Chez Nous - 07 maggio 2026, 08:00

Chanoux et l’autonomie aujourd’hui

Chanoux e l’autonomia oggi

C’è una frase che in Valle d’Aosta non dovrebbe mai restare appesa ai muri come decorazione, ma vivere come una responsabilità politica costante: « Il y a des peuples qui sont comme des flambeaux, ils sont faits pour éclairer le monde ; en général, ce ne sont pas de grands peuples par le nombre, mais parce qu’ils portent en eux la vérité et l’avenir. »

Émile Chanoux non parlava per ornamento istituzionale. Parlava di coscienza, di responsabilità, di autonomia come progetto etico e politico, non come gestione del potere. E proprio per capire il peso di quelle parole, non si può dimenticare ciò che rappresenta la sua fine.

Il 18 maggio 1944, Émile Chanoux e Lino Binel vengono arrestati dai fascisti in un’operazione condotta direttamente dal questore Pietro Mancinelli e dal sottotenente Alberto Bianchi. Il comitato aostano della Resistenza viene completamente smantellato. Chanoux viene barbaramente torturato nel vano tentativo di ottenere informazioni sulla Resistenza. Muore nella notte in seguito alle numerose ferite inflittegli dai militari nazifascisti.

Quella non è solo storia. È il prezzo dell’idea di libertà che oggi viene evocata con troppa leggerezza. E proprio per questo il confronto con il presente diventa inevitabile. La vicenda politica recente che ha coinvolto Renzo Testolin — al di là delle letture tecniche e istituzionali — riapre una domanda centrale: l’autonomia valdostana è ancora un progetto alto, oppure è diventata un sistema di equilibrio di potere che tende a proteggere se stesso?

Il punto non è l’episodio. È la traiettoria. Una traiettoria che mostra una distanza crescente tra l’idea originaria di autonomia e la sua interpretazione attuale da parte dei vertici dell’Union Valdôtaine. E in questo quadro prende forza anche una riflessione che arriva dai cittadini: “Certo che gli avvoltoi di qui e di altrove non aspettano altro per distruggere e divorarsi la Valle d’Aosta. 1,7 miliardi di euro di bilancio regionale da gestire: è la festa. E le competenze prefettizie del Presidente, un unicum già così traballante, verrebbero sostituite da un prefetto di carriera mandato da Roma”.

Provocazione, sì. Ma anche sintomo di una percezione: quando l’autonomia viene vissuta come bottino amministrativo e non come responsabilità collettiva, diventa vulnerabile. Chanoux non concepiva l’autonomia come rendita. La concepiva come dovere quotidiano.

E forse è proprio qui che si misura la distanza più grande tra ieri e oggi.

Chanoux e l’autonomia oggi

Il y a une phrase qui ne devrait jamais rester accrochée aux murs comme une simple décoration, mais vivre comme une exigence politique permanente :

« Il y a des peuples qui sont comme des flambeaux, ils sont faits pour éclairer le monde ; en général, ce ne sont pas de grands peuples par le nombre, mais parce qu’ils portent en eux la vérité et l’avenir. »

Émile Chanoux ne parlait pas pour embellir les institutions, mais pour rappeler une responsabilité : celle d’une autonomie comme conscience politique, et non comme simple gestion du pouvoir.

Et pour comprendre la portée de ces mots, il faut aussi rappeler la réalité de sa fin.

Le 18 mai 1944, Émile Chanoux et Lino Binel sont arrêtés par les fascistes lors d’une opération menée directement par le questeur Pietro Mancinelli et le sous-lieutenant Alberto Bianchi. Le comité aostan de la Résistance est entièrement démantelé. Chanoux est atrocement torturé dans une tentative d’obtenir des informations sur la Résistance. Il meurt dans la nuit des suites des nombreuses blessures infligées par les militaires nazifascistes.

Ce n’est pas seulement de l’histoire : c’est le prix concret d’une idée de liberté.

C’est aussi à cette lumière que la situation politique actuelle doit être lue. La vicenda récente impliquant Renzo Testolin — au-delà des aspects techniques et institutionnels — repose une question essentielle : l’autonomie valdôtaine est-elle encore un projet politique fort, ou est-elle devenue un système d’équilibres de pouvoir qui se protège lui-même ?

Le problème n’est pas l’événement en soi. Le problème est la trajectoire.

Une trajectoire qui montre un éloignement progressif entre l’idéal fondateur de l’autonomie et son interprétation actuelle par une partie des dirigeants de l’Union Valdôtaine.

Dans ce contexte, une réaction citoyenne prend une valeur politique particulière :

« Il y a des vautours d’ici et d’ailleurs qui n’attendent qu’une chose : détruire et se partager la Vallée d’Aoste. 1,7 milliard d’euros de budget régional à gérer : c’est la fête. Et les compétences préfectorales du Président, déjà un unicum fragile, finiraient par être remplacées par un préfet de carrière envoyé par Rome. »

Provocation, certes. Mais aussi symptôme d’une perception : lorsque l’autonomie est vécue comme une ressource de pouvoir et non comme une responsabilité collective, elle devient fragile.

Chanoux ne concevait pas l’autonomie comme un avantage acquis, mais comme un devoir permanent.

Et c’est peut-être là que se mesure aujourd’hui la distance la plus profonde entre son héritage et le présent.

piero.minuzzo@gmail.com