Mimosa insanguinata
Anche quest’anno l’8 marzo arriva puntuale. Arriva come una ricorrenza che conosciamo a memoria: le mimose sui banconi dei fiorai, i convegni istituzionali, le dichiarazioni indignate, le statistiche snocciolate con precisione chirurgica. Tutto già visto. Tutto già sentito.
Eppure, come accade da troppi anni, la Giornata internazionale della donna viene “annunciata” da una scia di sangue. Femmicidi, stupri, violenze domestiche, aggressioni. Donne ammazzate da uomini che dicevano di amarle. Donne massacrate da compagni, mariti, ex fidanzati incapaci di accettare un rifiuto. Donne uccise perché hanno provato a essere libere.
Ogni volta il copione è lo stesso. Il giorno dopo la tragedia arrivano le parole. La politica promette leggi più dure, gli esperti analizzano il fenomeno, i talk show si riempiono di criminologi, psicologi, sociologi. Tutti spiegano. Tutti interpretano. Tutti elaborano strategie.
Poi passa qualche settimana e non cambia quasi nulla.
Gli uomini continuano ad ammazzare le donne.
Le donne continuano a vivere con la paura.
È una verità brutale, ma è la verità.
Nel frattempo il mondo celebra l’8 marzo con le mimose e i messaggi sui social. Ma mentre noi contiamo i petali della retorica, nel mondo le donne continuano a morire anche sotto le bombe. Nei conflitti che devastano intere regioni del pianeta, i loro corpi diventano territorio di guerra: stupri di massa, violenze sistematiche, umiliazioni che servono a distruggere comunità e identità.
Anche lì, ogni volta, si promette che non succederà più.
Succede ancora.
E poi c’è la violenza più silenziosa, quella che non riempie le cronache giudiziarie ma che corrode la vita quotidiana. Nel lavoro, ad esempio. In Italia le donne continuano a guadagnare mediamente circa il 30 per cento in meno degli uomini. Non perché lavorino meno o peggio. Ma perché occupano più spesso i gradini più bassi della scala professionale, perché interrompono la carriera per la maternità, perché troppe aziende considerano ancora una donna un “rischio” e non una risorsa.
La chiamano disparità salariale.
In realtà è una forma elegante di discriminazione.
E mentre la politica discute di parità, le donne fanno i conti con contratti precari, part-time involontari, carriere rallentate. Con il carico familiare che ricade quasi sempre sulle loro spalle. Con un sistema sociale che celebra la maternità ma non la sostiene davvero.
Poi arriva l’8 marzo e tutto si ferma per un giorno.
Un giorno di parole.
Il problema è che le donne non muoiono per mancanza di parole. Le parole sono ovunque. I protocolli pure. I numeri vengono aggiornati con precisione quasi burocratica. Ogni anno si ripete la stessa liturgia statistica: tot femminicidi, tot denunce, tot casi di violenza domestica.
Ma la contabilità del dolore non salva nessuno.
Il punto, forse, è che la violenza contro le donne non è una devianza marginale. Non è un incidente. Non è l’atto isolato di qualche mostro. È qualcosa di più profondo, di più radicato: una cultura del possesso che molti uomini non hanno mai davvero abbandonato.
Per alcuni uomini una donna non è ancora una persona autonoma.
È una proprietà.
E quando una proprietà scappa, si ribella, se ne va, qualcuno decide di distruggerla.
Questa è la verità che nessun convegno riesce a dire fino in fondo.
Così ogni anno torniamo alla mimosa. Il fiore simbolo di una festa che vorrebbe celebrare la libertà femminile e che invece troppo spesso diventa un rituale ipocrita, un gesto gentile sopra una realtà brutale.
Perché mentre distribuiamo fiori, le donne continuano a essere uccise, violate, umiliate, sottopagate.
E allora forse bisognerebbe avere il coraggio di dirlo senza più addolcire le parole:
se l’8 marzo continua ad arrivare preceduto da femminicidi, stupri e violenze, la mimosa non è più un simbolo di festa.
È diventata, ogni anno di più, una mimosa insanguinata.
Mimosa insanguinata
Cette année encore, le 8 mars arrive à l’heure. Comme une date que nous connaissons par cœur : les bouquets de mimosa sur les étals des fleuristes, les conférences institutionnelles, les déclarations indignées, les statistiques récitées avec une précision chirurgicale. Tout est déjà vu. Tout est déjà entendu.
