C’è qualcosa che inquieta, e non poco, nel clima che si respira. Non parlo di un episodio isolato, di una bravata da social o di una scritta comparsa su un muro. Parlo di una fascinazione che riaffiora, che prende spazio, che si normalizza. Il fascismo evocato con leggerezza, strizzato d’occhio, talvolta persino rivendicato. Come se fosse folklore. Come se non fosse stato tragedia.
Da cronista del territorio, abituato a camminare tra i paesi, a parlare con la gente vera, quella dei bar, delle piazze, delle assemblee comunali, non posso far finta di nulla. La violenza dilaga nel linguaggio prima ancora che nei gesti. Si alza il tono, si restringe lo spazio del dissenso, si guarda con fastidio chi pone domande. E quando il fastidio diventa sistema, la democrazia comincia a respirare male.
La storia non è un capitolo polveroso dei libri di scuola. È una lezione dura, pagata con sangue, deportazioni, umiliazioni, vite spezzate. Fascismo e SS non sono slogan buoni per provocare: sono sinonimo di annientamento della persona, di libertà calpestate, di Stato trasformato in macchina di paura. Eppure sembra che tutto questo, oggi, venga rimosso o peggio relativizzato.
Ci crediamo ancora nella democrazia? Nel rispetto della persona umana, anche quando la pensa diversamente da noi? O abbiamo deciso che la forza, l’urlo, la semplificazione brutale siano scorciatoie accettabili? La democrazia è lenta, imperfetta, faticosa. Ma è l’unico argine che abbiamo contro l’arbitrio e l’abuso. Quando si comincia a dire che “serve ordine”, che “qualcuno va rimesso a posto”, che “certe libertà sono un lusso”, il terreno diventa scivoloso. E la storia insegna dove porta.
Da queste parti, in una terra che ha conosciuto confini, occupazioni, resistenze e autonomie conquistate, dovremmo saperlo meglio di altri. La civiltà non è data una volta per tutte. Va difesa ogni giorno, anche con parole scomode, anche andando controcorrente. Tacere, minimizzare, voltarsi dall’altra parte non è neutralità: è complicità passiva.
Noi crediamo ancora nella democrazia? Io voglio credere di sì. Ma crederci significa dirlo ad alta voce, praticarlo, difenderlo. Significa rifiutare la violenza, respingere la nostalgia autoritaria, ricordare che senza libertà non c’è sicurezza, senza diritti non c’è ordine, senza memoria non c’è futuro.
E soprattutto significa non dimenticare chi siamo. E chi, con il fascismo, siamo stati costretti a diventare.
Allarmante fascinazione del fascismo
Il y a quelque chose de profondément troublant dans le climat qui nous entoure. Je ne parle pas d’un épisode isolé, d’une provocation sur les réseaux sociaux ou d’un graffiti apparu sur un mur. Je parle d’une fascination qui ressurgit, qui gagne du terrain, qui se banalise. Le fascisme évoqué avec légèreté, suggéré d’un clin d’œil, parfois même revendiqué. Comme s’il s’agissait de folklore. Comme s’il n’avait jamais été une tragédie.
En tant que chroniqueur de terrain, habitué à parcourir les villages, à parler avec les gens, ceux des bars, des places, des conseils communaux, je ne peux pas faire semblant de ne rien voir. La violence s’installe d’abord dans le langage, avant de s’exprimer dans les actes. Le ton monte, l’espace du désaccord se rétrécit, ceux qui posent des questions deviennent gênants. Et lorsque la gêne devient un système, la démocratie commence à manquer d’air.
L’histoire n’est pas un chapitre poussiéreux des manuels scolaires. C’est une leçon dure, payée au prix du sang, des déportations, de l’humiliation, de vies brisées. Le fascisme et les SS ne sont pas des slogans bons pour provoquer : ils sont synonymes de l’anéantissement de la personne humaine, de libertés piétinées, d’un État transformé en machine de peur. Et pourtant, aujourd’hui, tout cela semble être effacé ou, pire encore, relativisé.
Croyons-nous encore à la démocratie ? Au respect de la personne humaine, même lorsqu’elle pense différemment de nous ? Ou avons-nous décidé que la force, le cri, la simplification brutale sont des raccourcis acceptables ? La démocratie est lente, imparfaite, exigeante. Mais elle reste le seul rempart contre l’arbitraire et l’abus. Lorsqu’on commence à dire qu’« il faut de l’ordre », que « certains doivent être remis à leur place », que « certaines libertés sont un luxe », le terrain devient glissant. Et l’histoire nous a déjà montré où cela mène.
Ici, sur une terre qui a connu les frontières, les occupations, la résistance et une autonomie conquise, nous devrions le savoir mieux que d’autres. La civilisation n’est jamais acquise une fois pour toutes. Elle doit être défendue chaque jour, même avec des mots dérangeants, même à contre-courant. Se taire, minimiser, détourner le regard n’est pas de la neutralité : c’est une forme de complicité passive.
Croyons-nous encore à la démocratie ? Je veux croire que oui. Mais y croire signifie le dire à voix haute, la pratiquer, la défendre. Cela signifie refuser la violence, rejeter la nostalgie autoritaire, rappeler que sans liberté il n’y a pas de sécurité, sans droits il n’y a pas d’ordre, sans mémoire il n’y a pas d’avenir.
Et surtout, cela signifie ne pas oublier qui nous sommes. Et qui, sous le fascisme, nous avons été contraints de devenir.