Chez Nous - 31 marzo 2026, 08:00

Il est trop tard

È troppo tardi

C’è sempre un momento in cui le parole “si poteva evitare” smettono di essere un alibi e diventano una condanna. Quel momento è adesso. Un ragazzo, poco più che un bambino, che progetta una strage a scuola. Non è solo cronaca nera, Piero. È il punto di rottura di un sistema che ha smesso da tempo di proteggere i più fragili. E no, non basta tirare fuori la solita retorica del “disagio giovanile”, delle “famiglie distratte” o della “scuola che deve fare di più”. Qui il problema è molto più grande, molto più sporco, e ha un nome preciso: l’economia dei social.

Per anni ci hanno venduto la favola della connessione, della condivisione, della libertà. Ma dietro c’era — e c’è — un modello di business brutale: più tempo passi online, più sei esposto, più loro guadagnano. Anche se quel tempo è riempito di odio, violenza, isolamento, radicalizzazione. Anche se sei un minorenne che scivola lentamente in un buco nero.

Non ci sono limiti. Non ci sono freni. Non c’è responsabilità.

E allora succede che un ragazzo si chiude in una bolla digitale dove tutto è amplificato: rabbia, frustrazione, fantasie di vendetta. Algoritmi che invece di spegnere il fuoco ci soffiano sopra, perché il conflitto genera attenzione, e l’attenzione genera profitto. È un meccanismo perverso che abbiamo tollerato troppo a lungo.

Altrove, qualcuno ha iniziato a reagire. In Australia si è scelto di limitare l’accesso ai social per i minori, di imporre regole, di mettere dei paletti. Non è perfetto, ma è un segnale: lo Stato può e deve intervenire.

E in Italia?

Ritardo. Immobilismo. Dichiarazioni indignate a caldo e poi il nulla. Il governo continua a rincorrere le emergenze senza mai affrontare la radice del problema. Si preferisce non disturbare i giganti del digitale, non toccare interessi economici enormi, non assumersi la responsabilità di una scelta impopolare ma necessaria. Ma qui non siamo più nel campo delle opinioni. Qui si tratta di sicurezza pubblica, di salute mentale, di futuro. 

Serve una dichiarazione di guerra — sì, guerra — all’attuale gestione dei social. Non contro la tecnologia, ma contro il suo uso predatorio. Significa imporre limiti seri all’accesso dei minori, obbligare le piattaforme a trasparenza sugli algoritmi, sanzionare pesantemente chi non rimuove contenuti pericolosi. Significa smettere di trattare queste aziende come partner e iniziare a considerarle per quello che sono: attori potentissimi che operano senza controllo. E poi c’è l’altra battaglia, quella più lunga ma decisiva: l’educazione digitale.

Non qualche progetto spot, non la solita “giornata della sicurezza online”. Serve un piano strutturale, continuo, obbligatorio. I ragazzi devono imparare a riconoscere i meccanismi della rete, a difendersi, a capire quando stanno entrando in un territorio tossico. E gli adulti — genitori, insegnanti, istituzioni — devono essere messi nelle condizioni di accompagnarli davvero, non di rincorrerli.

Perché oggi, diciamolo chiaramente, siamo disarmati.

Questo episodio non è un’eccezione. È un segnale. E i segnali, quando vengono ignorati, diventano tragedie.

“È troppo tardi” lo si dice sempre dopo. Dopo i titoli, dopo i funerali, dopo le lacrime. Ma la verità è che troppo tardi lo stiamo diventando adesso, ogni giorno che passa senza fare nulla.

La domanda non è se succederà di nuovo. La domanda è: quanto vogliamo continuare a far finta di non vedere?

È troppo tardi

Il y a toujours un moment où les mots « on aurait pu éviter » cessent d’être un alibi pour devenir une condamnation. Ce moment, c’est maintenant. Un garçon, à peine plus qu’un enfant, qui prépare un massacre à l’école. Ce n’est pas seulement un fait divers, Piero. C’est le point de rupture d’un système qui a cessé depuis longtemps de protéger les plus fragiles. Et non, il ne suffit pas de ressortir la rhétorique habituelle du « malaise des jeunes », des « familles distraites » ou de « l’école qui doit faire plus ». Ici, le problème est bien plus vaste, bien plus sale, et il a un nom précis : l’économie des réseaux sociaux.

Pendant des années, on nous a vendu la fable de la connexion, du partage, de la liberté. Mais derrière, il y avait — et il y a — un modèle économique brutal : plus tu passes de temps en ligne, plus tu es exposé, plus ils gagnent. Même si ce temps est rempli de haine, de violence, d’isolement, de radicalisation. Même si tu es mineur et que tu glisses lentement dans un trou noir.

Il n’y a pas de limites. Il n’y a pas de freins. Il n’y a pas de responsabilité.

Et alors il arrive qu’un garçon se renferme dans une bulle numérique où tout est amplifié : colère, frustration, fantasmes de vengeance. Des algorithmes qui, au lieu d’éteindre le feu, soufflent dessus, parce que le conflit génère de l’attention, et que l’attention génère du profit. C’est un mécanisme pervers que nous avons toléré trop longtemps.

Ailleurs, certains ont commencé à réagir. En Australie, on a choisi de limiter l’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs, d’imposer des règles, de fixer des limites. Ce n’est pas parfait, mais c’est un signal : l’État peut et doit intervenir.

Et en Italie ?

Retard. Immobilisme. Déclarations indignées à chaud, puis le néant. Le gouvernement continue de courir après les urgences sans jamais s’attaquer à la racine du problème. On préfère ne pas déranger les géants du numérique, ne pas toucher à d’énormes intérêts économiques, ne pas assumer la responsabilité d’un choix impopulaire mais nécessaire. Mais ici, nous ne sommes plus dans le domaine des opinions. Il s’agit de sécurité publique, de santé mentale, d’avenir.

Il faut une déclaration de guerre — oui, une guerre — à la gestion actuelle des réseaux sociaux. Pas contre la technologie, mais contre son usage prédateur. Cela signifie imposer de vraies limites à l’accès des mineurs, obliger les plateformes à être transparentes sur leurs algorithmes, sanctionner lourdement ceux qui ne retirent pas les contenus dangereux. Cela signifie cesser de traiter ces entreprises comme des partenaires et commencer à les considérer pour ce qu’elles sont : des acteurs extrêmement puissants qui opèrent sans contrôle.

Et puis il y a l’autre bataille, la plus longue mais décisive : l’éducation numérique.

Pas quelques projets ponctuels, pas la sempiternelle « journée de la sécurité en ligne ». Il faut un plan structuré, continu, obligatoire. Les jeunes doivent apprendre à reconnaître les mécanismes du réseau, à se défendre, à comprendre quand ils entrent dans un territoire toxique. Et les adultes — parents, enseignants, institutions — doivent être mis en condition de les accompagner réellement, et non de courir derrière eux.

Parce qu’aujourd’hui, disons-le clairement, nous sommes désarmés.

Cet épisode n’est pas une exception. C’est un signal. Et les signaux, lorsqu’ils sont ignorés, deviennent des tragédies.

« Il est trop tard », on le dit toujours après. Après les titres, après les funérailles, après les larmes. Mais la vérité, c’est que nous sommes en train de devenir trop tard maintenant, chaque jour qui passe sans rien faire.

La question n’est pas de savoir si cela se reproduira.

La question est : combien de temps voulons-nous encore faire semblant de ne pas voir ?

piero.minuzzo@gmail.com