Et pourtant, comme cela se produit depuis trop d’années, la Journée internationale des femmes est une fois de plus “annoncée” par une traînée de sang. Féminicides, viols, violences domestiques, agressions. Des femmes tuées par des hommes qui disaient les aimer. Des femmes massacrées par des compagnons, des maris, des ex incapables d’accepter un refus. Des femmes assassinées simplement parce qu’elles ont essayé d’être libres.
À chaque fois, le scénario est le même. Le lendemain de la tragédie arrivent les mots. La politique promet des lois plus sévères, les experts analysent le phénomène, les plateaux de télévision se remplissent de criminologues, de psychologues, de sociologues. Tout le monde explique. Tout le monde interprète. Tout le monde élabore des stratégies.
Puis quelques semaines passent et presque rien ne change.
Les hommes continuent de tuer des femmes.
Les femmes continuent de vivre dans la peur.
C’est une vérité brutale, mais c’est la vérité.
Pendant ce temps, le monde célèbre le 8 mars avec des fleurs et des messages sur les réseaux sociaux. Mais pendant que nous comptons les pétales de la rhétorique, dans le monde les femmes continuent aussi de mourir sous les bombes. Dans les conflits qui dévastent des régions entières de la planète, leurs corps deviennent un territoire de guerre : viols de masse, violences systématiques, humiliations utilisées pour briser des communautés et des identités.
Là aussi, à chaque fois, on promet que cela ne se reproduira plus.
Et pourtant, cela se reproduit.
Il y a ensuite la violence plus silencieuse, celle qui ne remplit pas les chroniques judiciaires mais qui ronge la vie quotidienne. Dans le travail, par exemple. En Italie, les femmes continuent de gagner en moyenne environ 30 % de moins que les hommes. Non pas parce qu’elles travaillent moins ou moins bien, mais parce qu’elles occupent plus souvent les échelons les plus bas de la hiérarchie professionnelle, parce que la maternité interrompt les carrières, parce que trop d’entreprises considèrent encore une femme comme un “risque” plutôt que comme une ressource.
On appelle cela l’écart salarial.
En réalité, c’est une forme élégante de discrimination.
Pendant que la politique parle d’égalité, les femmes doivent affronter des contrats précaires, des temps partiels involontaires, des carrières ralenties. Elles portent encore, presque toujours, le poids principal de la vie familiale. Dans une société qui célèbre la maternité mais qui, en vérité, la soutient très peu.
Puis arrive le 8 mars et tout s’arrête pour un jour.
Un jour de paroles.
Le problème est que les femmes ne meurent pas par manque de paroles. Les paroles sont partout. Les protocoles aussi. Les chiffres sont mis à jour avec une précision presque bureaucratique. Chaque année on répète la même litanie statistique : tant de féminicides, tant de plaintes, tant de cas de violences domestiques.
Mais la comptabilité de la douleur ne sauve personne.
Le vrai problème est peut-être que la violence contre les femmes n’est pas une déviance marginale. Ce n’est pas un accident. Ce n’est pas seulement l’acte isolé de quelques monstres. C’est quelque chose de plus profond, de plus enraciné : une culture de la possession que beaucoup d’hommes n’ont jamais vraiment abandonnée.
Pour certains hommes, une femme n’est pas encore une personne autonome.
C’est une propriété.
Et quand une propriété s’échappe, se rebelle, s’en va, certains décident de la détruire.
Voilà la vérité que aucun colloque n’ose dire jusqu’au bout.
Ainsi, chaque année, nous revenons au mimosa. La fleur symbole d’une fête qui devrait célébrer la liberté des femmes et qui devient trop souvent un rituel hypocrite, un geste délicat posé sur une réalité brutale.
Parce que pendant que nous distribuons des fleurs, les femmes continuent d’être tuées, violées, humiliées, sous-payées.
Alors peut-être faudrait-il avoir le courage de le dire sans adoucir les mots :
si le 8 mars continue d’arriver précédé de féminicides, de viols et de violences, le mimosa n’est plus vraiment un symbole de fête.
Il devient, année après année, un mimosa ensanglanté.