi sul crescente astensionismo senza voler guardare la causa principale della disaffezione. I cittadini non smettono di votare perché sono disinteressati. Smettono di votare quando hanno la sensazione che le promesse valgano soltanto fino alla proclamazione degli eletti.
La sentenza di Aosta, in questo senso, assume un valore che va oltre il caso concreto. Ricorda che una firma ha un peso. Che gli impegni liberamente assunti non possono essere cancellati dalla convenienza del momento. Che la parola data non è un dettaglio burocratico, ma il fondamento stesso della credibilità.
Forse è arrivato il momento di introdurre anche nel dibattito politico una forma di responsabilità più severa. Non necessariamente attraverso nuove sanzioni giuridiche, ma con una regola di civiltà democratica che i partiti dovrebbero fare propria: chi cambia il partito con cui è stato eletto dovrebbe dimettersi e chiedere nuovamente il consenso degli elettori. Sarebbe un gesto di rispetto, prima ancora che di coerenza.
Perché gli incarichi passano. Le maggioranze cambiano. Le alleanze si costruiscono e si dissolvono. Ma la parola data dovrebbe rimanere.
E se oggi un tribunale ricorda che gli impegni economici si pagano, sarebbe auspicabile che la politica riscoprisse una verità ancora più semplice e più alta: anche gli impegni morali hanno un prezzo. Quel prezzo si chiama credibilità. E quando la credibilità viene dilapidata, non c'è sentenza che possa restituirla.
Gli impegni si pagano
Il est des jugements qui mettent un terme à un litige, et d'autres qui ouvrent une réflexion. Celui par lequel le Tribunal d'Aoste a condamné cinq anciens conseillers régionaux à respecter les engagements financiers qu'ils avaient pris au moment de leur candidature appartient sans aucun doute à cette seconde catégorie.
Les faits sont connus. En 2020, naît Progetto Civico Progressista, une alliance créée pour rassembler la gauche valdôtaine et se présenter aux électeurs avec un programme commun. Parallèlement à ce projet politique, les candidats signent un engagement précis : consacrer une partie de leurs indemnités de mandat au financement de l'activité politique de la coalition. Quelques mois plus tard pourtant, surviennent les divisions, la scission, la création d'un nouveau groupe au Conseil régional et le refus de certains élus de respecter les engagements qu'ils avaient librement souscrits. Il s'ensuit une longue bataille judiciaire qui s'est conclue par une condamnation au paiement de plus de 180 000 euros.
Mais il serait réducteur de s'arrêter à l'aspect financier de cette affaire.
La véritable dette que la politique continue de refuser de régler est celle de la cohérence.
Tout candidat qui sollicite les suffrages des citoyens le fait au nom d'un symbole, d'une liste, d'un programme et d'une équipe. Nul n'est élu dans le vide. Chacun demande la confiance des électeurs en promettant de représenter un projet politique précis. Ce vote n'est pas un chèque en blanc accordé à une personne, mais un mandat fondé sur des idées, des valeurs et des engagements partagés.
Pourtant, nous assistons avec une fréquence déconcertante à des changements d'étiquette, des scissions, des repositionnements et de nouvelles alliances. On change de groupe politique comme on changerait de bureau. On quitte le parti grâce auquel on a été élu pour rechercher de nouveaux équilibres, obtenir des fonctions plus prestigieuses ou simplement parce que le vent politique a tourné. Tout cela est parfaitement légitime sur le plan juridique. Beaucoup moins sur le plan moral.
Celui qui quitte le parti sous les couleurs duquel il a été élu devrait avoir le courage de rendre son mandat aux électeurs. Cette position pourra paraître radicale, mais elle traduit l'essence même de la loyauté institutionnelle. Car un siège ne repose pas uniquement sur le consensus personnel : il est aussi le fruit de la confiance accordée à un projet collectif.
La Constitution exclut le mandat impératif, et c'est heureux. Un élu doit pouvoir agir selon sa conscience. Mais précisément parce que la loi protège cette liberté, c'est à la conscience qu'il revient de fixer les limites que le droit ne peut imposer. L'éthique doit aller là où la règle juridique s'arrête.
Il ne s'agit ni de droite ni de gauche. Ni de majorité ni d'opposition. Il s'agit du respect dû à celles et ceux qui ont exprimé leur suffrage.
Chaque fois qu'un élu change de camp sans se soumettre de nouveau au jugement des électeurs, le message envoyé est désastreux : le vote devient un moyen d'obtenir une fonction plutôt qu'un mandat à honorer. C'est le principe même de la représentation démocratique qui s'en trouve affaibli.
La politique s'interroge sans cesse sur la progression de l'abstention, sans vouloir regarder en face la véritable cause de cette désaffection. Les citoyens ne cessent pas de voter par désintérêt. Ils cessent de voter lorsqu'ils ont le sentiment que les promesses ne valent que jusqu'au lendemain de l'élection.
Le jugement rendu à Aoste revêt, à cet égard, une portée qui dépasse largement le cas d'espèce. Il rappelle qu'une signature engage. Que les engagements librement pris ne peuvent être effacés au gré des convenances du moment. Que la parole donnée n'est pas un simple détail administratif, mais le fondement même de la crédibilité.
Il est peut-être temps d'introduire dans le débat politique une conception plus exigeante de la responsabilité. Non pas nécessairement par de nouvelles sanctions juridiques, mais par une règle de civilisation démocratique que les partis devraient faire leur : celui qui quitte le parti grâce auquel il a été élu devrait démissionner et solliciter à nouveau la confiance des électeurs. Ce serait un acte de respect avant même d'être un acte de cohérence.
Les fonctions passent. Les majorités changent. Les alliances se font et se défont. Mais la parole donnée, elle, devrait demeurer.
Et si, aujourd'hui, un tribunal rappelle que les engagements financiers ont un prix, il serait souhaitable que la politique redécouvre une vérité encore plus simple et plus élevée : les engagements moraux ont eux aussi un coût. Ce coût s'appelle la crédibilité. Et lorsqu'elle est dilapidée, aucun jugement ne peut la restituer.