La cifra che arriva dall’ultimo fine settimana – una quarantina di morti sulle strade – non è una statistica. È un bollettino di guerra che continuiamo a leggere come se fosse meteorologia: piove, fa caldo, ci sono incidenti. E invece no. Qui c’è un fallimento sistemico che si trascina da anni e che nessuno ha il coraggio politico di affrontare fino in fondo.
La domanda è sempre la stessa, e diventa ogni volta più insopportabile: quante vite ancora dovranno spezzarsi prima che la sicurezza stradale venga trattata per quello che è davvero, cioè una priorità educativa, culturale e civile, quasi costituzionale?
Perché poi si assiste al rituale ipocrita: cordoglio, dichiarazioni, minuti di silenzio, qualche fascia nera sui social istituzionali. E subito dopo tutto torna come prima. Come se quei nomi potessero essere archiviati insieme alle pratiche fastidiose.
E allora diciamolo chiaramente: è inutile partecipare ai funerali se chi ha responsabilità pubblica non mette in campo misure strutturali per evitare che quei funerali continuino a ripetersi. Il lutto non può diventare un rito amministrativo che sostituisce la prevenzione.
Non basta emanare norme. Le norme già esistono, e spesso sono anche severe. Il punto è che mancano controlli veri, continui, visibili. E manca soprattutto la volontà di far capire che le regole non sono opinioni. Se non c’è percezione del rischio di sanzione, la norma diventa carta.
E già che ci siamo: sarebbe anche ora di smetterla con l’opacità. Le sanzioni non devono essere solo comminate, ma rese comprensibili e pubbliche nella loro logica educativa. Perché un sistema che punisce senza spiegare, o che non rende percepibile la certezza della pena amministrativa, è un sistema che educa poco e scoraggia nulla.
Ogni incidente mortale che coinvolge un giovane viene trattato come un evento isolato, da ricostruire nelle sue responsabilità individuali con l’azione della magistratura e delle forze dell’ordine. Giusto. Necessario. Ma insufficiente. Perché ogni volta si ignora la dimensione collettiva del problema: una responsabilità diffusa che riguarda politica, amministrazioni, scuola, urbanistica, cultura sociale.
La morte di Carlo Curtaz, che ancora pesa come una ferita aperta, non può essere ridotta a cronaca giudiziaria. È un segnale. Uno dei tanti. E se i segnali non vengono letti, diventano abitudine.
La sicurezza stradale non è solo rispetto del Codice della Strada. È un ecosistema: educazione, infrastrutture, manutenzione, progettazione urbana, prevenzione sanitaria, cultura della legalità. Ma soprattutto è educazione precoce. E qui sta il punto che fa più male: non si è mai davvero voluto intervenire dove serve davvero, cioè nei primi anni di formazione.
L’educazione stradale dovrebbe iniziare nelle scuole dell’infanzia. Non come giochino simbolico una tantum, ma come percorso stabile, continuo, strutturato. Perché il rispetto delle regole non nasce quando si prende la patente: nasce molto prima, quando si impara a camminare in strada, a riconoscere i rischi, a capire che la libertà propria finisce dove inizia la sicurezza degli altri.
E non basta. Serve un parco autoscuola per bambini, luoghi reali dove si imparano dinamiche reali, non lezioni teoriche dimenticate dopo un’ora. Serve formazione obbligatoria per chi guida già: sì, anche per i “patentati”, perché l’idea che la patente sia un punto d’arrivo è uno degli errori culturali più grandi che abbiamo fatto.
E poi controlli. Veri. Frequente presenza delle forze dell’ordine sulle strade, non solo nei momenti emergenziali o mediatici. E sanzioni certe, rapide, percepite. Perché senza la percezione della conseguenza, la norma è solo un suggerimento.
Il problema non è tecnico. È politico. È culturale. È una scelta di priorità. E oggi la priorità sembra essere tutto tranne che evitare che la gente muoia sull’asfalto.
Allora sì: urge educazione stradale. Ma soprattutto urge il coraggio di dire che questa strage silenziosa non è più accettabile come “fatalità”. Perché quando una società accetta le fatalità ripetute, ha già smesso di chiamarle emergenze.
