Chez Nous - 22 febbraio 2026, 08:00

Les magistrats du Non

I magistrati del No

Quando si parla di separazione delle carriere sembra sempre una questione da convegno romano, da addetti ai lavori con il codice sottobraccio. In realtà è una faccenda che riguarda tutti, anche chi in tribunale non ci mette piede da anni. Perché tocca l’equilibrio tra potere politico e giustizia. E lì, se qualcosa si incrina, le conseguenze arrivano fino all’ultimo cittadino.

Oggi in Italia giudici e pubblici ministeri fanno parte dello stesso ordine, quello regolato dal Consiglio Superiore della Magistratura. Non fanno lo stesso mestiere: il giudice decide, il pm accusa. Ma hanno le stesse garanzie di indipendenza previste dalla Costituzione italiana. Sono, in sostanza, due facce della stessa funzione: applicare la legge senza dipendere dal governo di turno.

La riforma propone di separarli definitivamente: due carriere distinte fin dall’inizio, due organi di autogoverno diversi, nessun passaggio possibile da una funzione all’altra. Una linea netta tra chi accusa e chi giudica. Sulla carta può sembrare una scelta di chiarezza. Ma è proprio qui che nasce il fronte del No.

L’Associazione Nazionale Magistrati lo dice senza troppi giri di parole: così si rompe l’unità della magistratura e si apre la porta a un pubblico ministero più esposto alla politica. Oggi il pm ha l’obbligo di cercare la verità, non la condanna. Se le prove non bastano, deve chiedere l’archiviazione. Non è un avvocato che difende una parte a prescindere, ma un magistrato che risponde solo alla legge.

Chi è contrario alla riforma teme che, con due carriere completamente separate, il pm diventi nel tempo una figura più gerarchica, più “verticale”, e quindi più facilmente indirizzabile. Magari non subito. Magari non con questa legge. Ma con quelle che potrebbero arrivare dopo. È un timore che riguarda l’obbligatorietà dell’azione penale e la possibilità che il potere esecutivo metta mano alle priorità delle indagini.

Detta in modo semplice: oggi un magistrato che indaga su un potente lo fa con le stesse garanzie di chi poi giudicherà quel potente. Domani potrebbe non essere più così blindato.

Se il referendum passasse, non vedremmo rivoluzioni dall’oggi al domani. Le carenze organizzative e strutturali della magistratura permango se non si aggravano. I processi continuerebbero, le procure lavorerebbero, le aule resterebbero aperte. Ma cambierebbe l’architettura. Due Csm distinti, due percorsi professionali separati, due identità diverse dentro la magistratura.

E qui la domanda diventa politica, nel senso più concreto del termine: la separazione rende davvero il giudice più imparziale o rischia di rendere il pubblico ministero più vulnerabile?

I sostenitori del Sì ricordano che in altri Paesi europei le carriere sono separate. I magistrati del No replicano che ogni ordinamento ha una sua storia e che la nostra Costituzione ha scelto l’unità per evitare interferenze del potere politico nella giustizia. Non è una scelta casuale: è figlia di un’epoca in cui l’indipendenza delle toghe non era affatto scontata.

La verità è che questa riforma non risolve i problemi che i cittadini toccano con mano: i processi lunghi, la carenza di personale, le cancellerie in affanno. Interviene invece sull’assetto costituzionale, cioè sulla struttura portante del sistema.

Per questo tanti magistrati parlano di rischio. Non per difendere un privilegio, ma perché vedono nella separazione rigida delle carriere un possibile squilibrio futuro tra giustizia e politica.

Poi, certo, ognuno voterà secondo coscienza. Ma è bene sapere che qui non si discute di una norma tecnica qualsiasi. Si decide come vogliamo che funzioni il rapporto tra chi governa e chi indaga.

E quando in gioco c’è l’indipendenza della giustizia, non è mai una questione lontana. Anche se sembra scritta in un linguaggio da manuale di diritto costituzionale.

