ATTUALITÀ - 08 luglio 2026, 11:01

La Rencontre valdôtaine s’ouvre à Valtournenche avec un voyage dans la mémoire de l’émigration

Le premier rendez-vous du programme « autour de la Rencontre » se tiendra le 10 juillet à 21 heures au Centre de congrès de Valtournenche. Au cœur de la soirée, la projection du documentaire consacré à Emmanuel Viérin et Joseph Viérin, deux figures majeures de la culture belge issues de l’émigration valdôtaine, suivie du témoignage de Jean-Louis Hérin sur les racines de sa famille. Une initiative qui met en lumière le lien entre mémoire, identité et avenir de la communauté valdôtaine

À l’approche de la 50e Rencontre valdôtaine, la mémoire de l’émigration reprend toute sa place dans le débat culturel et identitaire. Bien plus qu’un simple hommage au passé, le premier rendez-vous du programme « autour de la Rencontre » entend rappeler combien les parcours des Valdôtains partis à l’étranger continuent d’éclairer l’histoire de la Vallée d’Aoste et de nourrir sa conscience collective. C’est dans cet esprit que la soirée organisée le vendredi 10 juillet, à 21 heures, au Centre de congrès de Valtournenche, réunira historiens, témoins et passionnés autour d’un documentaire qui retrace une page méconnue de cette aventure humaine.

L’initiative, organisée par la Présidence de la Région en collaboration avec la Commune de Valtournenche, s’inscrit dans le projet « La mémoire de l’émigration – regards croisés sur l’émigration des Valdôtains d’hier et d’aujourd’hui », dont l’objectif est de faire dialoguer les expériences du passé avec les réalités contemporaines de la mobilité. Au centre de la soirée figurera la projection du documentaire « Le peintre et l’architecte », réalisé par Joseph Péaquin et produit par l’Union internationale de la Presse Francophone (UPF) – Section Vallée d’Aoste, le Comité des Traditions Valdôtaines et la Fondation Émile Chanoux, avec le soutien de la structure régionale chargée des activités culturelles, des expositions et des politiques identitaires.

Le film raconte le destin singulier du peintre Emmanuel Viérin et de l’architecte Joseph Viérin, descendants d’émigrés originaires de Valgrisenche, devenus des personnalités reconnues et admirées en Flandre, en Belgique, alors que leur nom est longtemps resté méconnu dans leur vallée d’origine. À travers les œuvres des deux artistes et les témoignages de leurs descendants, aujourd’hui arrivés à la cinquième génération, le documentaire propose un véritable voyage entre la Belgique et la Vallée d’Aoste, reliant les membres d’une même famille séparés par l’histoire mais toujours unis par leurs racines.

Comme le souligne la présentation de l’événement, il s’agit d’un « voyage à rebours au sein de leur art », qui permet de redécouvrir non seulement deux parcours artistiques exceptionnels, mais aussi les liens profonds entre l’émigration, la transmission familiale et l’identité valdôtaine. Une perspective qui rappelle que les départs, souvent motivés par des difficultés économiques, ont également contribué à diffuser le savoir-faire, la créativité et la culture de la Vallée d’Aoste bien au-delà de ses frontières.

La projection sera enrichie par l’intervention de Jean-Louis Hérin, secrétaire honoraire du Sénat de la République française, qui évoquera l’histoire de sa propre famille, originaire de Valtournenche. Son témoignage apportera une dimension personnelle à cette réflexion sur les parcours migratoires, illustrant la manière dont les descendants des émigrés continuent d’entretenir un lien vivant avec leur terre d’origine malgré les générations écoulées.

La soirée sera animée par Luciano Caveri, président de la Fondation Émile Chanoux, dont l’engagement en faveur de la valorisation de l’histoire et de l’identité valdôtaines s’inscrit dans une réflexion plus large sur la place de la culture francophone et des traditions locales dans une société en constante évolution.

Au-delà de son intérêt historique, cette première rencontre revêt également une portée politique et sociale. Dans une région autonome qui fonde une part essentielle de son identité sur la préservation de son patrimoine linguistique, culturel et institutionnel, l’histoire de l’émigration rappelle que l’identité valdôtaine ne s’est jamais limitée aux frontières de la région. Elle s’est construite aussi grâce aux femmes et aux hommes qui ont quitté leur vallée sans jamais rompre le lien avec leurs origines. À l’occasion de cette 50e Rencontre valdôtaine, cette mémoire partagée apparaît ainsi comme un patrimoine vivant, capable d’inspirer les nouvelles générations et de rappeler que l’ouverture au monde peut renforcer, plutôt qu’affaiblir, le sentiment d’appartenance à la Vallée d’Aoste.

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