Urge educazione stradale nelle scuole
Les chiffres du dernier week-end – une quarantaine de morts sur les routes – ne sont pas une statistique. C’est un bulletin de guerre que nous continuons à lire comme s’il s’agissait de météo : il pleut, il fait chaud, il y a des accidents. Mais non. Il s’agit ici d’un échec systémique qui dure depuis des années et que personne n’a le courage politique d’affronter jusqu’au bout.
La question est toujours la même, et elle devient à chaque fois plus insupportable : combien de vies devront encore être brisées avant que la sécurité routière soit traitée pour ce qu’elle est réellement, c’est-à-dire une priorité éducative, culturelle et civique, presque constitutionnelle ?
Car on assiste ensuite au rituel hypocrite : condoléances, déclarations, minutes de silence, quelques rubans noirs sur les réseaux sociaux institutionnels. Et immédiatement après, tout redevient comme avant. Comme si ces noms pouvaient être classés avec des dossiers encombrants.
Alors disons-le clairement : il est inutile d’assister aux funérailles si ceux qui ont des responsabilités publiques ne mettent pas en place des mesures structurelles pour éviter que ces funérailles ne se répètent sans fin. Le deuil ne peut pas devenir un rite administratif qui remplace la prévention.
Il ne suffit pas de promulguer des lois. Les règles existent déjà, et elles sont souvent sévères. Le problème, c’est l’absence de contrôles réels, continus, visibles. Et surtout l’absence de volonté de faire comprendre que les règles ne sont pas des opinions. Sans perception du risque de sanction, la règle devient une simple feuille de papier.
Et puisqu’on y est : il serait temps d’en finir avec l’opacité. Les sanctions ne doivent pas seulement être infligées, mais rendues compréhensibles et publiques dans leur logique éducative. Car un système qui punit sans expliquer, ou qui ne rend pas perceptible la certitude de la sanction administrative, est un système qui éduque peu et dissuade encore moins.
Chaque accident mortel impliquant un jeune est traité comme un événement isolé, à reconstruire dans ses responsabilités individuelles à travers l’action de la justice et des forces de l’ordre. C’est juste. Nécessaire. Mais insuffisant. Car à chaque fois est ignorée la dimension collective du problème : une responsabilité diffuse qui concerne la politique, les administrations, l’école, l’urbanisme, la culture sociale.
La mort de Carlo Curtaz, qui pèse encore comme une blessure ouverte, ne peut pas être réduite à une chronique judiciaire. C’est un signal. Un parmi tant d’autres. Et lorsque les signaux ne sont pas lus, ils deviennent des habitudes.
La sécurité routière ne se réduit pas au respect du Code de la route. C’est un écosystème : éducation, infrastructures, entretien, aménagement urbain, prévention sanitaire, culture de la légalité. Mais surtout, c’est une éducation précoce. Et c’est là que réside le point le plus douloureux : on n’a jamais vraiment voulu intervenir là où cela compte le plus, c’est-à-dire dès les premières années de formation.
L’éducation routière devrait commencer dès la maternelle. Pas comme un jeu symbolique ponctuel, mais comme un parcours stable, continu et structuré. Car le respect des règles ne naît pas au moment où l’on obtient le permis : il naît bien avant, quand on apprend à marcher dans la rue, à reconnaître les risques, à comprendre que sa liberté s’arrête là où commence la sécurité des autres.
Et ce n’est pas suffisant. Il faut un véritable parc-école de conduite pour enfants, des lieux réels où l’on apprend des situations réelles, et non des leçons théoriques oubliées après une heure. Il faut aussi une formation obligatoire pour ceux qui conduisent déjà : oui, même pour les “conducteurs confirmés”, car l’idée que le permis est une fin en soi est l’une des plus grandes erreurs culturelles que nous ayons commises.
Et puis les contrôles. De vrais contrôles. Une présence fréquente des forces de l’ordre sur les routes, pas seulement dans les moments d’urgence médiatique. Et des sanctions certaines, rapides, perceptibles. Car sans perception de la conséquence, la règle n’est qu’une suggestion.
Le problème n’est pas technique. Il est politique. Il est culturel. C’est un choix de priorités. Et aujourd’hui, la priorité semble être tout sauf éviter que les gens meurent sur l’asphalte.
Alors oui : l’éducation routière doit devenir une urgence. Mais surtout, il faut le courage de dire que cette hécatombe silencieuse n’est plus acceptable comme une “fatalité”. Parce que lorsqu’une société accepte les fatalités répétées, elle a déjà cessé de les appeler des urgences.