FEDE E RELIGIONI - 06 giugno 2026, 12:09

ÉVANGILE DE DIMANCHE: APPELÉS À DEVENIR CE QUE NOUS RECEVONS, LE CORPS DU CHRIST

Fête du Corpus Domini, A. - Tous les dimanches et les jours de fête d’obligation Sainte Messe à 9h30 dans l’église Saint-Martin-de-Corléans à Aoste. La Messe sera célébrée en français, animée par des chants en français et en latin interprétés par le chœur dirigé par Iris Boniface Stévenin, avec l’accompagnement musical à l’orgue assuré par le Prof. Paolo Torrente, enseignant Sfom

Jésus, dans son discours sur le pain de vie (Jn 6, 51-58), nous invite à manger son corps et à boire son sang pour avoir accès à la vie éternelle. Cette solennité du "Corpus Domini" que nous célébrons avec grande dévotion (latreía) est mystère de la foi (mysterium fidei). Il élève les humbles et abaisse les suffisants.

Comment l'Eucharistie fonde-t-elle la fraternité sans frontière et oriente-t-elle la cosmologie ?

1. L’UNIVERS ENTIER PARTICIPE AU CORPS DU CHRIST

En Jésus-Christ, les événements de notre salut forment une chaîne qui trouve son terme final dans la vie éternelle, et toute la création y est impliquée. La manne dans le désert renvoie au pain eucharistique de la nouvelle alliance. L’Incarnation prépare l’Eucharistie qui annonce la Pâque. Après la glorieuse Résurrection vient l’Ascension, qui est inséparable de la Pentecôte, laquelle inaugure le temps de l’Église guidée par l’Esprit du Seigneur.

Dans l’Eucharistie, Dieu embrasse l’humanité entière, l’univers visible et invisible. Tout participe à l’Eucharistie d’une manière discrète et admirable. Dans le pain et le vin qui deviennent le corps et le sang du Christ pour le peuple pèlerin vers la terre promise du ciel, « tout est dans le tout ». La terre, l’eau, l’air, le feu, la lumière, les ténèbres : tout dans l’univers chante la gloire du Seigneur dans l’Eucharistie.

Dans la sainte hostie, nous contemplons l’unité de l’univers et de l’action de l’homme. Le ministre du sacrement, en offrant le pain et le vin, bénit le Créateur en disant : « Tu es béni, Dieu de l’univers, toi qui dans ta bonté nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail de l’homme ; nous te le présentons pour qu’il devienne le pain de la vie ».

La sainte hostie est donc un microcosme dans les mains fragiles de l’homme. Avec l’Eucharistie, le principe d’Archimède se réalise : « Donne-moi un point d’appui et je soulèverai le monde ». L’Eucharistie est ce point d’appui pour soulever le monde de la matière, le monde de l’homme, le monde de la souffrance, vers le Créateur qui dispose de toute chose.

2. L’ÉLAN DU CŒUR NOUS FAIT COMPRENDRE L’EUCHARISTIE

Les paroles du Christ dans la dernière Cène : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang versé pour vous » expriment le sens du sacrifice, de la souffrance de toute personne qui endure la fatigue du jour pour subvenir à ses besoins et à ceux des autres. C’est pourquoi l’Eucharistie donne sens aussi au travail, afin que son fruit devienne le corps et le sang du Christ.

Ce mystère n’est pas compris par la raison de géométrie, critique et démonstrative selon Blaise Pascal, mais par l’esprit de finesse, d’émerveillement, comme nous le témoigne le grand poète Paul Claudel. Il écrit : « Ce mystère qui confond notre esprit est accepté d’emblée par notre cœur, sans réserve ni hésitation, comme une chose simple, facile, comme un don aussi souverainement convenable qu’il est gratuit » (Position et proposition II, 1910).

Un jour, un musulman se tenait au bord de la route et observait. C’était la fête du Corpus Domini. Qu’est-ce qu’il voyait avec étonnement ? Une foule immense, joyeuse, qui faisait la procession eucharistique en chantant ; un prêtre qui portait le Saint-Sacrement ; des enfants qui jetaient des fleurs sur le parcours avec des paroles qui bénissent le Seigneur ; des policiers qui assuraient l’ordre.

Stupéfait, il cria : « C’est quoi ça ? » Un autre lui murmura à l’oreille : « C’est la fête des chrétiens qu’on appelle Corpus Domini ». Stupéfait, le musulman dit en souriant : « Voilà une vraie religion ! »

Contrairement à Feuerbach, qui réduit le mystère eucharistique au sentimentalisme et à l’imaginaire sans image, le musulman, dans son honnêteté, affirme sans détour : « Voilà une vraie religion ». L’Eucharistie est un mystère adorable qui sollicite la contemplation dans un cœur humble et non dans une intelligence mal orientée.

Ainsi, le Saint-Sacrement est compris par le cœur dans l’amour et l’adoration.

3. L’EUCHARISTIE, SOURCE DE PAIX ET DE FRATERNITÉ

Dans l’Évangile, Jésus insiste sur le caractère unifiant de son corps et de son sang. Qui mange de sa chair et boit son sang vit en union intime avec lui et en communion avec les frères. En outre, l’Eucharistie ouvre la porte de l’espérance à la vie éternelle. Jésus dit : « Et moi, je le ressusciterai au dernier jour ».

La seconde lecture précise aussi la dimension fraternelle de l’Eucharistie en ces paroles dignes de foi : « Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain ».

L’institution de l’Eucharistie, la nuit même où le Christ fut livré, révèle la passion de Dieu pour l’homme. Le verbe « manger » revient sept fois dans l’Évangile. Manger le corps du Christ nous donne la vie véritable. L’assimilation au corps du Christ ne tolère pas l’indifférence ni tout ce qui offense l’homme.

Dans la célébration de la sainte messe, le ministre du sacrement, représentant l’assemblée, invoque l’Esprit Saint pour qu’il nous rende un seul corps et un seul esprit dans le Christ.

Le Jeudi saint, Jésus est à table avec ses disciples. Ils mangent le même pain et boivent à la même coupe. L’Eucharistie devient alors le banquet d’amour qui anticipe le banquet éternel dans la gloire. C’est un sacrilège de manger le même pain et de communier à la même coupe tout en continuant à attiser le feu de la violence et de la haine.

Avant la fraction du pain, Jésus s’abaisse pour laver la saleté de nos pieds. Qui communie au corps du Christ doit accepter d’être lavé par lui dans le sacrement du pardon, afin de pouvoir à son tour laver ses frères de leurs souillures. L’Eucharistie forme la communauté des réconciliés. Selon les belles paroles du grand théologien Henri de Lubac : « L’Eucharistie fait l’Église et l’Église fait l’Eucharistie ».

4. PRIÈRE POUR DEVENIR PAIN ROMPU

Ô Bon Pasteur, toi le vrai pain pour l’homme en route vers la Patrie céleste, augmente en nous la soif de ta parole et la faim de ton corps. Fais qu’ayant mangé le même pain, nous formions un seul corps et un seul esprit. Que ta présence réelle dans les espèces du pain et du vin transforme nos cœurs pour que nous devenions à notre tour le pain rompu et le sang versé pour nos frères et sœurs fatigués sur le chemin de la vie. Amen !

Bonne fête du Corpus Domini, cher frère et sœur.
Paix et joie dans nos cœurs et dans le monde.

Ton frère,
Abbé Ferdinand NINDORERA

ascova