I magistrati del No

Lorsqu’on évoque la séparation des carrières, le débat semble réservé aux colloques romains et aux juristes qui circulent code à la main. En réalité, la question concerne chacun d’entre nous, y compris ceux qui n’ont pas franchi la porte d’un tribunal depuis des années. Car elle touche à l’équilibre délicat entre pouvoir politique et justice. Et lorsque cet équilibre se fissure, c’est le citoyen ordinaire qui, tôt ou tard, en paie le prix.

Aujourd’hui en Italie, juges et procureurs appartiennent au même ordre judiciaire, placé sous l’autorité du Consiglio Superiore della Magistratura. Ils n’exercent pas la même fonction : le juge tranche, le procureur accuse. Mais tous deux bénéficient des mêmes garanties d’indépendance consacrées par la Costituzione italiana. Deux rôles distincts, une même mission : appliquer la loi sans dépendre du gouvernement du moment.

La réforme propose de rompre définitivement ce lien. Deux carrières séparées dès l’origine, deux organes d’autogouvernement distincts, aucun passage possible de l’une à l’autre. Une frontière claire entre celui qui poursuit et celui qui juge. Sur le papier, la mesure peut sembler empreinte de bon sens. C’est pourtant là que s’organise le camp du Non.

L’Associazione Nazionale Magistrati l’affirme sans détour : une telle réforme briserait l’unité de la magistrature et ouvrirait la voie à un ministère public plus exposé aux influences politiques. Aujourd’hui, le procureur a l’obligation de rechercher la vérité, non d’obtenir à tout prix une condamnation. Si les preuves sont insuffisantes, il doit requérir un classement. Il n’est pas l’avocat d’une cause, mais un magistrat soumis à la seule autorité de la loi.

Les opposants redoutent qu’avec deux carrières totalement distinctes, le parquet ne devienne à terme plus hiérarchisé, plus vertical, donc plus aisément orientable. Peut-être pas immédiatement. Peut-être pas avec cette loi. Mais avec celles qui pourraient suivre. La crainte porte notamment sur l’obligation des poursuites et sur la possibilité pour le pouvoir exécutif d’influer, un jour, sur les priorités des enquêtes.

En termes simples : aujourd’hui, un magistrat qui enquête sur un puissant bénéficie des mêmes garanties institutionnelles que celui qui le jugera ensuite. Demain, cette protection pourrait s’éroder.

Si le référendum devait être adopté, nul bouleversement spectaculaire ne se produirait du jour au lendemain. Les carences organisationnelles et structurelles de la justice demeureraient, voire s’aggraveraient. Les procès continueraient, les parquets fonctionneraient, les audiences se tiendraient. Mais l’architecture institutionnelle serait modifiée : deux Conseils supérieurs distincts, deux parcours professionnels séparés, deux identités différentes au sein de la magistrature.

La question devient alors éminemment politique, au sens le plus noble du terme : la séparation rend-elle réellement le juge plus impartial, ou risque-t-elle de fragiliser le procureur ?

Les partisans du Oui soulignent que dans plusieurs pays européens les carrières sont distinctes. Les magistrats du Non rétorquent que chaque système possède son histoire et que la Constitution italienne a choisi l’unité précisément pour prévenir toute ingérence du pouvoir politique dans la justice. Ce choix n’est pas anodin : il est né d’une époque où l’indépendance des juges ne pouvait être tenue pour acquise.

En vérité, la réforme ne répond pas aux maux que les citoyens perçoivent au quotidien : lenteur des procédures, manque de personnel, greffes débordés. Elle intervient au niveau constitutionnel, c’est-à-dire sur la structure même de l’édifice.

C’est pourquoi nombre de magistrats parlent de risque. Non pour défendre un privilège, mais parce qu’ils voient dans la séparation rigide des carrières la possibilité d’un déséquilibre futur entre justice et politique.

Chacun, bien sûr, votera selon sa conscience. Mais il faut mesurer qu’il ne s’agit pas d’une simple disposition technique. Il s’agit de définir la manière dont s’articule le rapport entre ceux qui gouvernent et ceux qui enquêtent.

Et lorsque l’indépendance de la justice est en jeu, la question n’est jamais abstraite. Même si elle semble rédigée dans le langage austère d’un manuel de droit constitutionnel.

piero.minuzzo@gmail.com