C’è un momento, nella vita di una democrazia, in cui le riforme istituzionali smettono di essere materia per tecnici e diventano un campanello d’allarme collettivo. La proposta di nuova legge elettorale presentata alla Camera e al Senato dalla maggioranza guidata da Giorgia Meloni appartiene a questa categoria. Non è una semplice modifica di meccanismi di voto: è un intervento che rischia di alterare in profondità l’equilibrio tra rappresentanza e governabilità.
Non si tratta di evocare fantasmi a buon mercato. Ma la storia italiana insegna che le leggi elettorali non sono mai neutre. Nel 1923 la cosiddetta Legge Acerbo garantì un enorme premio di maggioranza alla lista che avesse superato una soglia relativamente bassa. Formalmente legittima, votata dal Parlamento, tecnicamente “regolare”. Eppure fu uno snodo decisivo nel consolidamento del potere di Benito Mussolini e nell’avvio del nefasto Ventennio.
Oggi nessuno è in camicia nera, nessuno marcia su Roma. Ma le democrazie non muoiono solo con i carri armati: si logorano anche attraverso meccanismi che comprimono la rappresentanza, accentuano la sproporzione tra voti e seggi, concentrano il potere esecutivo oltre il fisiologico equilibrio costituzionale.
La proposta attuale – al di là delle formule tecniche – punta dichiaratamente a rafforzare la stabilità attraverso un sistema che assegna un forte premio a chi vince. Il problema è sempre lo stesso: quanto vale la governabilità se il prezzo è una rappresentanza distorta? Quanto è sano un Parlamento in cui una minoranza relativa nel Paese può trasformarsi in una maggioranza quasi assoluta nei seggi?
La retorica è nota: “decidiamo la sera stessa”, “basta ricatti dei piccoli partiti”, “mandato chiaro agli elettori”. Argomenti che suonano seducenti in tempi di disaffezione e frammentazione. Anche negli anni Venti si parlava di ordine, efficienza, superamento dell’ingovernabilità. Anche allora si presentava la concentrazione del potere come una risposta necessaria al caos.
La differenza la fanno i contrappesi. E qui sta il nodo. Una legge elettorale che amplifica eccessivamente il peso della forza arrivata prima rischia di svuotare il pluralismo. Non serve abolire formalmente le libertà se si costruisce un sistema in cui l’alternanza diventa strutturalmente improbabile e il dissenso politicamente irrilevante.
Non è allarmismo: è memoria storica. Il Ventennio non nacque in un giorno. Fu il risultato di una serie di passaggi, ciascuno giustificato come “necessario”, “temporaneo”, “razionale”. Una legge elettorale squilibrata, una progressiva marginalizzazione delle opposizioni, una narrazione pubblica che dipingeva chi criticava come irresponsabile o nemico della stabilità.
Oggi il contesto è profondamente diverso: esistono la Costituzione repubblicana, la Corte costituzionale, un sistema europeo di garanzie. Ma proprio perché gli anticorpi esistono, vanno rispettati e non messi alla prova con forzature politiche.
Una riforma elettorale dovrebbe nascere dal più ampio consenso possibile, non dall’aritmetica parlamentare di una maggioranza contingente. Le regole del gioco, in una democrazia matura, si scrivono insieme. Perché valgono per tutti, anche per chi oggi governa e domani potrebbe trovarsi all’opposizione.
Dire no a questa proposta non significa difendere l’immobilismo o rifiutare la necessità di riforme. Significa chiedere equilibrio, proporzionalità, rispetto del principio per cui ogni voto deve pesare in modo quanto più possibile uguale. Significa ricordare che la stabilità non può essere costruita comprimendo la rappresentanza.
“Fascismo alle porte” non è uno slogan. È un monito. Non perché il passato stia per ripetersi in modo identico, ma perché le democrazie si indeboliscono quando smettono di interrogarsi sulle proprie regole fondamentali. La lezione della storia italiana è chiara: le scorciatoie istituzionali, anche quando nascono con intenzioni dichiaratamente pragmatiche, possono aprire strade difficili da richiudere.
La vera forza di un sistema democratico non sta nella velocità con cui decide, ma nella qualità e nell’equilibrio delle sue decisioni. E una legge elettorale che divide profondamente il Paese prima ancora di entrare in vigore è già, di per sé, un segnale che qualcosa non torna.
