C'era una volta la FIFA che pretendeva di insegnare al mondo l'etica, il fair play e l'indipendenza dello sport dalla politica. Oggi quella favola è finita. E a seppellirla è stato proprio il suo presidente, Gianni Infantino.
Infantino di nome e, ormai, anche di fatto.
Perché infantile è chi pensa che milioni di appassionati non capiscano cosa è accaduto. Infantile è credere che basti appellarsi a un cavillo regolamentare per cancellare il sospetto di un'ingerenza politica senza precedenti. Infantile è immaginare che il mondo del calcio possa continuare a parlare di meritocrazia mentre il presidente degli Stati Uniti telefona al numero uno della FIFA e, poche ore dopo, la squalifica del miglior attaccante americano viene miracolosamente sospesa. Una coincidenza che sfida perfino la fantasia.
Donald Trump ha ammesso di aver chiesto personalmente una revisione del provvedimento nei confronti di Folarin Balogun. Infantino sostiene che gli organi disciplinari siano indipendenti. Formalmente potrà anche essere così. Politicamente, però, il danno è devastante. Perché l'autonomia delle istituzioni non vive soltanto di norme: vive soprattutto della fiducia che riescono a trasmettere. E quella fiducia oggi è stata gravemente compromessa.
Del resto, i segnali c'erano già tutti.
Quando Infantino inventò un improbabile "Premio FIFA per la Pace" da consegnare proprio a Trump, dopo il mancato Nobel, molti parlarono di operazione d'immagine. Una medaglia di latta, una patacca confezionata su misura per compiacere l'uomo più potente del Paese organizzatore del Mondiale. Sembrava il punto più basso. Evidentemente ci sbagliavamo.
Oggi quel gesto assume un significato completamente diverso. Non appare più come una semplice esibizione di cortesia istituzionale, ma come il simbolo di una relazione che rischia di trasformare la FIFA in un organismo permeabile agli interessi politici.
Il calcio ha sempre accettato gli errori arbitrali. Fa parte del gioco. Quello che non può accettare è che il regolamento cambi a seconda di chi alza il telefono.
Perché se una squalifica automatica può essere sospesa dopo la telefonata del presidente degli Stati Uniti, allora quale federazione potrà sentirsi trattata allo stesso modo? Quale calciatore potrà credere che il regolamento sia davvero uguale per tutti?
E qui entra in gioco anche la responsabilità delle nazionali.
Continuare a partecipare a questo Mondiale senza una protesta formale significa legittimare un precedente pericolosissimo. Non serve abbandonare il torneo per fare notizia. Sarebbe bastato un comunicato congiunto delle principali federazioni, una presa di posizione pubblica, una richiesta di trasparenza, un richiamo al rispetto delle regole. Invece quasi tutti hanno scelto il silenzio.
Un silenzio che pesa.
Perché il silenzio, nello sport come nella politica, è spesso la forma più elegante della complicità.
Il rischio è che questo non venga ricordato come il Mondiale delle grandi partite, delle sorprese o dei campioni. Rischia di diventare il Mondiale del sospetto. Il Mondiale nel quale la geopolitica è entrata direttamente nello spogliatoio, negli uffici disciplinari e perfino nei cartellini rossi.
Infantino aveva promesso di rendere la FIFA più credibile dopo gli scandali del passato.
Sta riuscendo nell'impresa opposta.
Ha venduto l'immagine di un calcio indipendente per ottenere la benevolenza del potente di turno. E quando un'istituzione perde la propria autonomia per inseguire il favore del potere, non amministra più lo sport: lo mette in vendita.
Il Mondiale continua. Ma qualcosa si è rotto.
Non è il regolamento.
È la credibilità.
Infantino di nome e di fatto
Il fut un temps où la FIFA prétendait donner des leçons d'éthique, de fair-play et d'indépendance du sport face à la politique. Ce temps est révolu. Et celui qui l'a enterré n'est autre que son propre président, Gianni Infantino.
Infantino de nom et, désormais, aussi de fait.
Car est infantile celui qui pense que des millions de passionnés ne comprendront pas ce qui vient de se passer. Est infantile celui qui croit qu'il suffit d'invoquer un argument réglementaire pour effacer le soupçon d'une ingérence politique sans précédent. Est infantile celui qui imagine que le football puisse encore parler de mérite sportif alors que le président des États-Unis décroche son téléphone pour demander la levée de la suspension d'un joueur américain, et que quelques heures plus tard cette suspension disparaît comme par enchantement.
Donald Trump a reconnu être intervenu personnellement pour demander une révision de la sanction infligée à Folarin Balogun. La FIFA affirme que ses organes disciplinaires sont indépendants. Juridiquement, peut-être. Politiquement, le préjudice est immense. Car l'indépendance des institutions ne repose pas seulement sur les textes : elle repose avant tout sur la confiance qu'elles inspirent. Et cette confiance vient d'être profondément ébranlée.
Les signes avant-coureurs existaient pourtant depuis longtemps.
Lorsque Gianni Infantino avait imaginé une improbable « médaille de la paix » remise à Donald Trump, en guise de consolation après l'échec de son rêve de prix Nobel, beaucoup y avaient vu une simple opération de communication. Une décoration de pacotille destinée à flatter le dirigeant du pays organisateur de la Coupe du monde. Nous pensions alors que la FIFA avait touché le fond. Nous nous trompions.
Aujourd'hui, ce geste prend une toute autre signification. Il n'apparaît plus comme une simple marque de courtoisie diplomatique, mais comme le symbole d'une proximité inquiétante entre le pouvoir politique et la plus haute autorité du football mondial.
Le football a toujours accepté les erreurs d'arbitrage. Elles font partie du jeu. Ce qu'il ne peut accepter, c'est que les règles changent en fonction de celui qui tient le téléphone.
Car si une suspension automatique peut être levée après l'intervention du président des États-Unis, quelle fédération pourra encore croire qu'elle sera traitée avec la même équité ? Quel joueur pourra encore être convaincu que les règles sont les mêmes pour tous ?
Et c'est ici que la responsabilité des sélections nationales entre en jeu.
Continuer à participer à cette Coupe du monde sans la moindre protestation officielle revient à cautionner un précédent extrêmement dangereux. Il n'était pas nécessaire de quitter la compétition. Une déclaration commune des principales fédérations, une demande publique de transparence, un rappel au respect des règles auraient suffi. Mais presque tout le monde a préféré se taire.
Et ce silence est assourdissant.
Car, dans le sport comme en politique, le silence est souvent la forme la plus élégante de la complicité.
Cette Coupe du monde risque de ne pas être retenue pour la qualité de son football, ses exploits ou ses champions. Elle pourrait entrer dans l'histoire comme la Coupe du monde du soupçon. Celle où la géopolitique s'est invitée jusque dans les vestiaires, les commissions disciplinaires et même dans les cartons rouges.
Gianni Infantino avait promis de rendre la FIFA plus crédible après les scandales du passé.
Il est en train de réussir exactement l'inverse.
Il a sacrifié l'image d'un football indépendant pour obtenir la bienveillance du puissant du moment. Et lorsqu'une institution renonce à son autonomie pour rechercher les faveurs du pouvoir, elle ne gouverne plus le sport : elle le met en vente.
La Coupe du monde continue.
Mais quelque chose s'est brisé.
Ce ne sont pas les règles.
C'est la crédibilité.