ATTUALITÀ ECONOMIA - 15 marzo 2026, 19:22

Léon XIV appelle les responsables de la guerre au Moyen-Orient à cesser le feu

Au seizième jour de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, le Pape Léon XIV renouvelle son appel au dialogue et à la paix dans la région, entrainée dans une spirale de violence aux conséquences humanitaires désastreuses. À l’issue de l’Angélus, le Saint-Père a eu une pensée particulière pour le Liban, où la population est prise en otage de l'affrontement entre le Hezbollah et l'État hébreu

Depuis la fenêtre de ses appartements pontificaux, place Saint-Pierre, le Pape Léon XIV a lancé dimanche un appel pressant pour mettre fin aux violences qui secouent le Moyen-Orient. Au terme de la prière dominicale, le Saint-Père a exhorté les responsables du conflit à interrompre immédiatement les hostilités et à rouvrir la voie du dialogue.

«Au nom des chrétiens du Moyen-Orient et de toutes les femmes et de tous les hommes de bonne volonté, je m’adresse aux responsables de ce conflit: cessez le feu!» s’est exclamé le Pape avec gravité. «Que les voies du dialogue s’ouvrent à nouveau! La violence ne pourra jamais mener à la justice, à la stabilité et à la paix que les peuples attendent.»

Dans sa méditation, Léon XIV avait auparavant invité les fidèles à vivre une foi «éveillée et vigilante», capable de ne pas rester indifférente face aux souffrances du monde. Pour le pontife, la prière chrétienne ne peut jamais être séparée de la compassion envers les victimes des guerres et des crises humanitaires.

Le conflit, entré dans sa troisième semaine, a profondément déstabilisé l’ensemble du Moyen-Orient. Les hostilités ont débuté le 28 février avec des frappes américano-israéliennes contre l’Iran et l’élimination du Guide suprême Ali Khamenei. Depuis, Téhéran a riposté en visant non seulement Israël, mais également plusieurs États du Golfe considérés comme alliés de l’Occident.

Dans le Bahreïn, de fortes explosions ont été entendues tôt dimanche matin à Manama, selon des journalistes présents sur place. Les autorités bahreïnies affirment avoir intercepté depuis le début du conflit 125 missiles et plus de 200 drones iraniens. Le bilan officiel fait état de deux morts dans l’archipel, tandis que dans les autres monarchies du Golfe les attaques auraient provoqué au moins vingt-quatre victimes.

Les Émirats arabes unis ont également annoncé avoir neutralisé plusieurs missiles et drones au cours du week-end, confirmant l’élargissement du théâtre des opérations à une grande partie de la péninsule Arabique.

Face à cette escalade, les organisations humanitaires s’inquiètent de la détérioration rapide de la situation civile, notamment dans les zones urbaines et les infrastructures vitales.

Dans son appel, le Pape Léon XIV a insisté sur le coût humain du conflit.
«Depuis deux semaines, les peuples du Moyen-Orient subissent les violences atroces de la guerre», a-t-il déclaré. «Des milliers d’innocents ont été tués et de très nombreuses autres personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers.»

Le pontife a également évoqué les attaques ayant frappé des écoles, des hôpitaux et des zones résidentielles, rappelant que les civils restent les premières victimes de la guerre. «Je renouvelle ma solidarité dans la prière envers tous ceux qui ont perdu des êtres chers», a-t-il ajouté.

Au nord de la péninsule arabique, l’instabilité s’étend également à l’Irak. Les autorités irakiennes ont signalé dimanche plusieurs attaques de drones près de l’aéroport international de Bagdad, alimentant la crainte d’un embrasement régional encore plus large.

Mais c’est surtout la situation du Liban qui préoccupe le Vatican. Un nouveau front s’y est ouvert le 2 mars avec des tirs de roquettes lancés vers Israël par le mouvement chiite Hezbollah. Depuis, selon les autorités libanaises, plus de 826 personnes ont été tuées, dont 106 enfants, et plus de 830 000 habitants ont été contraints de quitter leur domicile.

Le Liban occupe une place particulière dans l’attention du Pape. Léon XIV s’y est rendu en décembre dernier pour une visite pastorale et diplomatique destinée à soutenir la fragile coexistence entre les différentes communautés religieuses du pays.

Réaffirmant sa proximité avec le peuple libanais, le Pape a exprimé une «profonde préoccupation» pour l’avenir du pays du Cèdre. Il a souhaité que s’ouvrent rapidement «des voies de dialogue susceptibles d’aider les autorités à mettre en œuvre des solutions durables à la grave crise actuelle, pour le bien commun de tous les Libanais».

Pour le Saint-Siège, la priorité reste la reprise d’une médiation diplomatique capable d’empêcher l’extension du conflit à l’ensemble de la région.

Mais, pour l’heure, les perspectives d’apaisement semblent lointaines. Dimanche encore, le chef de la diplomatie israélienne a affirmé qu’aucune négociation directe n’était actuellement prévue avec le Liban.

Dans ce contexte d’incertitude et de tensions croissantes, la voix du Pape se veut avant tout celle d’un rappel moral: la guerre n’apporte ni sécurité ni justice durable, et seule la voie du dialogue peut offrir aux peuples du Moyen-Orient la paix qu’ils espèrent depuis trop longtemps.

red