Fascismo alle porte
Il arrive, dans la vie d’une démocratie, que les réformes institutionnelles cessent d’être une affaire de techniciens pour devenir un signal d’alarme collectif. La proposition de nouvelle loi électorale présentée à la Chambre et au Sénat par la majorité dirigée par Giorgia Meloni appartient à cette catégorie. Il ne s’agit pas d’une simple modification des mécanismes de vote : c’est une intervention qui risque d’altérer en profondeur l’équilibre entre représentation et gouvernabilité.
Il ne s’agit pas d’évoquer des fantômes à bon marché. Mais l’histoire italienne enseigne que les lois électorales ne sont jamais neutres. En 1923, la fameuse Legge Acerbo garantissait une prime majoritaire considérable à la liste dépassant un seuil relativement bas. Formellement légitime, votée par le Parlement, techniquement « régulière ». Pourtant, elle fut un tournant décisif dans la consolidation du pouvoir de Benito Mussolini et dans l’amorce du néfaste Ventennio.
Aujourd’hui, personne ne porte la chemise noire, personne ne marche sur Rome. Mais les démocraties ne meurent pas seulement sous les chars : elles s’érodent aussi à travers des mécanismes qui compriment la représentation, accentuent la disproportion entre voix et sièges et concentrent le pouvoir exécutif au-delà de l’équilibre constitutionnel normal.
La proposition actuelle – au-delà des formules techniques – vise explicitement à renforcer la stabilité grâce à un système qui accorde une forte prime à celui qui l’emporte. Le problème est toujours le même : combien vaut la gouvernabilité si le prix à payer est une représentation déformée ? Quelle est la solidité d’un Parlement où une minorité relative dans le pays peut se transformer en majorité quasi absolue en sièges ?
La rhétorique est connue : « décider le soir même », « en finir avec le chantage des petits partis », « donner un mandat clair aux électeurs ». Des arguments séduisants en période de désaffection et de fragmentation. Dans les années Vingt déjà, on parlait d’ordre, d’efficacité, de dépassement de l’ingouvernabilité. Là aussi, la concentration du pouvoir était présentée comme une réponse nécessaire au chaos.
La différence tient aux contre-pouvoirs. Et c’est là le nœud. Une loi électorale qui amplifie excessivement le poids de la force arrivée en tête risque de vider le pluralisme de sa substance. Il n’est pas nécessaire d’abolir formellement les libertés si l’on construit un système où l’alternance devient structurellement improbable et la dissidence politiquement marginale.
Ce n’est pas de l’alarmisme : c’est de la mémoire historique. Le Ventennio n’est pas né en un jour. Il fut le résultat d’une série d’étapes, chacune justifiée comme « nécessaire », « temporaire », « rationnelle ». Une loi électorale déséquilibrée, une marginalisation progressive des oppositions, une narration publique qui présentait les critiques comme irresponsables ou ennemis de la stabilité.
Aujourd’hui, le contexte est profondément différent : il existe la Constitution républicaine, la Cour constitutionnelle, un système européen de garanties. Mais précisément parce que ces anticorps existent, ils doivent être respectés et non mis à l’épreuve par des forçages politiques.
Une réforme électorale devrait naître du consensus le plus large possible, et non de l’arithmétique parlementaire d’une majorité contingente. Les règles du jeu, dans une démocratie mature, s’écrivent ensemble. Parce qu’elles valent pour tous, y compris pour ceux qui gouvernent aujourd’hui et qui pourraient se retrouver dans l’opposition demain.
Dire non à cette proposition ne signifie pas défendre l’immobilisme ni refuser la nécessité de réformes. Cela signifie demander équilibre, proportionnalité, respect du principe selon lequel chaque vote doit peser, autant que possible, de manière égale. Cela signifie rappeler que la stabilité ne peut pas être construite en comprimant la représentation.
« Le fascisme aux portes » n’est pas un slogan. C’est un avertissement. Non pas parce que le passé serait sur le point de se répéter à l’identique, mais parce que les démocraties s’affaiblissent lorsqu’elles cessent de s’interroger sur leurs règles fondamentales. La leçon de l’histoire italienne est claire : les raccourcis institutionnels, même lorsqu’ils naissent d’intentions déclarées pragmatiques, peuvent ouvrir des chemins difficiles à refermer.
La véritable force d’un système démocratique ne réside pas dans la rapidité avec laquelle il décide, mais dans la qualité et l’équilibre de ses décisions. Et une loi électorale qui divise profondément le pays avant même d’entrer en vigueur est déjà, en soi, le signe que quelque chose ne va pas.